Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2300262

jeudi 19 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2300262
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSCHURMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2023, M. A, représenté par Me Schurmann, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la présente ordonnance prise, d'enregistrer sa demande de titre de séjour de dans un délai de 5 jours, et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour ;

3°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire et de condamner l'Etat à payer à son conseil la somme de 1.200€ au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; le refus le place dans une situation précaire ;

- plusieurs moyens sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :

• elle est insuffisamment motivée ;

• elle est entachée d'erreur de droit.

Vu :

- la requête en annulation, enregistrée le 17 janvier 2023 sous le numéro 2300280 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence () le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522- 1 ".

2. M. A né le 24 juin 1996 au Nigéria, est entré en France en 2018. Il a eu un enfant avec une ressortissante française le 2 mai 2020, le couple étant séparé en mai 2021. M. A souhaite déposer une demande de titre de séjour en tant que parent d'enfant français, sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

3. Par les documents produits qui datent de 2020, le requérant ne justifie nullement d'un refus d'enregistrement de sa demande de titre qui lui aurait été opposé par le préfet de l'Isère. A supposé établi le fait qu'il ne parvienne pas matériellement à prendre rendez-vous pour déposer sa demande de titre n'a pas pour effet de faire naître un refus implicite d'enregistrement. Par suite, sa requête est irrecevable et doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris sa demande tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire, et application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A n'est pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à Me Schurmann.

Fait à Grenoble, le 19 janvier 2023.

Le juge des référés,

D. B

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.