lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300993 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DIOUF-GARIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 février 2023 et le 12 mai 2023, M. B A, représenté par Me Diouf, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sous astreinte de 50 euros par jour de retard après la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'un an, et à défaut, sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi de du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour méconnait les dispositions de l'article L.422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en ce qu'elle se fonde sur un refus de titre de séjour lui-même illégal ;
- le préfet de l'Isère s'est estimé lié par sa décision de refus de titre de séjour pour prendre une mesure d'éloignement et a ainsi commis une erreur de droit ;
- la décision fixant le pays de destination sera annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique du 19 juin 2023, M. Ban a lu son rapport. Me Diouf a présenté des observations pour M. A. Le préfet de l'Isère n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né en 1996, est entré en France le 17 septembre 2017 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa long séjour afin de poursuivre ses études. Il a bénéficié de plusieurs titres de séjour portant la mention " étudiant-élève " entre le 13 septembre 2018 et le 12 octobre 2022. Le 9 septembre 2022, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en faisant valoir qu'il était inscrit, au titre de l'année 2022-2023, en deuxième année de master " génie civil, parcours construction durable et environnement ". Par l'arrêté attaqué du 3 janvier 2023, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de destination.
2. Eu égard à l'urgence à statuer sur la requête, il y a lieu d'admettre M. A à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
3. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, depuis son entrée en France en septembre 2017, M. A a successivement validé une deuxième année de licence " science pour l'ingénieur " puis sa troisième année de licence avant de s'inscrire, au titre de l'année universitaire 2019-2020 en première année de master parcours génie civil, construction durable et environnement et accéder en master 2 au titre de l'année 2020-2021.
5. Il est cependant vrai que, comme le fait valoir le préfet de l'Isère pour fonder l'arrêté attaqué, il a redoublé son année de master 2 et, qu'à la date de l'arrêté attaqué, il suivait pour une troisième fois son année de master 2.
6. Il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment des attestations du président de l'université Grenoble Alpes, du responsable du master 2 génie civil et d'un professeur des universités que M. A est un étudiant sérieux qui a éprouvé des réelles difficultés à trouver un stage d'une durée de six mois en raison du contexte sanitaire et que, depuis le premier semestre de l'année 2020-2021, il avait validé l'ensemble des crédits à l'exception de ceux relatifs à l'accomplissement d'un stage obligatoire de six mois. Il a finalement effectué et validé son stage dans une entreprise de la région parisienne qu'il a accompli entre le 12 septembre 2022 et le 10 mars 2023. Postérieurement à l'arrêt attaqué, il a présenté sa soutenance le 6 avril 2023 et le jury devrait se réunir en juillet 2023 pour se prononcer sur l'obtention de ce diplôme.
7. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à la progression continue de ses études entre 2017 et 2020 et aux difficultés liées au contexte sanitaire, le préfet de l'Isère a commis une erreur d'appréciation en refusant de renouveler à M. A, à la date du 3 janvier 2023 alors qu'il accomplissait son stage, son titre de séjour étudiant, d'autant que les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui ouvraient la faculté de lui délivrer un titre de séjour seulement pour terminer l'année universitaire et ainsi lui donner une chance ultime d'achever son cursus universitaire.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
9. Eu égard au motif d'annulation sur lequel il se fonde et à la date à laquelle le juge statue, le présent jugement n'implique pas nécessairement que le préfet de l'Isère délivre à M. A un titre de séjour mais seulement, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à la fin du mois de juillet 2023 au cours duquel ses études en master devraient s'achever.
10. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Diouf, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Diouf de la somme de 900 euros.
D E C I D E :
Article 1 : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 3 janvier 2023 du préfet de l'Isère est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à M. A une autorisation provisoire de séjour dans les conditions précisées au point 7 dans le délai de 8 jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Diouf une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Diouf et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
M. Ban, premier conseiller,
Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
Le rapporteur,
J-L. Ban
La présidente,
D. Jourdan
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300993
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026