jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2208243 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MIRAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2022, Mme B D épouse C, représentée par Me Miran, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois, et de lui délivrer, dans l'attente une autorisation provisoire de séjour assortie du droit au travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- le refus de titre de séjour méconnait l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français se fonde sur un refus de titre de séjour illégal ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public désigné en application du second alinéa de l'article R. 222-24 du code de justice administrative, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Miran représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D veuve C, ressortissante algérienne née en 1963, est entrée en France le 12 mai 2018 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de court séjour. Par arrêté du 14 janvier 2020, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. Par jugement du 18 juin 2020 confirmé en appel, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté la demande de Mme C tendant à l'annulation de cet arrêté. Le 26 décembre 2020, elle a épousé un compatriote algérien. Le 5 août 2022, elle a demandé un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-5° de l'accord franco algérien. Par l'arrêté du 22 novembre 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Par sa requête, elle demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Il ressort des certificats médicaux établis le 2 décembre 2022 par une ophtalmologue, le 9 décembre 2022 par un médecin généraliste et le 6 décembre 2022 par le service de cardiologie du centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes que l'époux de Mme C, âgé de 86 ans à la date de la décision attaquée, est malvoyant et que son état de santé justifie une aide pour ses activités de la vie quotidienne notamment en raison de sa pathologie cardiaque. Il n'est pas contesté que, retraité depuis 2011, il n'a pas d'enfant et qu'aucun de membre de sa famille ne réside en France. Dans ces conditions, l'état de santé de M. C, isolé en France, nécessite la présence de son épouse auprès de lui que l'assistance d'une tierce personne ne saurait, dans les circonstances de l'espèce, remplacer pour les actes de la vie quotidienne. Par ailleurs, Mme C a rencontré son futur époux alors qu'elle était en France. Aussi, en l'espèce, la circonstance qu'à la date de l'arrêté attaqué, elle relevait des catégories ouvrant droit au regroupement familial et pouvait retourner en Algérie pour une durée incertaine, correspondant au temps de l'instruction de la demande de regroupement familial qui serait présentée par son époux en sa faveur, n'apparait pas décisive dans l'appréciation d'ensemble de sa situation personnelle et familiale. Dès lors, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de l'Isère a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que comporte sa décision sur cette situation.
3. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué, sans qu'il soit besoin de se prononcer les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Eu égard au motif d'annulation qu'il retient, l'exécution du présent jugement implique nécessairement la délivrance, au profit de Mme C, d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ". En conséquence, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer ce titre de séjour, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 novembre 2022 du préfet de l'Isère est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à Mme C un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C une somme de 900 euros au titre des frais exposés par et non compris dans les dépens.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D épouse C et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
M. Ban, premier conseiller.
Mme Letellier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le rapporteur,
J-L. A
La présidente,
D. Jourdan
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026