Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2300058
mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300058 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 5 janvier 2023, le 11 janvier 2023 et le 7 mars 2023, M. A, représenté par Me Marcelli demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2022 par lequel le préfet de l'Isère lui a accordé un délai de départ volontaire d'une durée de 30 jours seulement ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de prolonger le délai de départ volontaire en le portant à 90 jours a minima ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré 16 mars 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les observations de Me Marcelli, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en 1973, de nationalité algérienne, est entré en France à la date non contestée du 23 février 2013 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 3 janvier 2021, M. A a demandé la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 28 juillet 2022, le préfet de l'Isère a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter sans délai le territoire à destination de l'Algérie et a pris à son encontre une interdiction de retour d'un an. Par le jugement n° 2205097 en date du 14 novembre 2022, le tribunal de céans a annulé la décision portant refus de délai de départ volontaire. Par l'arrêté en litige du 1er décembre 2022 le préfet de l'Isère lui a accordé un délai de départ volontaire d'une durée de 30 jours. M. A en demande l'annulation.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C B, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture de l'Isère, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature du 26 juillet 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.
3. En second lieu, M. A fait grief à l'arrêté contesté de ne pas mentionner l'article L 511-1 I du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comme fondement de l'obligation de quitter le territoire. Toutefois, M. A ne peut utilement faire valoir le défaut de visa de cet article qui n'était plus applicable à la date de la décision attaquée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
5. M. A soutient qu'il aurait dû disposer d'un délai de départ volontaire supérieur à 30 jours en raison de circonstances propres à son cas d'espèce. Il précise qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public et a toujours respecté les obligations qui étaient mises à sa charge. De plus, selon lui, sa mère a besoin de sa présence au quotidien en raison de son état de santé. Enfin, il craint pour sa sécurité en cas de retour en Algérie et ne dispose d'aucune solution d'hébergement dans son pays d'origine. Toutefois, aucune de ces circonstances n'est susceptible de caractériser une circonstance exceptionnelle justifiant qu'un délai de départ volontaire de plus de 30 jours lui soit accordé. Au surplus, le préfet de l'Isère soutient, sans être utilement contredit, que l'ensemble de la fratrie du requérant réside sur le territoire français et peut ainsi venir en aide à leur mère. Dès lors, l'arrêté litigieux n'apparaît pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président-rapporteur,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Frapolli, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe 9 mai 2023.
Le président-rapporteur,
C. E
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
PH. D'ARGENSON Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300058