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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2301163

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2301163

mercredi 28 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2301163
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantPHILIPPE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 février 2023 et 13 octobre 2023, Mme C F, représentée par Me Philippe, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les délibérations du jury d'examen de 5ème année de l'Institut d'études politiques de Grenoble en date des 13 octobre 2022 et 16 décembre 2022 et la décision de la directrice des études du 9 novembre 2022 prononçant son ajournement et refusant son redoublement ;

2°) d'enjoindre à l'Institut d'études politiques de Grenoble de lui délivrer sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, son diplôme de l'Institut d'études politiques de Grenoble, parcours Gouvernance européenne ;

3°) d'enjoindre à l'Institut d'études politiques de Grenoble, sans délai à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de la convoquer a une session de rattrapage ad hoc dans l'unité d'enseignement " Stage et rapport de stage ", en lui laissant un temps suffisant, d'au moins un mois, à l'effet de préparer cette session, selon des modalités qui lui seront précisément données au moment de la convocation, le cas échéant après avoir procédé d'office et sans frais à son inscription administrative ;

4°) d'enjoindre à l'Institut d'études politiques de Grenoble, sans délai à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de la convoquer à une session de rattrapage ad hoc dans l'unité d'enseignement " Enseignements professionnels " et pour le cours Label ou Project management, en lui laissant un temps suffisant, d'au moins 1 mois, à l'effet de préparer cette session, selon des modalités qui lui seront précisément données au moment de la convocation, le cas échéant après avoir procédé d'office et sans frais à son inscription administrative ;

5°) d'enjoindre à l'Institut d'études politiques de Grenoble, sans délai à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de la convoquer à toute session de rattrapage ad hoc qui s'avérerait nécessaire pour réexaminer pleinement sa situation ;

6°) d'enjoindre à l'Institut d'études politiques de Grenoble de réexaminer sa situation à la suite de ces sessions de rattrapage ad hoc et dans un délai maximal de 15 jours à l'issue de ces sessions, sous astreinte 500 euros par jour de retard ;

7°) de mettre à la charge de l'Institut d'études politiques de Grenoble une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision d'ajournement notifiée le 9 novembre 2022 a été prise par la directrice des études et est dès lors entachée d'incompétence ; les conclusions dirigées contre cette décision sont recevables dès lors qu'il n'est pas joint de pièce à ce courriel et qu'il n'annonce aucune notification de la délibération du jury de seconde session ;

- le procès-verbal du jury du 16 décembre 2022 ne permet pas de connaître l'identité des signataires et il doit être considéré que la délibération a été prise par des personnes incompétentes ;

- elle a été ajournée à la première session du 12 juillet 2022 sans délibération du jury d'examen ; la régularité de la composition de ce jury n'est pas établie et il en est de même du jury d'examen de la 2ème session ; les délibérations des jurys produites ne sont pas régulières au regard de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le relevé de notes qui a été établi après ce jury de 1ère session ne lui a pas été notifié ;

- elle n'a pas été convoquée à une deuxième session d'examen alors que le règlement des études prévoit une telle convocation quand l'étudiant n'a pas obtenu suffisamment de crédits ECTS ;

- l'IEP ne lui a pas donné connaissance, avant la notification de la délibération du 16 décembre 2022, des notes d'A5 obtenues en 2020-2021 reportées sur l'année 2021-2022 ; aucun relevé de note n'avait été établi ; elle n'a reçu ni le courriel du 16 juillet 2021 l'informant qu'elle avait été défaillante dans le Label et qu'elle devrait soit repasser le Label, soit suivre et valider le cours de Project management, ni les courriels suivants ; l'IEP savait dès le 25 janvier 2021 qu'il lui manquait des crédits et la directrice des études ne l'en a pas informée lors de leur entretien du 10 mars 2021 ; elle était en stage hors de Grenoble, ce que savait l'IEP, lors des périodes durant lesquelles l'IEP prétend avoir affiché les résultats d'examen ;

- elle n'a pas été convoquée aux épreuves du cours de gestion de projet, ni pour la première session, ni pour la deuxième session, ni en 2020/2021, ni en 2021/2022 : elle n'a ainsi pas été en mesure de faire valoir ses observations ni de demander le bénéfice d'un redoublement dans les délais impartis ; le non respect de la procédure l'a privée d'une garantie dès lors que cela l'a empêchée de faire valoir ses droits selon les formes et délais prévus par le règlement des études ;

- le motif de son ajournement avec refus de redoublement tiré de sa défaillance au cours de Project management de l'unité d'enseignement " Enseignements professionnels " est entaché d'erreur de fait : c'est un cours " à choix ", elle n'a pas été informée qu'elle devait suivre ce cours, elle n'a jamais été destinataire d'une information la concernant et n'a été intégrée dans les échanges de courriels du parcours Gouvernance européenne qu'à compter du 15 décembre 2021, cette situation n'étant pas de son fait mais résultant des difficultés concernant son inscription qui ne lui sont pas imputables ; l'obligation de suivre ce cours ne résulte que de la seule volonté de l'IEP qui l'a édictée en conséquence de sa défaillance au Label ; elle n'aurait pu être ajournée qu'à raison de sa défaillance au Label et sous réserve que, conformément au règlement des études, elle en ait été informée et été mise à même de se présenter à une seconde session ;

- le motif de la décision tiré de ce qu'elle n'aurait pas rendu son mémoire de fin d'études dans les délais impartis est également entaché d'erreur de fait : elle a apporté à l'IEP les justificatifs de ce qu'elle a bien envoyé à temps ce mémoire et il ne peut pas lui être reproché de ne pas avoir utilisé sa boîte mail de l'IEP dès lors que cela ne résulte d'aucune règle ;

- les motifs de la décision sont entachés d'erreur de droit : elle n'avait pas à suivre le cours de Project management qui est une matière à choix de l'unité d'enseignement " Enseignements professionnels " dont elle a suivi et validé l'ensemble des autres cours en 2020-2021 ; elle justifie avoir transmis dans les temps son mémoire de fin d'études ; elle ne pouvait pas présenter de demande motivée de redoublement en l'absence de toute information sur son parcours ;

- le calendrier de remise des devoirs ne résulte pas d'un règlement d'examen ni du règlement des études, mais de consignes qui ne sont pas opposables en tant que telles et ne peuvent, dès lors, justifier un ajournement ; il en est de même des consignes dont se prévaut l'IEP concernant le cours de Project management ; les modalités de contrôle de connaissance régulièrement votées, seules opposables aux étudiants, ne contiennent aucun calendrier, ni aucune date butoir dans la remise des travaux ;

- le refus de redoublement serait fondé sur son manque de diligence alors qu'elle ne s'est pas placée elle-même dans cette situation et qu'il est de la seule responsabilité de l'IEP d'avoir échafaudé une solution concernant sa scolarité sans son consentement préalable et sans suivi ni accompagnement ;

- l'IEP a entaché ses décisions d'ajournement sans redoublement d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il s'est fondé sur des dispositions inopposables et qu'il n'a pas pris en considération sa propre insuffisance de diligences pour mettre en œuvre la situation dont il était responsable en ayant décidé de la mise en place d'une solution ad hoc.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 juillet 2023, 14 septembre 2023 et 25 septembre 2023 l'Institut d'études politiques de Grenoble conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions tendant à l'annulation du courriel du 9 novembre 2022 sont irrecevables dès lors que ce document ne revêt aucun caractère décisoire ;

- les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du jury du 13 octobre 2022 sont irrecevables dès lors que la délibération du jury du 16 décembre 2022 s'est substituée à elle ;

- les autres moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté par l'Institut d'études politiques de Grenoble enregistré le 29 novembre 2023 n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pfauwadel, président,

- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,

- les observations de Me Philippe et de Mme F,

- les observations de Mme E, représentant l'Institut d'études politiques de Grenoble.

Une note en délibéré présentée par Mme F a été enregistrée le 14 décembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F a intégré en septembre 2019 le deuxième cycle de l'Institut d'études politiques (IEP) de Grenoble dans le parcours Gouvernance européenne, en double diplôme régi par une convention entre l'IEP et l'université de Constance (Allemagne). Mme F a effectué sa quatrième année (A4) à l'université de Constance. Ne disposant alors pas de l'ensemble de ses notes en raison du retard de l'année universitaire dû à la crise sanitaire et n'ayant ainsi pas encore validé l'A4, elle n'a pu s'inscrire avant la rentrée de septembre 2020 en cinquième année (A5) à l'IEP. L'IEP l'a néanmoins autorisée à suivre les cours d'A5. Toutefois, en novembre 2020, l'université de Constance a informé l'IEP que Mme F n'avait pas obtenu suffisamment de crédits pour valider l'A4. Face à cette situation inédite et non prévue par la convention, l'IEP a proposé à l'université de Constance le redoublement de Mme F, ce que cette université a accepté en précisant que les cours du premier semestre ayant déjà commencé, Mme F ne pourrait acquérir les crédits manquants qu'au second semestre. L'IEP a envisagé que Mme F pourrait, dans le cadre d'un contrat pédagogique à établir, valider les enseignements d'A5 suivis au premier semestre 2020-2021 et en conserver les notes pour l'année suivante, valider l'A4 à Constance au second semestre 2020-2021 et, en 2021-2022, être inscrite en A5 et effectuer deux stages. Mme D, directrice des études pour le second cycle de l'IEP, a vainement tenté de contacter Mme F par des courriels des 8, 11 et 18 janvier 2021 pour lui faire part des conditions de son redoublement et établir le contrat pédagogique. En réponse à un nouveau courriel de Mme D du 22 février 2021, Mme F a, par un courriel du 1er mars 2021, justifié son retard à répondre par des problèmes de santé rencontrés par elle et sa famille, indiqué qu'elle s'était réinscrite à l'université de Constance et précisé qu'elle n'avait pas reçu l'identifiant et le mot de passe lui permettant de déposer son dossier d'inscription sur la plateforme de l'IEP. Par courriels des 3 et 4 mars 2021, l'IEP lui a communiqué son identifiant et le mot de passe et lui a demandé de procéder très rapidement à son inscription. Mme F a eu un entretien en visio-conférence avec la directrice des études le 10 mars 2021. Le 8 juillet 2021, l'université de Constance a transmis à l'IEP le relevé de notes d'A4 de Mme F faisant apparaître la validation de 63 crédits et de son année. En réponse à un courriel de Mme F du 12 juillet 2021 lui demandant de transmettre ces résultats pour permettre son inscription en A5, M. A, gestionnaire de scolarité du second cycle, a répondu par un courrier du 13 juillet 2021 qu'elle devait d'abord régulariser sa situation en s'inscrivant en A4 pour l'année 2020-2021, puis en A5 pour l'année 2021-2022, et qu'elle devait pour ce faire contacter la directrice des études. Par un courriel du 16 juillet 2021, Mme D a confirmé à Mme F qu'il allait être procédé simultanément à son inscription rétroactive en A4 pour l'année 2020-2021 et à son inscription en A5 pour 2021-2022 et qu'elle devrait remplir deux dossiers et procéder à des paiements distincts des droits d'inscription de l'A4 et de l'A5. Le même courriel ajoutait que ses notes d'A5 obtenues au 1er semestre de 2020-2021 seraient conservées pour le jury de 2021-2022, en précisant cependant que, comme elle n'avait pas validé l'UE Label, il lui faudrait soit repasser le Label, soit valider le cours de gestion de projet. Le courriel indiquait enfin qu'il lui restait de plus à effectuer un stage en 2021-2022 pour compléter les enseignements et le jury de juillet ou octobre 2022, selon la date de soutenance de son mémoire de stage. A la suite de courriels de Mme F des 20 et 27 septembre 2021 demandant l'état d'avancement de ses inscriptions, Mme D, par un courriel 27 septembre 2021, lui a rappelé qu'il lui restait à valider pour l'A5 " Project Management : 4 crédits ECTS : à valider (cours obligatoire au 1er semestre) " de l'UE Enseignements professionnels et l'UE stage et mémoire de stage. Par un courriel du 30 septembre 2021, M. A lui a confirmé qu'elle était inscrite pour 2020-2021 en redoublement d'A4 et qu'elle pouvait donc télécharger et compléter le dossier d'inscription puis fournir les pièces demandées pour son inscription en A5 en suivant le lien hypertexte indiqué. Ce courriel rappelait également qu'elle devait suivre le cours gestion de projets. Mme F n'a cependant pas suivi le cours de gestion de projet ni passé l'examen qui s'est déroulé le 6 décembre 2022. Elle s'est inscrite en A5 le 14 décembre 2021. Elle a effectué un stage au ministère de l'intérieur du 17 janvier 2022 au 16 juillet 2022 et un stage à l'ambassade de France à Alger du 24 juillet 2022 au 29 décembre 2022. Elle a été ajournée par le jury de la première session d'examen de l'A5, le 12 juillet 2022. Mme F soutient qu'elle a adressé le 30 septembre 2022 son mémoire de fin d'études (master thesis) aux professeurs encadrant ce travail, M. A et un professeur de l'université de Constance, depuis son adresse institutionnelle de l'ambassade, mais aucun des deux professeurs ne l'a reçu. Elle a transmis ce mémoire, pour la seconde fois selon elle, par un courriel du 1er novembre 2022 envoyé depuis son adresse de l'IEP, qui a été reçu par les destinataires.

2. Par un courriel du 9 novembre 2022, la directrice des études de l'IEP a informé Mme F que n'ayant pas suivi l'enseignement obligatoire " gestion de projets " de l'unité d'enseignements (UE) " Atelier professionnel " et n'ayant pas effectué le rendu nécessaire à cette évaluation, elle était défaillante à cette unité d'enseignement. Le même courriel ajoutait que n'ayant pas rendu ni soutenu de mémoire devant le jury de la seconde session réuni le 13 octobre 2022, elle était également défaillante à l'UE " stage et rapport de stage ". Il précisait enfin qu'ayant été en situation de redoublement de l'A4 en 2020-2021 et n'ayant pas sollicité son redoublement de l'A5, le jury de la 2ème session ne l'avait pas autorisée à redoubler. Mme F ayant contesté cette décision, un jury a de nouveau été réuni le 16 décembre 2022. La confirmation de l'ajournement de Mme F lui a été notifiée par une lettre recommandée du même jour. Mme F demande l'annulation du courriel du 9 novembre 2022 et des délibérations des jurys des 13 octobre 2022 et 16 décembre 2022.

Sur les conclusions dirigées contre le courriel du 9 novembre 2022 :

3. L'article 1.11.3 du règlement des études et des examens, approuvé par le conseil d'administration de l'IEP le 6 juillet 2021 dispose que " Le jury peut prononcer pour chaque étudiant, dans les limites posées par le règlement des études, soit son admission, soit son ajournement, soit son redoublement, soit son exclusion ". Il résulte de ces termes qu'une décision d'ajournement prise par le jury d'examen exclut la possibilité d'un redoublement. L'administration produit le procès-verbal du jury d'examen réuni le 13 octobre 2022 sur lequel il est mentionné que Mme F est ajournée. Le jury ayant ainsi refusé le redoublement de Mme F, l'IEP est fondé à soutenir que le courriel adressé à Mme F le 9 novembre 2022 ne constitue qu'une simple notification de cette décision du jury, et non une décision de refus de redoublement susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Les conclusions tendant à l'annulation de ce courriel doivent dès lors être rejetées comme irrecevables.

Sur les décisions des jurys des 13 octobre 2022 et 16 décembre 2022 :

4. En premier lieu, l'administration produit le procès-verbal du jury de la première session d'examen de l'A5, en date du 12 juillet 2022, qui mentionne que Mme F a été ajournée. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir qu'elle n'a pas été ajournée à cette première session par un jury d'examen.

5. En deuxième lieu, les procès-verbaux des jurys d'examen des dossiers du second cycle A4 et A5, en date des 12 juillet 2022 et 13 octobre 2022, précisent le nom du président du jury et portent les noms de ses membres avec leurs signatures et comportent la liste des noms des étudiants, en regard de chacun desquels sont portées la mention " admis " ou " ajourné " et les notes obtenues, liste portant la signature de la présidente ainsi que ses nom et prénom en caractères lisibles. Le procès-verbal du jury d'examen du 16 décembre 2022 porte les noms et signatures du président et des membres du jury. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à invoquer une violation de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.

6. En troisième lieu, Mme F soutient que l'IEP ne lui a pas donné connaissance, jusqu'à la notification de la délibération du jury du 16 décembre 2022, des notes d'A5 obtenues en 2020-2021 et reportées sur l'année 2021-2022, qu'aucun relevé de notes n'avait été établi et qu'elle n'a pas eu connaissance de ce qu'elle avait été défaillante dans le Label et qu'elle devrait soit repasser le Label, soit suivre et valider le cours de Project management. Toutefois, les notes sont portées à la connaissance des étudiants par voie d'affichage et non de notification individuelle. Par ailleurs, le courriel du 16 juillet 2021, par lequel Mme F a été informée que ses notes d'A5 obtenues au 1er semestre de 2020-2021 seraient conservées pour le jury de 2021-2022, précisait qu'elle n'avait pas validé l'UE Label et qu'il lui faudrait soit repasser le Label, soit valider le cours de gestion de projet. L'obligation de valider les quatre crédits ECTS de la matière Project Management lui a en outre été rappelée dans les deux courriels qui lui ont été adressés les 27 et 30 septembre 2021 en réponse à son courriel du 27 septembre 2021. Si Mme F soutient qu'elle n'a pas reçu ces trois courriels, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils auraient été adressés à une adresse erronée ou qu'un dysfonctionnement aurait affecté pendant cette période la messagerie de l'IEP. Elle n'est pas fondée à reprocher à l'IEP de ne pas lui avoir adressé ces informations par courrier postal dès lors qu'elle ne pouvait en tout état de cause pas considérer qu'elle avait validé toutes les matières sans l'avoir vérifié auprès de l'administration.

7. En quatrième lieu, si Mme F soutient qu'elle n'a pas été convoquée aux épreuves du cours de gestion de projet, cette absence de convocation résulte de ce qu'elle ne s'est pas inscrite à cet enseignement, ni même en A5 avant le 14 décembre 2021, postérieurement à la fin de ce cours, alors même qu'elle y avait été invitée à plusieurs reprises en juillet et septembre 2021.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1.5 du règlement des études : " Pour les enseignements à choix faisant l'objet d'un examen terminal, chaque étudiant s'inscrit aux examens dans les délais fixés par l'administration. L'absence d'inscription dans les délais prévus entraîne l'interdiction de se présenter à l'examen. () Les étudiants n'ayant pas obtenu les crédits nécessaires à la première session doivent se présenter à la deuxième session pour les matières non validées à chacun des deux semestres. () ". Aux termes de l'article 3.1.4 du même règlement : " Validation et 2ème session. En fonction du régime et du calendrier de ses semestres, chaque parcours doit organiser deux sessions d'examens afin que les étudiants n'ayant pas obtenu les crédits nécessaires à la 1ère session puissent se présenter à la 2ème session. La 2ème session concerne uniquement les matières ayant fait l'objet d'un examen terminal (épreuve ou dossier) ; sont exclues toutes les matières validées uniquement par le contrôle continu. "

9. Mme F soutient qu'elle n'a pas été convoquée à une deuxième session d'examen après son ajournement à la première session d'examen du 12 juillet 2022, en violation du règlement des études. Toutefois, Mme F ne s'est pas inscrite au cours ou à l'examen de management de projet, enseignement qu'elle n'a pas suivi, et elle ne s'est inscrite en A5 qu'après la fin de ce cours. Dans ces conditions, l'administration n'était pas tenue par le règlement de lui permettre de se présenter à une seconde session d'examen.

10. En sixième lieu, Mme F ne peut utilement faire valoir que le relevé de notes de la première session d'examen du 12 juillet 2022 ne lui a pas été notifié, dès lors que les résultats d'examen ne font pas l'objet d'une notification individuelle mais sont portés à la connaissance des étudiants par voie d'affichage. L'IEP produit des certificats signés par sa directrice selon lesquels cet affichage a été régulièrement effectué du 12 juillet 2022 au 30 septembre 2022 pour les résultats de la première session d'examen et du 13 octobre au 15 décembre 2022 pour ceux de la seconde. La circonstance que Mme F était alors en stage hors de Grenoble n'impliquait pas que ses résultats lui soient notifiés et elle n'allègue pas avoir vainement tenté de les connaître en contactant l'établissement.

11. En septième lieu, ainsi qu'il a été déjà exposé, Mme F a été suffisamment informée qu'elle devait suivre le cours de projet de management pour valider les crédits d'A5 et elle pouvait s'inscrire en A5 dès le 30 septembre 2021, alors qu'elle ne s'est inscrite que deux mois et demi plus tard, après la fin de ce cours. Si elle soutient qu'elle n'aurait pu être ajournée qu'à raison de sa défaillance au Label, la possibilité de recommencer cet enseignement lui a également été proposée par Mme D dans le courriel du 16 juillet 2021 auquel Mme F n'a pas donné suite. Elle n'est dès lors pas fondée à soutenir que son ajournement ne serait pas de son fait mais résulterait des difficultés concernant son inscription qui ne lui sont pas imputables et que ce motif de son ajournement serait ainsi entaché d'erreur de fait.

12. En huitième lieu, Mme F n'avait pas obtenu à la fin de l'année 2020-2021 les 60 crédits nécessaires à la validation de l'A5, en raison de la non validation du Label de l'UE Enseignements professionnels. Dès lors qu'elle n'a pas donné suite à la proposition de choisir de repasser le Label ou de suivre le cours de Project management, elle n'est pas fondée à soutenir que le motif de son ajournement tiré de ce qu'elle n'avait pas obtenu les crédits de ce cours est entaché d'erreur de droit, alors même qu'il s'agit d'une matière à choix de l'UE Enseignements professionnels.

13. En neuvième lieu, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle ne pouvait pas présenter de demande motivée de redoublement en l'absence de toute information sur son parcours, dès lors qu'il lui appartenait de vérifier elle-même ce qu'elle avait validé, étant précisé que l'IEP ne lui a jamais indiqué de façon erronée qu'elle aurait validé toutes les UE.

14. En dixième lieu, si l'IEP a autorisé dans un premier temps Mme F à suivre au cours de l'année 2020-2021 les UE d'A5 dans l'attente des résultats de l'A4 suivie à Constance, puis conservé pour l'année 2021-2022 les crédits de l'A5 obtenus, Mme F n'en a pas moins redoublé l'A4 dès lors qu'elle n'avait pas validé suffisamment de crédits à Constance au titre de l'année 2019-2020. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit précédemment, alors même qu'il appartenait à Mme F de faire elle-même le compte des crédits obtenus et des crédits manquants, l'administration lui a rappelé à plusieurs reprises qu'elle devait acquérir les crédits qui lui manquaient pour valider l'A5. Dans ces conditions, son ajournement à l'A5 sans possibilité d'un second redoublement n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

15. En onzième lieu, Mme F n'établit pas qu'elle a adressé son mémoire de fin d'étude à l'IEP le 30 septembre 2022. Toutefois, ni le règlement des études et des examens approuvé par le conseil d'administration de l'IEP le 6 juillet 2021, ni le tableau des modalités de contrôle des connaissances (MCC) du parcours 5ème année Gouvernance européenne produit pas l'IEP ne comportent de dispositions relatives à la date limite de remise du " master thesis " et il ressort des pièces du dossier que l'IEP ne donne pas une valeur impérative à la date limite pour rendre les mémoires de stage figurant dans les " consignes sur les mémoires de stage et sur les dossiers professionnels ". Dans ces conditions, le retard à produire son mémoire, s'il illustre le manque de diligence de Mme F, ne pouvait en lui-même fonder la décision d'ajournement. Toutefois, il résulte de l'instruction que même sans se fonder sur l'ajournement à l'UE portant sur le stage et le mémoire, l'IEP aurait pris la même décision d'ajournement sans redoublement en l'absence de validation du l'UE enseignements professionnels après un premier redoublement. Par suite, les conclusions de Mme F aux fins d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

16. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'IEP, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme F demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F et à l'Institut d'études politiques de Grenoble.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Bailleul, première conseillère,

Mme Permingeat, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2024.

Le président rapporteur,

T. Pfauwadel

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

C. Bailleul

Le greffier,

M. B

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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