Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 30 janvier 2023, le 27 mai 2024 et le 28 février 2025, M. F... A..., Mme E... A..., M. B... C..., M. D... A... et Mme G... A..., représentés par Me Py, demandent au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 1er décembre 2022 par laquelle la société Enedis a rejeté leur demande préalable indemnitaire formée le 22 novembre 2022 ;
2°) d’enjoindre à la société Enedis de réaliser à ses frais les travaux, estimés à la somme de 57 113,06 euros, de déplacement des lignes électriques aériennes et poteaux présents sur les parcelles 65, 66 et 186 devenues la parcelle 481 sur le territoire de la commune de Saint-Verand pour permettre la réalisation du projet de construction prévu par le plan local d’urbanisme de la commune, dans un délai de 3 mois suivant notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard passé ce délai ;
3°) de condamner la société Enedis à payer aux propriétaires indivis la somme de 10 000 euros en réparation du trouble de jouissance tiré de l’emprise irrégulière, des préjudices moraux et des troubles dans les conditions d’existence qu’ils ont subis ;
4°) de condamner la société Enedis à payer aux propriétaires indivis la somme de 700 000 euros en indemnisation de la perte de valeur vénale de leur propriété ;
5°) de mettre à la charge de la société Enedis une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le juge administratif est compétent à la fois pour vérifier si l’acte instituant une servitude n’est pas sans effet et pour ordonner le déplacement d’un ouvrage public irrégulièrement implanté ; le juge administratif est également compétent pour connaître de leurs préjudices qui ne sont pas les conséquences certaines, directes et immédiates de la servitude de 1994 qui leur est inopposable mais d’une emprise irrégulière ;
- les poteaux électriques ont été mis en place en deux étapes en 1968 et en 1994 ; la convention de 2004 ne porte que sur l’extension de 1994 ;
- la convention de servitude n’est pas opposable faute du consentement de tous les indivisaires requis par l’article 815-3 du code civil ;
- la société Enedis ne peut pas se prévaloir de la connaissance acquise des ouvrages électriques par les requérants ;
- la société Enedis ne justifie pas, en l’état, d’une servitude régulière sur les parcelles des propriétaires indivis ; l’ouvrage public électrique présent sur leur propriété privée constitue une emprise irrégulière ;
- aucune régularisation n’est possible ;
- le coût de déplacement des poteaux électriques n’est pas excessif et il ne se heurte à aucune difficulté technique ;
- la présence de l'ouvrage fait obstacle au projet avancé de construction de logements autorisé par le plan local d’urbanisme : sa démolition aux frais de la société Enedis n'entraînera pas une atteinte excessive à l'intérêt général ;
- la convention de servitude étant inopposable, la responsabilité de M. A... ne peut pas être retenue ;
- ils ont droit à une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices moraux et des troubles dans les conditions d’existence subis en raison de la multiplication de leurs démarches et à une autre somme de 5000 euros en raison du trouble de jouissance résultant de l’emprise irrégulière constituée par une ligne électrique et trois supports traversant leur propriété indivise ;
- la perte de la valeur vénale de leur bien doit être indemnisée à hauteur de 700 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er juin 2023, le 5 juillet 2023, le 17 juillet 203 et le 28 novembre 2024, la société Enedis, représentée par Me Nagel, conclut au rejet de la requête, à la condamnation de M. F... A... à prendre en charge les frais de déplacement et à la mise à la charge des requérants d’une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la convention signée en 1994 revêt le caractère d’un contrat de droit privé et l’appréciation de sa validité, qui conditionne le constat de l’existence d’une emprise irrégulière, relève de la compétence du juge judiciaire ; en tout état de cause, les propriétaires avaient une connaissance acquise de cette servitude qui leur est opposable ;
-à titre subsidiaire, M. F... A... pouvait disposer, à la date de la signature de cette convention, de la pleine propriété ou d’un mandat des autres indivisaires ; la convention étant régulière, la présence des ouvrages sur la propriété des requérants ne constitue pas une emprise irrégulière ;
- à titre très subsidiaire, une régularisation amiable est possible avec l’accord des indivisaires ; en outre, la démolition du pylône en cause et son déplacement hors de la propriété des consorts porterait une atteinte excessive à l’intérêt général au regard de leurs intérêts privés dont la teneur n’est pas démontrée ;
- à titre infiniment subsidiaire M. F... A... a laissé penser à la société Enedis pendant plus de 29 années que l’implantation était régulière et, à l’évidence, les indivisaires ont été manifestement taisant pendant 29 années, laissant à penser que l’ouvrage était implanté régulièrement ; dès lors, il appartiendra à M. F... A... de prendre en charge l’intégralité des frais de déplacement.
- en tout état de cause, les propriétaires indivisaires se sont abstenus de toute démarche pendant 29 ans et leurs demandes indemnitaires ne sont étayées par aucune pièce probante ;
- la perte de valeur vénale ne présente pas un caractère certain.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code civil ;
- le code de l’énergie
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Ban,
- les conclusions de M. Callot, rapporteur public ;
- les observations de Me Duca, représentant les consorts A... et C....
Considérant ce qui suit :
M. F... A..., Mme E... A..., M. B... C..., M. D... A... et Mme G... A... sont depuis 1982 propriétaires indivis de parcelles actuellement cadastrées sous les numéros 475 et 476 et 481 sur le territoire de la commune de Saint-Verand. La parcelle n°481, objet du litige, est traversée par une ligne électrique implantée en 1968 et étendue en 1994. Par un courrier du 22 novembre 2022, les propriétaires indivis ont demandé à la société Enedis, d’une part, le déplacement à ses frais des lignes électriques aériennes et poteaux implantés sur la parcelle n°481 afin de permettre la réalisation du projet de construction de logements prévu par le plan local d’urbanisme et, d’autre part, le versement de la somme de 20 000 euros au titre des troubles de jouissance et du préjudice moral qu’ils estiment avoir subis en raison de l’implantation irrégulière de ces ouvrages. Par un courrier 1er décembre 2022, la société Enedis a rejeté cette demande au motif qu’elle dispose d’une convention de servitude datant de 1994 autorisant le passage de ces ouvrages sur leur propriété. Estimant que cette convention ne leur est pas opposable, les requérants ont saisi le tribunal de conclusions tendant à enjoindre à cette société de réaliser à ses frais les travaux dans le délai de 3 mois suivant notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard et à condamner la société Enedis à réparer les préjudices qu’ils estiment avoir subis en raison de l’emprise irrégulière de ces ouvrages sur leur propriété.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
En premier lieu, d’une part, il n’y a voie de fait de la part de l’administration, justifiant, par exception au principe de séparation des autorités administratives et judiciaires, la compétence des juridictions de l’ordre judiciaire pour en ordonner la cessation ou la réparation, que dans la mesure où l’administration soit a procédé à l’exécution forcée, dans des conditions irrégulières, d’une décision, même régulière, portant atteinte à la liberté individuelle ou aboutissant à l’extinction d’un droit de propriété, soit a pris une décision qui a les mêmes effets d’atteinte à la liberté individuelle ou d’extinction d’un droit de propriété et qui est manifestement insusceptible d’être rattachée à un pouvoir appartenant à l’autorité administrative. L’implantation, même sans titre, d’un ouvrage public sur le terrain d’une personne privée ne procède pas d’un acte manifestement insusceptible de se rattacher à un pouvoir dont dispose l’administration. D’autre part, dans le cas d’une décision administrative portant atteinte à la propriété privée, le juge administratif, compétent pour statuer sur le recours en annulation d’une telle décision et, le cas échéant, pour adresser des injonctions à l’administration, l’est également pour connaître de conclusions tendant à la réparation des conséquences dommageables de cette décision administrative, hormis le cas où elle aurait pour effet l’extinction du droit de propriété.
Les conclusions des requérants tendent à faire constater le caractère irrégulier de l'implantation sur leur propriété d'ouvrages publics par la société Enedis, à ce que soit ordonné leur déplacement et à les indemniser des divers préjudices qui leur cause cette atteinte à leur propriété privée. Dès lors que l’occupation de leur parcelle par ces ouvrages n’a pas pour effet de supprimer leur droit de propriété et n’est ainsi pas constitutive d’une voie de fait, le juge administratif est compétent pour connaitre de l’ensemble de ces conclusions en vertu des principes énoncés au point 2.
En deuxième lieu, pour opposer l’exception d’incompétence de la juridiction administrative, la société Enedis se prévaut également des dispositions de l’article L. 323-7 du code de l’énergie aux termes desquelles : « Lorsque l'institution des servitudes prévues à l'article L. 323-4 entraîne un préjudice direct, matériel et certain, elle ouvre droit à une indemnité au profit des propriétaires, des titulaires de droits réels ou de leurs ayants droit. L'indemnité qui peut être due à raison des servitudes est fixée, à défaut d'accord amiable, par le juge judiciaire ».
Par ailleurs, aux termes de l’article 815-3 du code civil : « Le ou les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis peuvent, à cette majorité : 1° Effectuer les actes d'administration relatifs aux biens indivis ; 2° Donner à l'un ou plusieurs des indivisaires ou à un tiers un mandat général d'administration ; 3° Vendre les meubles indivis pour payer les dettes et charges de l'indivision ; 4° Conclure et renouveler les baux autres que ceux portant sur un immeuble à usage agricole, commercial, industriel ou artisanal. Ils sont tenus d'en informer les autres indivisaires. A défaut, les décisions prises sont inopposables à ces derniers. Toutefois, le consentement de tous les indivisaires est requis pour effectuer tout acte qui ne ressortit pas à l'exploitation normale des biens indivis et pour effectuer tout acte de disposition autre que ceux visés au 3°(...) ».
Alors qu’une convention de servitude ne saurait être qualifié d’acte se rapportant à l’exploitation normale des biens indivis, la convention conclue en 1994 en vue de l’extension de la ligne électrique implantée en 1968 n’a été signée que par M. F... A... sans recueillir l’accord des autres indivisaires. Faute de convention régulièrement établie et alors qu’en l’absence de difficulté sérieuse, le tribunal n’est pas tenu de saisir le juge judiciaire d’une question préjudicielle, les dommages dont les requérants demandent réparation ne peuvent ainsi pas être regardés comme étant les conséquences certaines, directes et immédiates d’une servitude relevant du juge judicaire en application des dispositions précitées de l’article L. 323-7 du code de l’énergie. Il s’ensuit que l’exception d’incompétence de la société Enedis doit être écartée.
Sur les conclusions tendant à ce que soit ordonnée la démolition de l’ouvrage :
Lorsqu’il est saisi d’une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d’un ouvrage public dont il est allégué qu’il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l’implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l’administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l’ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d’abord, si eu égard notamment à la nature de l’irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, en tenant compte de l’écoulement du temps, de prendre en considération, d’une part les inconvénients que la présence de l’ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d’assiette de l’ouvrage, d’autre part, les conséquences de la démolition pour l’intérêt général, et d’apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n’entraîne pas une atteinte excessive à l’intérêt général.
Compte tenu des spécificités, rappelées au point précédent, de l’action en démolition d’un ouvrage public empiétant irrégulièrement sur une propriété privée, ni l’article 2227 du code civil ni aucune autre disposition ni aucun principe prévoyant un délai de prescription ne sont applicables à une telle action.
En ce qui concerne la constatation de l’emprise irrégulière :
Il résulte de ce qui a été dit plus haut que la société Enedis ne peut se prévaloir d’une servitude, de sorte que les ouvrages en litiges sont irrégulièrement implantés. L’ancienneté de cette implantation ne saurait avoir pour effet de la régulariser, alors même que les ouvrages étaient déjà présents lors de l’acquisition de la propriété en 1982.
En ce qui concerne la régularisation de l’implantation :
L’orientation d’aménagement et de programmation (OAP) 1AU4 du plan local d’urbanisme est destinée à une opération d’ensemble ayant pour objectif la construction d’environ 40 logements dont des logements sociaux. Elle a notamment pour assiette la parcelle n° 481 classée en zone d’urbanisation future. Un plan d’urbanisation de la zone a été validé par la commission d’urbanisme de la commune le 13 juillet 2023 et un accord de projet urbain partenarial (PUP) entre un promoteur et la commune a été également prévu. Un arrêté de non-opposition à déclaration préalable du 26 juillet 2023 autorise le projet de division la parcelle n°481 en vue de construire dans le cadre de l’OAP 1AU4. Le 13 juillet 2023, un compromis de vente des parcelles section AB numéros 481, 477 et 475 a été signé avec un promoteur pour un montant global de 710 000 euros. Cet acte comporte la condition suspensive suivante : « La présente convention est soumise à la condition suspensive que le certificat ou la note de renseignements d’urbanisme ne révèle pas l’existence d’une servitude susceptible de le rendre impropre à la destination que le bénéficiaire envisage de lui donner ». Il résulte de l’instruction que la construction projetée de ces logements collectifs est rendue impossible par la présence et l’emplacement des poteaux électriques sur la parcelle n°481. Dans ces conditions, la conclusion d’un accord amiable ou la mise en œuvre d’une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique prévue par l’article R. 323‑1 du code de l’énergie ne paraissent pas réalisables en l’état de l’instruction. Dès lors, il ne résulte pas de l’instruction qu’une régularisation appropriée soit envisageable à la date du présent jugement.
En ce qui concerne les inconvénients de la présence de l’ouvrage et les conséquences d’une éventuelle la démolition sur l’intérêt général :
Le coût des travaux de déplacement des poteaux et lignes électriques a été estimé par la société Enedis dans son devis du 8 juillet 2022 à la somme de 57 113,06 euros. Il n’apparait pas excessif eu égard à l’importance du projet de construction sur la parcelle n°481 et à la valeur du terrain ouvert à une urbanisation future dans le cadre d’une OAP. Ces travaux de dévoiement ne se heurtent à aucune difficulté technique insurmontable comme l’avait d’ailleurs estimé la société Enedis elle-même lorsqu’elle avait été sollicitée par les requérants dans une phase précontentieuse ayant abouti à l’établissement du devis du 8 juillet 2022. En particulier, il résulte de ce document que l’installation d’un groupe électrogène pourra pallier l’interruption de fourniture d’électricité « pendant quelques jours ». Le déplacement et le maintien de deux poteaux supports de la ligne électrique HTA en bordure du terrain d’assiette de la propriété, tels que prévus dans ce devis, parait en outre compatible avec le projet de construction sans que l’obligation corrélative de régulariser des conventions de servitudes avec trois propriétaires pour l’implantation nouvelle des poteaux n’apparaisse irréalisable. Aussi, eu égard aux inconvénients importants que la présence de l’ouvrage public entraîne pour les requérants et à l’intérêt public qui s’attache à la construction de logements collectifs, l’enlèvement de ces ouvrages électriques n’apparait pas de nature à entraîner une atteinte excessive à l’intérêt général.
Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que les requérants sont fondés à demander qu’il soit ordonné à la société Enedis de procéder à la démolition des ouvrages en litige dans les conditions mentionnées dans le devis du 8 juillet 2022, dans un délai de 6 mois suivant la notification du présent jugement, sans qu’il y ait lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur la réparation du préjudice né de cette implantation irrégulière :
En premier lieu, en l’absence d’extinction du droit de propriété, la réparation des conséquences dommageables résultant de la décision d’édifier un ouvrage public sur une parcelle appartenant à une personne privée ne saurait donner lieu à une indemnité correspondant à la valeur vénale de la parcelle, mais uniquement à une indemnité moindre d’immobilisation réparant le préjudice résultant de l’occupation irrégulière de cette parcelle et tenant compte de l’intérêt général qui justifie le maintien de l’ouvrage.
Il résulte du principe précité que l’emprise en litige ne saurait donner lieu à une indemnité correspondant à la valeur vénale de la parcelle n°481 ou même de la surface occupée. Par ailleurs, à la date du présent jugement, il ne résulte pas de l’instruction que la vente du terrain des requérants en vue de réaliser l’opération de construction envisagée par le plan local d’urbanisme soit devenue impossible ou le devienne avant que le déplacement de l’ouvrage public prescrit par le présent jugement soit accompli. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à demander une indemnité au titre de la perte de la valeur vénale de leur bien.
En second lieu, il résulte de l’instruction que la parcelle n°481 n’est pas bâtie et qu’elle a pu être cultivée durant une longue période sans que les ouvrages électriques présents y fassent obstacle. Aussi, l’atteinte portée à la pleine jouissance de la propriété des requérants par ces ouvrages parait limitée au moins jusqu’en 2022, date à partir de laquelle les requérants ont demandé, pour la première fois depuis qu’ils en sont devenus propriétaires indivis en 1982, leur déplacement hors du terrain d’assiette du projet de construction rendu possible en 2019 par l’adoption du plan local d’urbanisme. En revanche, ils justifient depuis lors d’un projet de construction avancé, la promesse de vente de leur parcelle signée le 13 juillet 2023 étant insusceptible d’aboutir tant que les ouvrages n’auront pas été démolis. Il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature qu’ils ont subis, incluant le préjudice moral, en accordant aux requérants la somme globale de 5 000 euros.
Sur les frais liés à l’instance :
Les dispositions de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge des requérants, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la société Enedis demande au titre des frais liés à l’instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la société Enedis la somme globale de 1 500 euros à verser aux requérants au titre des frais exposés par ceux-ci et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à la société Enedis de déplacer, dans un délai de 6 mois suivant la notification du présent jugement, les ouvrages électriques irrégulièrement implantés sur la parcelle n°481 dont les requérants sont les propriétaires indivis.
Article 2 : La société Enedis versera aux requérants la somme de 5 000 euros en réparation de leurs préjudices nés de cette implantation irrégulière.
Article 3 : La société Enedis versera aux requérants la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F... A... en sa qualité de représentant unique des requérants et à la société Enedis.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Savouré, président,
M. Ban, premier conseiller.
Mme Rogniaux, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2025.
Le rapporteur,
J-L. Ban
Le président,
B. Savouré
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne à la préfète de l’Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.