lundi 29 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 8 février 2023 et le 20 avril 2023, M. B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux du 8 février 2023 demandant l'annulation des décisions portant retraits de points suite aux infractions relevées les 16 août 2021, 27 septembre 2021 et 29 avril 2022 ;
2°) d'annuler les décisions de retraits de points imputés à son permis de conduire pour les infractions des 9 septembre 2020, 16 août 2021, 27 septembre 2021 et 29 avril 2022 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points retirés de son permis de conduire ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que:
- les décisions de retraits de points n'ont pas fait l'objet de notification ;
- les décisions de retraits de points contestés l'ont été en méconnaissance de l'obligation d'information préalable obligatoire en application des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité de ces infractions n'est pas établie puisqu'il n'a pas payé les amendes correspondantes et il a déposé plusieurs réclamations contestant ces infractions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2023, le ministre de l'Intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'elle n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a au cours de l'audience publique, présenté son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B conteste les retraits de points imputés à son permis de conduire pour les infractions relevées les 9 septembre 2020, 16 août 2021, 27 septembre 2021 et 29 avril 2022. Il ressort du relevé d'information intégral de M. B, daté du 24 février 2023 et produit par le ministre de l'intérieur au soutien de son mémoire en défense, que le permis de conduire du requérant est valide avec un solde de deux points sur douze.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la notification des décisions de retraits de points :
2. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. Ainsi, M. B ne peut utilement se prévaloir de ce que les retraits de points en litige ne lui auraient pas été notifiés avant l'intervention de la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
3. Selon l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue.() Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité. La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ;
4. Cependant il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la recevabilité d'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, laquelle est appréciée par l'officier du ministère public sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a par suite entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document couramment nommé " bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires ", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant et dont la personne concernée peut obtenir communication en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En l'espèce, concernant les infractions relevées le 16 août 2021 et le 29 avril 2022, si le requérant produit à l'instance des réclamations, datées du 8 février 2023 et adressées à l'Officier du Ministère Public, et des convocations de l'OMP et du tribunal, ces documents n'établissent pas l'annulation des titres exécutoires des amendes forfaitaires majorées portées au relevé d'information intégral précité. Par suite la réalité de ces infractions doit être tenue pour établie.
6. En revanche, le requérant produit la lettre datée du 3 mars 2023 émanant du parquet du Tribunal de police indiquant que pour l'infraction relevée le 27 septembre 2021, le procès-verbal a fait l'objet d'un classement et l'amende forfaitaire majorée a été annulée. Ce document établit que le retrait de points correspondant à cette infraction est infondé.
En ce qui concerne l'absence d'information préalable :
7 . Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223 1 du même code. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, par suite, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. Toutefois, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de cette formalité est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
8 . Comme il a été dit au point 5 la réalité des infractions commises le 16 août 2021 et le 29 avril 2022, est établie. Au surplus l'administration produit à l'instance les deux procès-verbaux correspondant signés de M. B sous les informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
9. En réplique, le requérant fait valoir que l'infraction relevée le 9 septembre 2020 a donné lieu à un retrait de points au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas bénéficié de l'information préalable requise par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il ne ressort pas du relevé d'information intégral qu'une amende forfaitaire ait été payée ni du dossier que le procès-verbal établi pour cette infraction comportait les informations exigées.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points afférentes aux l'infractions relevées le 9 septembre 2020 (3 points) et le 27 septembre 2021 (- 4 points). En revanche les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points suite aux infractions commises le 16 août 2021 et le 29 avril 2022, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Eu égard aux motifs du présent jugement, l'exécution de celui-ci implique la restitution au capital de points affectés au permis de conduire de M. B des sept points retirés à la suite des infractions des 9 septembre 2020 et 27 septembre 2021. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur qu'il rétablisse ces points dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve de la commission de nouvelles infractions justifiant des retraits de points et qu'il réexamine, dans le même délai, la situation de l'intéressé pour en tirer les conséquences sur son capital de points.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de retrait de sept points correspondant aux infractions relevées les 9 septembre 2020 et 27 septembre 2021 sur le permis de M. B, sont annulées.
Article 2 :Il est enjoint au ministre de l'intérieur de rétablir sept points sur le permis de conduire de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve de la commission de nouvelles infractions justifiant des retraits de points et qu'il réexamine, dans le même délai, la situation de l'intéressé pour en tirer les conséquences sur son capital de points.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'Intérieur.
Lu en audience publique le 29 janvier 2024.
La magistrate désignée,
D. ALe greffier,
P. Buguellou
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026