lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300572 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BALESTAS DURAND GRANDGONNET MURIDI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Muridi, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Isère l'a assigné à résidence pour une durée de six mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- l'assignation à résidence est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale dès lors que l'obligation de quitter le territoire français a été prise par le préfet de l'Indre alors que M. B réside en Isère ;
- il n'est pas établi que l'interprète en langue russe remplit les conditions requises par l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile soit une inscription sur une liste établie par le procureur de la République à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration ;
- l'arrêté d'assignation à résidence est fondé sur une obligation de quitter le territoire sans délai illégale ;
- la perspective raisonnable d'éloignement n'est pas démontrée car il n'est pas démontré que la Russie envoi des laisser-passer et ce pays est en guerre et il n'existe pas de perspective raisonnable de traité de paix ;
- la mesure d'assignation à résidence n'est pas adaptée, nécessaire et proportionnée.
Le préfet de l'Isère a transmis des pièces le 21 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barriol,
- et les observations de Me Leurent, substituant Me Muridi, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 14 juin 1992, est un ressortissant russe d'origine tchétchène. Il est, selon ses déclarations, entré irrégulièrement le 13 mai 2019 en France où il s'est maintenu en situation irrégulière, en méconnaissance notamment d'un arrêté du 18 novembre 2021 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. A la suite de son interpellation le 28 janvier 2023 pour des infractions au code de la route à Châteauroux, qui ont révélé l'irrégularité de sa situation en France, par un arrêté du même jour, le préfet de l'Indre l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays dont il a la nationalité pour destination, et lui a interdit le retour durant un an. Par un arrêté du même jour, le préfet de l'Isère l'a assigné à résidence. M. B demande l'annulation de cette dernière décision.
2. Le magistrat désigné du tribunal administratif de Limoges a, par application combinée des articles L. 614-9, L. 732-8 et R. 776-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, aux termes d'un jugement n° 2300143 du 27 mars 2023, annulé l'arrêté du préfet de l'Indre du 28 janvier 2023 portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de destination et interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an. Ce magistrat a notamment relevé que la situation prévalant en Russie compte tenu de l'offensive militaire lancée en Ukraine par la Fédération de Russie qui peut être assimilée à une violence généralisée et l'ordre de mobilisation décrétée par les autorités russes étaient de nature à faire obstacle à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un ressortissant russe susceptible, en raison notamment de son origine ethnique et géographique, d'être enrôlé contre son gré et envoyé au combat. Il a également relevé que l'intéressé avait produit à l'instance sa convocation dans le cadre de l'ordre de mobilisation partielle décidé par le gouvernement russe le 24 octobre 2022. Il en a déduit que cette situation de fait, contemporaine de l'arrêté du 28 janvier 2023, crée une situation de risque pour l'intégrité physique du requérant qui, quoiqu'elle resterait inopérante sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire elle-même qui n'indique pas le pays de destination, ferait, au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, obstacle à l'exécution à son égard de toute mesure visant à l'éloigner à destination de la Russie. Ainsi, le magistrat désigné a jugé que l'obligation de quitter le territoire sans délai et la décision fixant le pays de destination étaient entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de M. B.
3. Dès lors que l'obligation de quitter le territoire français sans délai et la décision fixant le pays de destination prises à l'encontre de M. B ont été annulées par un jugement du 27 mars 2023, il y a lieu d'annuler par voie de conséquence la mesure d'assignation prise le 28 janvier 2023 par le préfet de l'Isère.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre le 28 janvier 2023 par le préfet de l'Isère.
Sur les frais de justice :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire application des dispositions au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
6. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignation d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qu'il y a à statuer sur la situation de M. B, il y a lieu de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 28 janvier 2023 portant assignation à résidence de M. B est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Muridi et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Letellier, première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
La rapporteure,
E. BARRIOL
La présidente,
D. JOURDAN La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026