vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300765 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés 6 |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2022, M. B A, représenté par Me Mathis, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au département de la Drôme de le reprendre en charge, notamment en ce qui concerne son logement et ses besoins alimentaires et sanitaires, sans délai, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre au département de la Drôme de lui accorder un accompagnement jeune majeur dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est contraint de dormir dans la rue ou de trouver des solutions temporaires d'hébergement chez des amis alors qu'il est âgé d'à peine vingt ans et qu'il est totalement isolé sur le territoire français ; cette situation met en péril ses démarches d'intégration sur le territoire français puisqu'il était engagé dans une convention de stage auprès d'une société de restauration ; il se retrouve également dépourvu de toute ressource et de soutien éducatif ; ces conditions de vie précaires, ne lui permettent pas d'envisager une scolarisation ;
- l'interruption brutale de sa prise en charge porte une atteinte grave à ses libertés fondamentales dès lors que le Conseil d'Etat juge que lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour le mineur intéressé, une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale et que depuis la loi n° 2022-140 du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, la prise en charge par l'ASE est devenue obligatoire après la majorité lorsque le jeune majeur a été pris en charge par l'ASE durant sa minorité et qu'il ne bénéficie pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants ; le département de la Drôme a également porté atteinte de manière grave au droit au respect de la dignité de la personne humaine, protégé par les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est manifestement illégale dès lors qu'elle est entachée d'incompétence, qu'elle ne comporte pas de motivation, qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles et est entachée d'erreur d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. C a lu son rapport et entendu les observations de Me Combes, substituant Me Mathis, et celles de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".
2. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant sénégalais né le 15 janvier 2003, est entré en France en 2018 et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Drôme jusqu'à sa majorité, puis au titre d'un contrat " jeune majeur " renouvelé en dernier lieu jusqu'au 31 janvier 2023. M. A soutient sans être contredit qu'il a formé une demande de renouvellement de sa prise en charge mais que le 31 janvier 2023, les services de l'aide sociale à l'enfance l'ont informé que cette prise en charge ne serait pas renouvelée et lui ont fait quitter le jour même le logement qu'il occupait.
3. Aux termes de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale dans sa version issue de la loi du 7 février 2022 : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () 5° Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, y compris lorsqu'ils ne bénéficient plus d'aucune prise en charge par l'aide sociale à l'enfance au moment de la décision mentionnée au premier alinéa du présent article. () ".
Sur l'urgence :
4. Il résulte de l'instruction que M. A, dont il n'est pas contesté qu'il est âgé de 20 ans, est dépourvu de tout soutien familial et ne bénéficie d'aucune ressource ni solution d'hébergement autres que celles résultant de sa prise en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance. Ainsi, la condition d'urgence, qui n'est pas contestée par le département de la Drôme, doit, en l'état de l'instruction, être regardée comme remplie.
Sur l'atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale :
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles que, depuis l'entrée en vigueur du I de l'article 10 de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, qui a modifié cet article sur ce point, les jeunes majeurs de moins de vingt-et-un ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité bénéficient d'un droit à une nouvelle prise en charge par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants. Le département de la Drôme qui, ainsi qu'il a été dit, a pris en charge M. A au titre de l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité est, dès lors qu'il est constant que celle-ci ne bénéficie d'aucun soutien familial ni d'aucune ressource ni d'aucune solution d'hébergement, légalement tenu de poursuivre cette prise en charge. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision de mettre fin à sa prise en charge porte, en l'état de l'instruction, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Il y a lieu d'enjoindre au département de la Drôme de procéder au renouvellement du contrat de jeune majeur de M. A dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui procurer, dans le même délai, une solution d'hébergement et une prise en charge de ses besoins alimentaires, sanitaires et médicaux. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu d'admettre provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Mathis renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge du département de la Drôme le versement à Me Mathis de la somme de 800 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au département de la Drôme de procéder au renouvellement du contrat de jeune majeur de M. A dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui procurer, dans le même délai, une solution d'hébergement et une prise en charge de ses besoins alimentaires, sanitaires et médicaux.
Article 3 : Le département de la Drôme versera à Me Mathis une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Mathis renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Mathis et au département de la Drôme.
Fait à Grenoble, le 10 février 2023.
Le juge des référés,
T. C
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026