mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2301234 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 2205022 du 11 août 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a enjoint au préfet de l'Isère de proposer à Mme B un hébergement d'urgence pour elle et sa famille dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 80 euros par jour de retard après l'expiration de ce délai.
Par une demande du 2 novembre 2022, Mme B, représentée par Me Huard a sollicité :
1°) l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) l'ouverture d'une procédure d'exécution ;
3°) la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 11 août 2022 à la somme de 6640 euros ;
4°) l'augmentation du montant de l'astreinte à 150 euros par jour de retard ;
5°) le versement à son conseil d'une somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par une ordonnance du 27 février 2023 le président du tribunal administratif de Grenoble a prescrit l'ouverture d'une procédure juridictionnelle pour l'exécution de l'ordonnance n° 2205022 du 11 octobre 2022.
Par un courrier du 11 avril 2023 le préfet de l'Isère a informé le tribunal que ses services n'ont pas pu orienter Mme B et sa famille vers un dispositif d'hébergement d'urgence car la famille refuse les hébergements en dehors de l'agglomération grenobloise.
Par un mémoire du 07 août 2023, Mme B, représentée par Me Huard a réitéré sa demande d'augmentation de l'astreinte et demandé la liquidation de celle-ci à 28 880 euros.
Elle soutient qu'elle n'a reçu aucune proposition d'hébergement.
Par un mémoire du 14 septembre 2023, le préfet de l'Isère expose qu'il proposé un hébergement à Mme B que celle-ci a refusé et qu'elle n'a pas formulé de nouvelle demande d'hébergement depuis le 21 février 2023.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 octobre 2023.
Vu l'arrêté par lequel le président du tribunal a désigné M. Thierry pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience le 18 septembre 2023.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, président-rapporteur
- et les observations de Me Huard, représentant Mme B.
L'instruction a été clôturée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
1. Mme B ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par la décision susvisée, il n'y plus lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la demande d'exécution de l'ordonnance n° 2205022 du 11 août 202 2. Aux termes de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. " ; l'article L. 911-1 du même code dispose : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. "
3. Par ordonnance n° 2205022 du 11 août 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a enjoint au préfet de l'Isère de proposer à Mme B un hébergement d'urgence pour elle et sa famille dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 80 euros par jour de retard après l'expiration de ce délai.
4. Le préfet de l'Isère expose que le service intégré d'accueil et d'orientation n'a pas pu orienter Mme B et sa famille sur un dispositif d'urgence car celles-ci refusent les hébergements en dehors de l'agglomération Grenobloise alors que les dispositifs de cette agglomération sont saturés et qu'il est impossible d'apporter une réponse immédiate aux demandes d'hébergement.
5. Mme B soutient que contrairement à ce qu'indique le préfet de l'Isère elle n'a reçue aucune proposition d'hébergement. Le préfet de l'Isère qui n'était pas présent à l'audience, n'a produit aucun élément de nature à établir, d'une part, qu'il a proposé un hébergement à Mme B et, d'autre part, que, le cas échéant, sa ou ses propositions ont été refusées par cette dernière.
6. Dans ces circonstances Mme B est fondée à soutenir que le préfet de l'Isère n'a pas exécuté l'ordonnance n° 2205022 du 11 août 2022.
7. Il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
8. Il n'est pas contredit que la situation de Mme B, considérée comme urgente par le juge des référés dans l'ordonnance n° 2205022 du 11 août 2022, n'a pas connu une évolution favorable.
9. Dans les circonstances de l'espèce, en l'absence de production de tout élément propre à établir l'exécution de l'ordonnance n° 2205022 du 11 août 2022, il y a lieu de fixer à nouveau au préfet un délai de huit jours pour proposer à Mme B et sa famille un hébergement d'urgence et sous astreinte de 80 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai. Il lui appartiendra, par tout moyen, de justifier auprès du tribunal des diligences accomplies.
Sur les conclusions à fin de liquidation de l'astreinte :
10. Le code de justice administrative dispose à son article L. 911-6 que " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts. " ; à son article L. 911-7 que " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée. " et à son article L. 911-8 que " La juridiction peut décider qu'une part de l'astreinte ne sera pas versée au requérant. / Cette part est affectée au budget de l'Etat. "
11. Il résulte de l'instruction que le préfet de l'Isère a accusé réception de l'ordonnance n° 2205022 du 11 août 2022 le 29 août suivant. Ainsi, l'astreinte prévue par ladite ordonnance a commencé à courir à compter du 6 septembre 2022. A la date de la présente ordonnance, le préfet de l'Isère a cumulé 379 jours de retards pour exécuter l'ordonnance du 11 août 2022.
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de liquider provisoirement l'astreinte prévue par l'article 2 de l'ordonnance n° 2205022 du 11 août 2022 à la somme de 9000 (neuf mille) euros qui sera intégralement versée à Mme B.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
13. Mme B ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat, Me Me Huard peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros qui seront versés à Me Huard.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire de Mme B.
Article 2 :Il est enjoint au préfet de l'Isère de proposer à Mme B un hébergement d'urgence pour elle et sa famille dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 80 euros par jour de retard après l'expiration de ce délai. Il devra justifier auprès du tribunal des diligences accomplies.
Article 3 :L'Etat est condamné à verser à la somme de 9000 (neuf mille) euros à Mme B au titre de la liquidation provisoire de l'astreinte prévue par l'article 2 de l'ordonnance n° 2205022 du 11 août 2022.
Article 4 : L'Etat versera, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 500 euros à Me Huard, avocat de Mme B.
Article 5 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 :Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble le 19 septembre 2023
Le magistrat désigné,
P. Thierry La greffière
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 23012342
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026