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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2300526

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2300526

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2300526
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCOSSALTER, DE ZOLT & COURONNE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. - A une requête enregistrée le 27 janvier 2023 sous le n° 2300526 et un mémoire du 30 mai 2023, le syndicat des copropriétaires de la copropriété Les Olympiades, représenté par Me Jorion, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 074 134 22 B 0015 du 3 août 2022 par lequel le maire des Gets a accordé un permis de construire à la SCCV Chamoue V pour la construction de trois chalets d'habitation collective, situés au lieu-dit " Les Clos " sur le territoire communal, ensemble la décision implicite portant rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune des Gets une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :

- la requête est recevable ;

- les dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- la commune doit établir que le projet n'est pas situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable qui nécessiterait l'avis de l'architecte des bâtiments de France ;

- le dossier de permis de construire est incomplet et imprécis ;

- les dispositions de l'article Ub3 du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub6 du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub8 du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub10 du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub11.2 du plan local d'urbanisme ont été méconnues.

A un mémoire enregistré le 17 avril 2023, la commune des Gets, représentée par la société d'avocats Bouvard, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune des Gets valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable du fait de l'absence de qualité pour agir du requérant ;

- subsidiairement, les moyens de la requête sont infondés.

A deux mémoires enregistrés le 19 avril 2023 et le 19 juin 2023, la SCCV Chamoue V, représentée par la société d'avocats Cossalter, de Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête, demande qu'il soit fait application le cas échéant des dispositions de l'article L. 600-5 et de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La pétitionnaire fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en application de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- subsidiairement, les moyens de la requête sont infondés.

A une lettre du 11 mai 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 31 mai 2023, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 20 juin 2023.

II. - A une requête enregistrée le 30 janvier 2023 sous le n° 2300569 et un mémoire du 25 mai 2023, M. et Mme D, représentés par Me Jorion, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 074 134 22 B 0015 du 3 août 2022 par lequel le maire des Gets a accordé un permis de construire à la SCCV Chamoue V pour la construction de trois chalets d'habitation collective, situés au lieu-dit " Les Clos " sur le territoire communal, ensemble la décision implicite portant rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune des Gets une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- la requête est recevable ;

- les dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- la commune doit établir que le projet n'est pas situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable qui nécessiterait l'avis de l'architecte des bâtiments de France ;

- le dossier de permis de construire est incomplet et imprécis ;

- les dispositions de l'article Ub3 du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub6 du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub8 du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub10 du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub11.2 du plan local d'urbanisme ont été méconnues.

A un mémoire enregistré le 17 avril 2023, la commune des Gets, représentée par la société d'avocats Bouvard, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 4000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune des Gets valoir que les moyens de la requête sont infondés.

A deux mémoires enregistrés le 19 avril 2023 et le 19 juin 2023, la SCCV Chamoue V, représentée par la société d'avocats Cossalter, de Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête, demande qu'il soit fait application le cas échéant des dispositions de l'article L. 600-5 et de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La pétitionnaire fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.

A une lettre du 11 mai 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 31 mai 2023, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 20 juin 2023.

III. - A une requête enregistrée le 30 janvier 2023 sous le n° 2300570 et un mémoire du 30 mai 2023, M. E C et Mme B F, représentés par Me Jorion, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 074 134 22 B 0015 du 3 août 2022 par lequel le maire des Gets a accordé un permis de construire à la SCCV Chamoue V pour la construction de trois chalets d'habitation collective, situés au lieu-dit " Les Clos " sur le territoire communal, ensemble la décision implicite portant rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune des Gets une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- la requête est recevable ;

- les dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- la commune doit établir que le projet n'est pas situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable qui nécessiterait l'avis de l'architecte des bâtiments de France ;

- le dossier de permis de construire est incomplet et imprécis ;

- les dispositions de l'article Ub3 du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub6 du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub8 du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub10 du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article Ub11.2 du plan local d'urbanisme ont été méconnues.

A un mémoire enregistré le 17 avril 2023, la commune des Gets, représentée par la société d'avocats Bouvard, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 4000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune des Gets valoir que les moyens de la requête sont infondés.

A deux mémoires enregistrés le 18 avril 2023 et le 19 juin 2023, la SCCV Chamoue V, représentée par la société d'avocats Cossalter, de Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête, demande qu'il soit fait application le cas échéant des dispositions de l'article L. 600-5 et de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La pétitionnaire fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en application de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme en tant qu'elle est présentée par Mme F ;

- subsidiairement, les moyens de la requête sont infondés.

A une lettre du 11 mai 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 31 mai 2023, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 20 juin 2023.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 septembre 2024 :

- le rapport de Mme Letellier,

- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,

- les observations de Me Jorion, pour les requérants ;

- et les observations de Me Leroy, pour la SCCV Chamoue V.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes enregistrées sous les nos 2300526, 2300569 et 2300570, qui présentent à juger le même permis de construire et qui ont fait l'objet d'une instruction commune, sont jointes pour qu'il soit statué en un seul jugement.

2. Le 4 mai 2022, la SCCV Chamoue V a déposé une demande de permis de construire pour la construction de trois bâtiments à usage d'habitation, comportant 27 logements, sur les parcelles cadastrées à la section I numéros 2899, 990, 2674, 2675, 3186 et 3188, situées impasse des Olympiades, au lieu-dit " Les Clos ", sur le territoire communal des Gets. Les parcelles sont classées en zone Ub dans le plan local d'urbanisme communal. Dans les présentes instances, le syndicat des copropriétaires de la copropriété des Olympiades, M. et Mme D, Mme F et M. C, voisins immédiats du projet de construction, ont présenté chacun un recours gracieux auquel il n'a pas été répondu et demandent l'annulation de l'arrêté du 3 août 2020 et de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux respectif.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme :

3. Aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie. ". Aux termes de l'article Ub3 du règlement écrit du plan local d'urbanisme communal : " () Lorsqu'une autorisation d'urbanisme a pour effet la création d'un nouvel accès à une voie publique ou à la modification des conditions d'utilisation d'un accès existant, son bénéficiaire doit obtenir de l'autorité gestionnaire, préalablement à l'exécution des travaux, une autorisation d'accès à la voie concernée. () ".

4. L'accès au projet litigieux se fait par l'impasse des Olympiades qui constitue une voie privée. Si cette voie débouche sur une voie publique, la route des Grandes Alpes, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intersection entre ces deux voies sera modifiée, ni même que la voie publique sera affectée de manière quelconque par les prescriptions données par le SDIS dans son avis du 27 juillet 2022. A conséquent, l'avis du service gestionnaire de la voirie n'avait pas à être sollicité et le moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne l'absence de saisine de l'architecte des bâtiments de France :

5. En se bornant à soutenir qu'il appartient à la commune d'établir que le projet de construction ne se situe pas dans un site patrimoine remarquable, les requérants n'assortissent pas leur moyen des considérations de droit et de fait suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, le projet de construction ne se situe pas dans un site classé ou inscrit nécessitant l'avis de l'architecte des bâtiments de France. A suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le dossier de permis de construire :

6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception () ".

7. En l'espèce, le dossier de permis de construire contient une attestation de l'architecte du projet de construction selon laquelle une étude géotechnique a été réalisée, ainsi qu'une étude hydrogéologique et précisant que la réalisation technique du projet prend en compte le rapport d'étude géotechnique et hydrogéologique. Cette attestation répond aux dispositions précitées qui n'imposent pas de verser au dossier de permis de construire les études de sol. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme doit être écarté.

8. En second lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de masse général et du plan de masse PC 2 qu'ils comportent les distances séparant le bâtiment A à la limite de propriété, cette dernière étant séparée de la voie publique par deux autres parcelles, ainsi que les distances séparant les trois constructions entre elles. A suite, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de permis de construire doit être écarté.

En ce qui concerne le respect de l'article Ub 3 du règlement écrit du plan local d'urbanisme :

9. Aux termes de l'article Ub3 du règlement écrit du plan local d'urbanisme : " () Accès : Toute opération doit prendre le minimum d'accès sur les voies publiques. Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation publique, à l'approche permettant une lutte efficace contre l'incendie, au ramassage des ordures ménagères et au déneigement. / Le raccordement d'un accès privé à une voie publique présentera une surface dégagée avec une pente maximale de 5% sur une longueur d'au moins cinq mètres à partir de la chaussée de la voie publique () ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

10. Pour soutenir que le projet aurait dû être refusé en application des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, les requérants avancent que l'accès au projet de construction par l'impasse des Olympiades qui débouche sur la route départementale des Grandes Alpes est étroit, dangereux et insuffisant pour desservir une résidence comportant 27 logements et 60 places de stationnement.

11. Il ressort des pièces du dossier que le projet de construction, qui répond aux dispositions de l'article Ub3, a fait l'objet d'un avis favorable des services d'incendie et de secours sous réserve de la création d'une aire de retournement qui a fait l'objet d'une prescription par l'arrêté du 3 août 2022. Selon les photographies jointes au dossier, le raccordement de l'impasse des Olympiades à la voie publique ne pose pas de difficulté particulière en termes de visibilité, la route des Grandes Alpes étant une route droite et large, disposant d'un large dégagement latéral du côté de l'impasse. L'avis du service gestionnaire de la voie départementale rendu en 2009 dont les requérants font état précise uniquement que si l'augmentation du trafic est de nature à créer un dysfonctionnement, il serait envisagé d'adapter l'intersection en créant un tourne-à-gauche. A ailleurs, si le projet comporte 27 logements, ce qui induit un trafic important, notamment en période de locations saisonnières, il ressort des pièces du dossier que l'impasse des Olympiades est une voie d'une centaine de mètres, d'une largeur de 4,5 m à 5,6 m, ce qui est suffisant pour assurer la desserte des véhicules venant du projet de construction qui n'ont pas vocation à y stationner. La pente d'au plus 15 % n'est pas excessive en zone de montagne. Enfin, et tandis que le déneigement appartient aux riverains sur une voie privée, la circonstance que deux chutes de piétons sont survenues en 2017 et 2018 du fait du verglas, causées pour partie par le regel de l'impasse dans sa partie inférieure du fait de l'installation d'un chauffage au sol en partie supérieure, n'est pas suffisante pour retenir que le projet de construction méconnait les dispositions précitées. A suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le respect de l'article Ub 6 du règlement écrit du plan local d'urbanisme :

12. Aux termes de l'article Ub 6 du règlement écrit du plan local d'urbanisme : " Implantation des constructions par rapport aux emprises publiques et aux voies publiques : () Sauf contraintes spécifiques spécifiées par le PPR, les constructions doivent être implantées dans le respect des marges de reculement prévues dans les schémas de principe des orientations d'aménagement, à défaut elles doivent respect un délai de recul de : - 5 m minimum de l'emprise des voies et places publiques existantes ou à créer, - 10 m minimum de l'axe des R.D. () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que le projet de construction n'est pas implanté en limite de la route départementale, dont il est séparé par les parcelles n° 997 et n° 2186. Ainsi, à supposer même que le bâtiment A se situerait à moins de 10 m de l'axe de la route départementale, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du permis de construire. A suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le respect de l'article Ub 8 du règlement écrit du plan local d'urbanisme :

14. Aux termes de l'article Ub 8 du règlement écrit du plan local d'urbanisme : " Implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété ou plusieurs propriétés liées par un acte authentique : Les débordements de toiture, jusqu'à 1,20 m, ne sont pas pris en compte dans le calcul des prospects. Les constructions d'une même propriété devront se tenir à une distance minimum de 3 m les unes des autres () ".

15. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de masse général que la distance entre les bâtiments B/C et D/E est au plus près de 5,64 m, sans compter les débordements de toiture. Une fois retranchée la longueur du débordement de toiture du bâtiment D/E d'une longueur de 1,60 m, celui du bâtiment B/C étant égal à 1,20 m n'est pas pris en compte, la distance entre les deux bâtiments est supérieure à 3 m. A suite, le moyen doit être écarté comme non fondé.

En ce qui concerne le respect de l'article Ub 10 du règlement écrit du plan local d'urbanisme :

16. L'article Ub 10 du règlement écrit du plan local d'urbanisme : " Hauteur absolue. La différence d'altitude entre chaque point de la couverture de toit (faîtage) et le point du terrain situé à l'aplomb, avant et après terrassement, ne doit pas dépasser 11 mètres. () ".

17. Il ressort des pièces du dossier et notamment des plans de coupe PC 5 du bâtiment B/C " Elévations Sud-Ouest/ Nord-Est " et " Elévations Sud-Ouest/ Nord-Est bis " que la hauteur du bâtiment B/C est inférieure à 11 mètres entre le faîtage et le terrain fini ou le terrain naturel pour chaque élément de construction pris à l'aplomb de ce bâtiment. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Ub 10 du règlement écrit du plan local d'urbanisme doit être écarté.

Sur le respect de l'article Ub 11.2 du règlement écrit du plan local d'urbanisme :

18. Aux termes de l'article Ub 11.2 du règlement écrit du plan local d'urbanisme : " () " Pour le traitement des façades, on évitera le recours à une multiplicité de matériaux et de types de percements () ".

19. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice paysagère que le projet de construction comporte l'utilisation de bardage bois, de pierres naturelles et d'enduit. En premier lieu, les dispositions précitées de l'article Ub 11.2 ne présentent pas de caractère impératif. En second lieu et en tout état de cause, l'association d'un bardage bois, de pierres naturelles et d'enduit n'est pas excessif pour ce type de construction, tandis que le plan local d'urbanisme ne précise pas les quantités de matériaux respectives qui peuvent être utilisées. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense dans les instances n° 2300526 et n° 2300570.

Sur les frais de justice :

21. Les conclusions respectivement présentées par le syndicat des copropriétaires de la copropriété Les Olympiades dans la requête n° 2300526, par M. et Mme D dans la requête n° 2300569 et par Mme B F et M. E C dans la requête n° 230570, parties perdantes dans leur instance respective, sont rejetées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

22. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la commune des Gets et par la SCCV Chamoue V au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées dans les trois instances.

D E C I D E :

Article 1er :Les requêtes n° 2300526, 2300569 et 2300570 sont rejetées.

Article 2 :Les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune des Gets et par la SCCV Chamoue V sont rejetées dans les trois instances.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la copropriété Les Olympiades, à M. et Mme D, à Mme B F et M. E C, à la commune des Gets et à la SCCV Chamoue V.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Sauveplane, président,

- Mme Letellier, première conseillère,

- Mme Aubert, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

La rapporteure,

C. Letellier

Le président,

M. Sauveplane

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2300526 - 2300569 - 2300570

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