vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | MEYER |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête enregistrée le 16 février 2023 sous le n° 2300955, Mme A F, représentée par Me Meyer, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligée à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'un an ;
2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'a aucune attache familiale en Géorgie.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2023.
II) Par une requête enregistrée le 16 février 2023 sous le n° 2300963, M. G D, représenté par Me Meyer, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'un an ;
2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'erreurs manifestes d'appréciation ;
- il est insuffisamment motivé.
Par un mémoire enregistré le 7 mars 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées concernent un couple d'étrangers et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. D et Mme F, de nationalité géorgienne, déclarent être entrés en France en 2021 pour y demander l'asile. Suite au rejet de leurs demandes par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 11 août 2022, ils ont introduit un recours devant la Cour nationale du droit d'asile le 5 novembre 2022 pour Mme F, et le 16 décembre 2022 pour M. D. Le 14 février 2023, à l'issue d'un contrôle, ils ont été placés en retenue administrative. Par deux arrêtés du même jour dont M. D et Mme F demandent l'annulation, le préfet de la Haute-Savoie les a obligés à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Les arrêtés attaqués ont été signés par Mme C E, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par le préfet par arrêté publié le 12 janvier 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté comme manquant en fait.
4. Il ne résulte pas de ces arrêtés ni d'aucune pièce des dossiers que le préfet de la Haute-Savoie ne se serait pas livré à un examen particulier de leur situation avant les prendre les décisions attaquées.
5. M. D et Mme F ne contestent pas qu'ils proviennent d'un pays d'origine sûr ce qui ne leur donne pas de droit au maintien sur le territoire dès lors qu'ils se sont vu refuser une protection internationale par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en application des articles L.542-2 1° d) et L.542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, quand bien même ils auraient formé un recours devant la Cour nationale du droit d'asile.
6. L'entrée en France des requérants est récente, ils n'ont aucune famille sur le territoire national et ne justifient d'aucune intégration alors qu'ils n'établissent pas être dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, les décisions litigieuses n'ont pas porté une atteinte disproportionnée au droit des requérants à mener une vie privée et familiale normale et ne méconnaissent pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, elles ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Enfin, les requérants n'apportent, alors qu'au demeurant, ils se sont vus opposer un refus de protection internationale par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, aucun élément probant sur la réalité des risques personnels encourus en cas de retour en Géorgie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
8. Aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement. Cette demande est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 752-5 à L. 752-12 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2. Elle est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 753-7 à L. 753-11 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application du c du 1° de l'article L. 542-2 ".
9. Si M. D et Mme F, dont les demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sollicitent, à titre subsidiaire, l'application des dispositions de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à leur encontre, ils n'apportent aucun élément probant de nature à justifier la suspension de ces mesures.
10. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de Mme F et M. D doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. D et Mme F sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F, à M. G D, à Me Meyer et au préfet de la Haute-Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
Le président
J.P. B
La greffière
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 - 2300963
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026