vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300165 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 3 |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 10 janvier et le 2 février 2023, M. B D, représenté par Me Mathis demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou " salarié ", dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de supprimer son signalement aux fins de non admission au fichier d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision portant refus de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'erreur de fait ;
- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- est entachée d'un vice de procédure au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît le 9° l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant le pays de destination :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales ;
L'interdiction de retour :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est insuffisamment motivée ;
- n'est pas nécessaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le préfet de l'Isère conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête pour tardiveté et à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir que le recours a été introduit plus de quatre mois après la notification de l'arrêté et conteste les moyens soulevés par M. B D.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Bonino, greffière d'audience, Mme C a présenté son rapport et entendu les observations de Me Mathis, représentant M. B D.
1. M. B D, ressortissant camerounais né en 1974, soutient être entré en France le 20 juin 2012. Il s'est vu délivrer un titre de séjour " étranger malade " du 10 décembre 2014 au 9 décembre 2015. Le préfet a refusé de renouveler ce titre de séjour et a obligé l'intéressé à quitter le territoire français, par un arrêté du 22 août 2016, vainement contesté en dernier lieu devant la cour administrative d'appel de Lyon qui a statué le 12 juin 2017. Le 14 février 2018, le requérant a formé une demande de titre de séjour sur le fondement de son état de santé et, subsidiairement, au titre de l'admission exceptionnelle. Le bénéfice d'une protection au titre de l'asile a été refusée à M. B D par une décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) du 26 février 2021 confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 20 août 2021. Par l'arrêté attaqué du 8 juillet 2022, le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
2. Le préfet justifie que par un arrêté du 26 juillet 2019, il a rejeté la demande de titre de séjour formée par le requérant le 14 février 2018 et l'a en conséquence obligé à quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour pendant une durée d'un an. L'arrêté en litige, quand bien même il reprend la motivation de cette précédente décision avant de revenir sur les circonstances de sa notification, ne statue pas à nouveau sur cette demande déjà définitivement rejetée. Les moyens tournés contre un refus de titre inexistant doivent être écartés comme inopérants.
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la mesure d'éloignement et permettent à l'intéressé de la contester utilement. Il est par suite suffisamment motivé. Le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
5. La demande de titre de séjour de M. B D fondée sur la nécessité pour lui de recevoir des soins en France a été rejetée. Il n'indique pas que son état de santé aurait évolué et ne soutient pas avoir informé le préfet d'une telle circonstance. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
6. En troisième lieu, si M. B est présent en France depuis 9 ans, il n'a été que brièvement autorisé au séjour pour des soins et s'est, par la suite, maintenu en se soustrayant à deux arrêtés portant obligation de quitter le territoire avant de finalement demander en vain l'asile. Il n'allègue pas disposer d'attaches familiales en France alors qu'il conserve de fortes attaches au Cameroun, où résident notamment sa femme et ses quatre enfants nés entre 2001 et 2004 et où lui-même a vécu jusqu'à l'âge de trente-sept ans. Il ne se prévaut pas de liens personnels ou de perspectives professionnelles actuelles en France. Dans ces circonstances, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
7. En quatrième lieu, M. B D qui indique avoir été menacé par sa belle-famille n'apporte aucun élément permettant de penser qu'il encourrait des risques en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté.
8. En cinquième lieu, il résulte de la combinaison des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que lorsque le préfet accorde un délai de départ, il peut prescrire une interdiction de retour, d'une durée maximale de deux ans, fixée en tenant compte de la durée de présence, de la nature et de l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.
9. M. B D, qui ne se prévaut d'aucun lien familial ou personnel en France, n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour serait insuffisamment motivée sur ce point. Par ailleurs, dans les circonstances énoncées au point 6, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour ne serait pas " nécessaire " dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des moyens d'annulation, y compris ceux tirés de l'absence de base légale, ne peuvent qu'être écartés et les conclusions en annulation rejetées. Les conclusions en injonctions et au titre des frais de procès doivent être rejetées par voie de conséquence.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Mathis et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
La magistrate désignée,
A. CLa greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026