lundi 29 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2208279 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 16 décembre 2022, le 2 avril 2023 et le 24 mai 2023, M. C, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 21 septembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur constate le solde de points nul de son permis de conduire suite à seize infractions commises entre le 2 septembre 2018 et le 13 janvier 2022 ;
2°) d'annuler les décisions de retraits de points affectés à son permis de conduire pour les infractions mentionnées sur la décision 48SI ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer son permis de conduire et les points retirés ;
4°) dans ses dernières écritures, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2.500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que:
- les décisions 48SI de retraits de points ne lui ont pas été notifiées ;
- les décisions de retraits de points méconnaissent l'obligation d'information préalable obligatoire en application des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité de ces infractions n'est pas établie puisqu'il n'y a pas eu de notifications des titres exécutoires et que les recouvrements l'ont été par exécution forcée ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, le ministre de l'Intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a au cours de l'audience publique, présenté son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, né le 29 septembre 1983, a obtenu une reconstitution totale du nombre initial de douze points de son permis de conduire le 3 mars 2018. Il conteste les retraits de points affectant son permis de conduire pour les seize infractions commises entre le 2 septembre 2018 et le 13 janvier 2022 et la décision 48 SI du 22 août 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur constate la perte de validité de son permis de conduire suite à ces infractions.
Sur l'étendue du litige
2. Il ressort du relevé d'information intégral du requérant, daté du 17 janvier 2023 et produit par le ministre de l'intérieur que les six points retirés suite aux six infractions commises les 4 novembre 2018, 6 janvier 2020, 8 septembre 2020, 22 septembre 2020, 30 mars 2021 et 6 septembre 2021 ont été restitués au requérant les 13 mai 2019, 15 mars 2021, 10 novembre 2021, 17 novembre 2021, 2 mars 2022 et 21 août 2022, soit antérieurement à la requête. Par suite, les conclusions dirigées contre ces décisions de retrait de points sont irrecevables.
3. Les retraits de points restant en litige concernent les dix infractions commises les 2 septembre 2018, 16 septembre 2019, 16 février 2020, 22 octobre 2020, 23 novembre 2020, 14 décembre 2020, 26 décembre 2020, 7 février 2021, 6 juin 2021 et 13 janvier 2022 totalisant douze points.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la notification des décisions de retraits de points :
4. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstanceque l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. Ainsi, M. C ne peut utilement se prévaloir de ce que les retraits de points en litige ne lui auraient pas été notifiés avant l'intervention de la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
5. Selon l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue.() Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité. La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ;
6. Cependant il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la recevabilité d'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, laquelle est appréciée par l'officier du ministère public sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a par suite entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document couramment nommé " bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires ", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant et dont la personne concernée peut obtenir communication en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration.
7. En l'espèce, il ressort du relevé d'information intégral de M. C, daté du 17 janvier 2023 et produit à l'instance, que les huit infractions commises les 16 septembre 2019, 22 octobre 2020, 23 novembre 2020, 14 décembre 2020, 26 décembre 2020, 7 février 2021, 6 juin 2021 et 13 janvier 2022 ayant donné lieu aux retraits de points contestés, sont affectées de la mention AM signifiant qu'elles ont fait l'objet de huit amendes forfaitaires majorées et en conséquence, de huit émissions de titres exécutoires. En application de l'article 530 du code de procédure pénale M. C disposait de trente jours pour former auprès du ministère public des réclamations motivées qui pourraient avoir pour effet d'annuler ces titres exécutoires. Toutefois si le requérant, dans ses dernières écritures, affirme que les attestations de paiement des amendes forfaitaires majorées, produites en défense, sont insuffisantes et que les délais de paiements des amendes montrent qu'elles ont été payées en exécution forcée, il ne l'établit pas. En tout état de cause comme il a été dit au point 6, seules les annulations des titres exécutoires par les autorités compétentes peuvent affecter la preuve de la réalité des infractions ayant entrainé des retraits de points. Il suit de là que la réalité des huit infractions précitées, doit être tenue pour établie conformément aux dispositions susmentionnées de l'article L. 223-1 du code de la route.
8. En outre, il ressort du relevé d'information intégral de M. C, daté du 17 janvier 2023 que l'infraction commise le 16 février 2020 constatée par procès-verbal électronique et ayant entrainé un retrait de trois points, a donné lieu au paiement de l'amende forfaitaire correspondante. Le relevé d'information précité indique que l'infraction du 2 septembre 2018 a aussi donné lieu au paiement de l'amende forfaitaire. En application des dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité de ces deux infractions est établie.
En ce qui concerne l'absence d'information préalable :
9 . Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223 1 du même code. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, par suite, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. Toutefois, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de cette formalité est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
10. En l'espèce comme il a été dit aux points 7 et 8, la réalité des dix infractions ayant entrainé les retraits de points contestés, est tenue pour établie en l'absence d'une part de preuve d'annulation des titres exécutoires des amendes forfaitaires majorées correspondant à huit de ces infractions et d'autre part au paiement des amendes forfaitaires correspondant deux autres infractions en cause. Dans ces conditions, comme le mentionne le relevé d'information intégral précité, les infractions ont donné lieu à des condamnations prononcées par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur des infractions a ainsi pu les contester, sont devenues définitives. Par suite l'omission de la formalité d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, est sans influence sur la régularité des retraits de points résultant de ces condamnations.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision référencée 48SI du 21 septembre 2022 par laquelle le ministre de l'Intérieur a constaté l'invalidité du permis de conduire de M. C et des décisions de retraits de points affectés à son permis de conduire pour les dix infractions des commises les 2 septembre 2018, 16 septembre 2019, 16 février 2020, 22 octobre 2020, 23 novembre 2020, 14 décembre 2020, 26 décembre 2020, 7 février 2021, 6 juin 2021 et 13 janvier 2022, sont rejetées.
Sur les autres conclusions :
12. Les conclusions accessoires à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions principales tendant à l'annulation des décisions en litige.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points suite aux six infractions commises les 4 novembre 2018, 6 janvier 2020, 8 septembre 2020, 22 septembre 2020, 30 mars 2021 et 6 septembre 2021, sont irrecevables.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C. et au ministre de l'Intérieur.
Lu en audience publique le 29 janvier 2024.
La magistrate désignée,
D. ALe greffier,
P. Buguellou
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026