mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300020 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 janvier 2023, M. D A, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2022 par lequel la préfète de la Drôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé au regard des article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ; la préfète n'a pas examiné sérieusement sa situation ;
- la préfète n'établit pas la régularité de la procédure menée faute de produire l'avis des médecins de l'OFII ;
- le refus de titre de séjour est entaché de l'irrégularité de l'avis de l'OFII ; la préfète s'est estimée en compétence liée par l'avis de l'OFII ; le refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'erreur de droit ; il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d'illégalité du refus de titre de séjour ; elle méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Huard, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, est entré en France le 19 avril 2019. A la suite du rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmé par la Cour nationale du droit d'asile, il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par les juridictions administratives. Il a sollicité, auprès des services préfectoraux la délivrance d'un titre de séjour au titre des articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Par l'arrêté attaqué la préfète de la Drôme a refusé de délivrer le titre de séjour sollicité et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté énonce, avec une précision suffisante et dépourvue de caractère stéréotypé, les considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète de la Drôme s'est fondée, alors qu'elle n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation du requérant mais seulement ceux sur lesquels elle s'est fondée. Dès lors, l'arrêté attaqué satisfait à l'exigence de motivation définie aux articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et cette motivation ne révèle pas de défaut d'examen individuel sérieux de la situation du requérant.
4. En deuxième lieu, la préfète de la Drôme produit l'avis du collège des médecins de l'OFII en date du 26 novembre 2022 et le bordereau de transmission qui mentionne que le rapport médical a été établi le 22 novembre 2022 par le docteur C, lequel n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII. Ce collège était régulièrement composé de trois médecins désignés par le directeur général de l'OFII pour participer au collège à compétence nationale. Enfin, le collège des médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En quatrième lieu, il ne résulte pas des termes de l'arrêté attaqué que la préfète de la Drôme se serait estimée en situation de compétence liée par l'avis du collège des médecins de l'OFII.
6. En cinquième lieu, ainsi qu'il a été précisé, le collège des médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé du requérant nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que le requérant pouvait voyager sans risques vers son pays d'origine. Les documents médicaux produits par le requérant, s'ils établissent des consultations sporadiques de médecins pour un état dépressif et la prescription de médicaments, ne permettent pas de démontrer que l'absence de traitement médical entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 425-9 et L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent donc être écartés.
7. En sixième lieu, en présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
8. Contrairement à ce que soutient M. A, la préfète a examiné sa demande d'admission exceptionnelle au séjour au regard de sa vie privée et familiale, notant que les risques qu'il dit encourir dans son pays d'origine ne sont pas établis alors qu'y résident ses enfants mineurs et sa concubine, puis au regard de sa situation professionnelle, notant que son ancienneté de travail n'était pas suffisante et concluant ainsi à l'absence de motif humanitaire ou exceptionnel justifiant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit par suite être écartée.
9. En septième lieu, M. A est entré en France à l'âge de 25 ans et n'est présent sur le territoire que depuis un peu plus de trois ans à la date de l'arrêté attaqué. Il n'établit pas disposer de quelconques liens privés ou familiaux en France alors que ses enfants mineurs résident en Guinée. Par ailleurs, tant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que la Cour nationale du droit d'asile ont considéré qu'il n'établissait pas encourir des risques dans son pays d'origine. De même, les médecins de l'OFII ont estimé qu'un défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour son état de santé. La circonstance qu'il bénéficierait de perspectives professionnelles en France est insuffisante pour établir qu'en adoptant l'arrêté attaqué la préfète de la Drôme a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été adopté.
10. En huitième lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation, présentées par M. A doivent être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Huard et à la préfète de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
La rapporteure,
J. B
Le président,
JP. Wyss
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300020
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026