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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2300706

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2300706

jeudi 2 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2300706
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 3
Avocat requérantAHDJILA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 février 2023, M. F, représenté par Me Ahdjila demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2023 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- est dépourvue de base légale dès lors que l'arrêté attaqué ne vise pas l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Bonino, greffière d'audience, Mme D a présenté son rapport et entendu les observations de Me Ahdjila, représentant M. F.

1. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. F de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

2. M. F, ressortissant algérien, né en 2004, soutient être entré en France il y a environ six mois. Suite à une interpellation le 14 octobre 2022, le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par l'arrêté attaqué du 4 février 2023, le préfet de l'Isère a abrogé l'arrêté du 14 octobre 2022, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement et lui interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A E, cheffe de bureau à la préfecture de l'Isère, qui disposait d'une délégation consentie par arrêté préfectoral du 26 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire doit être écarté comme manquant en fait.

4. En second lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué ne vise pas l'accord franco-algérien n'est pas de nature à entacher la mesure d'éloignement d'un défaut de base légale, de plus fort en l'absence de demande de certificat de résidence. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. F est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C F, à Me Ahdjila et au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.

La magistrate désignée,

A. DLa greffière,

J. BONINO

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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