jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 3 |
| Avocat requérant | MIRAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2023, Mme C, représentée par Me Miran demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 26 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir et à défaut de réexaminer sa situation en lui délivrant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'arrêté du 26 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que l'arrêté :
- est insuffisamment motivé ;
- le préfet n'a pas produit l'avis du collège des médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration ;
La décision portant refus de séjour :
- l'avis du collège des médecins méconnaît l'article 6 du décret du 27 décembre 2016 ;
- est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ;
- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet doit s'assurer de l'accessibilité réelle du traitement dans son pays d'origine ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
La mesure d'éloignement doit être suspendue dans l'attente de la décision de la CNDA au vu des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine.
Le préfet de l'Isère a produit des pièces le 1er février 2023 qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Bonino, greffière d'audience, Mme A a présenté son rapport et entendu les observations de Me Huard, substituant Me Miran et représentant Mme C. Il fait valoir que Mme C est orpheline, qu'elle a vu son lieu de vie détruit par un séisme et a été contrainte de se réfugier dans sa belle-famille où elle a subi des mauvais traitements de sorte qu'elle n'a plus aucune attache ou bien dans son pays d'origine.
1. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme C de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
2. Mme C, ressortissante albanaise, née en 1960, soutient être entrée en France le 19 août 2021. Le bénéfice d'une protection au titre de l'asile lui a été refusé par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, statuant en procédure accélérée le 17 décembre 2021. Parallèlement à sa demande d'asile, elle a sollicité un titre de séjour sur le fondement de son état de santé. Par l'arrêté attaqué du 26 décembre 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permettent à Mme C de contester utilement est suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, le préfet a produit l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) le 21 mars 2022. Mme C, qui ne réplique pas après la production de cet avis, n'en conteste pas sérieusement la régularité en se bornant à rappeler les règles entourant son édiction. Le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En troisième lieu, la circonstance que le préfet a fait sien cet avis ne permet pas de retenir qu'il se serait mépris sur l'étendue de sa compétence.
6. En quatrième lieu, cet avis précise que si l'état de santé de Mme C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et peut, en outre, voyager sans risque.
7. Mme C fait cependant valoir que son état de santé a évolué depuis cet avis rendu le 21 mars 2022 car elle souffre depuis mars 2022 d'une hémiplégie gauche d'origine indéterminée. La mention " mars 2022, une hémiplégie gauche d'origine indéterminée (post-covid ' AVC ') ", figure bien dans le certificat médical établi le 8 juin 2022 par un médecin généraliste sur le fondement des déclarations de la patiente. Toutefois, le certificat établi par une neurologue le 8 juin 2022, plus probant en raison de l'accès de cette spécialiste au compte-rendu d'hospitalisation, montre que Mme C a été hospitalisée en janvier 2022 pour une hémiparésie gauche, qu'il a été pratiqué une IRM et une surveillance de 72 heures sans que le bilan étiologique du déficit moteur n'ait pu être achevé en raison de la sortie de la patiente contre avis médical. Dans ces circonstances et au vu de cette chronologie, la seule poursuite des investigations médicales avec réalisation d'une coronographie en janvier 2023 ne permet pas de retenir que l'état de santé de Mme C se serait aggravé par rapport à ce qui était connu du collège des médecins de l'OFII. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En quatrième lieu, dans les circonstances précitées, le préfet n'a pas entaché son refus de titre d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme C.
9. En cinquième lieu, le refus de titre n'étant pas entaché d'illégalité, la décision portant obligation ne peut être annulée par voie de conséquence.
10. En sixième lieu, la requérante fait valoir qu'elle a subi des violences physiques, psychologiques et économiques au domicile de sa belle-famille et se décrit comme une femme isolée, dépourvue de tout soutien familial dès lors que ses parents et son frère sont décédés. Toutefois, elle ne produit aucun élément quant à ses craintes ou au décès de ses proches. Au surplus, alors qu'elle indique être particulièrement vulnérable en Albanie en raison de sa situation de femme seule, il ressort d'un certificat médical qu'elle est venue accompagnée par son " mari " qui parle albanais et l'aide au quotidien. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3, qui n'est opérant qu'à l'encontre du pays de destination et de non de l'obligation de quitter le territoire, ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de tout de ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées.
12. Dans les circonstances énoncées au point 10, Mme C ne justifie pas d'éléments sérieux justifiant son maintien sur le territoire dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile dont l'audience était fixée au 2 décembre 2022. Les conclusions à fin de suspension doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
13. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution.
Sur les conclusions aux fins d'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
14. Partie perdante, Mme C ne peut prétendre à l'allocation d'une quelconque somme à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Miran et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
La magistrate désignée,
A. ALa greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026