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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2208502

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2208502

jeudi 6 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2208502
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème Chambre
Avocat requérantZENOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 décembre 2022, Mme C B, représentée par Me Zenou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Pfauwadel, président, a été entendu au cours de l'audience publique du 16 mars 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine née en 1997, a déclaré être entrée en France le 28 août 2020, sous couvert d'un titre de séjour italien, afin de rejoindre ses parents résidant sur le territoire français. Le 21 janvier 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de descendant direct à charge d'un citoyen de l'union européenne. Par un arrêté du 14 novembre 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer le titre sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée. Mme B conteste cet arrêté.

2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme A D, cheffe de bureau à la préfecture de l'Isère, qui disposait d'une délégation consentie par arrêté préfectoral du 26 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire doit être écarté comme manquant en fait.

3. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

4. Mme B soutient qu'elle est entrée en France afin de rejoindre ses parents et ses frères et sœurs résidant désormais sur le territoire français. Elle fait valoir qu'elle est hébergée au domicile de ses parents avec trois de ses quatre frères et sœurs et qu'elle travaille très régulièrement pour l'agence Adéquat en qualité de préparatrice de commandes. Toutefois, célibataire et sans charge de famille, elle ne justifie pas être dépourvue de toute attache familiale ou personnelle au Maroc, son pays d'origine ou en Italie dont les autorités lui ont délivré un titre de séjour illimité, et où elle a vécu avec sa famille et où elle n'allègue pas être dans l'impossibilité de s'y établir de nouveau. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision contestée n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, cette décision ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B aux fins d'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées, dès lors que l'Etat n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Zenou et au préfet de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Bailleul, première conseillère,

Mme Permingeat, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.

Le président rapporteur,

T. Pfauwadel

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

C. Bailleul

La greffière,

V. Barnier

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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