Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2301401
vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2301401 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 7 mars 2023, le préfet de la Haute-Savoie demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'arrêté du 8 septembre 2022 par lequel le maire de la commune des Gets n'a pas fait opposition à la déclaration préalable présentée N° 074 134 22 B 0015, présentée par la commune, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Il soutient que la décision :
- Méconnaît l'article R. 421-23 du code de l'urbanisme ;
- Méconnaît les articles L. 473-1 à L. 473-3 et R. 473-1 à R. 473-6 du code de l'urbanisme et R. 122-2 du code de l'environnement :
- Doit faire l'objet d'un examen dans le cadre d'un projet d'ensemble sur la commune des Gets et de Verchaix.
La requête a été communiquée à la commune des Gets qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 mars 2023 sous le numéro 2301400 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Jasserand, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes des communes sont régies par le 3e alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales () " selon lequel : " Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois () ".
2. Par un arrêté en date du 8 septembre 2022, le maire de la commune des Gets n'a pas fait opposition à la déclaration préalable présentée par la commune, tendant à la réalisation de terrassement et de nivellement sur la piste de ski " Violette " sur une surface de 12 500 m2 de surface de plancher et avec des exhaussements d'une hauteur maximale de 3 mètres.
3. Aux termes de l'article R. 473-1 du code de l'urbanisme : " La demande d'autorisation d'aménagement des pistes de ski alpin est présentée par le maître d'ouvrage. () Un arrêté des ministres chargés de l'urbanisme et du tourisme fixe le modèle de la demande d'autorisation d'aménagement des pistes de ski alpin. ". Aux termes de l'article R. 473-2 du même code : " La demande comporte un plan de situation du projet dans le domaine skiable, la délimitation sur le plan cadastral des travaux faisant l'objet de la demande et les références cadastrales des parcelles concernées. Elle indique l'identité des propriétaires apparents. Elle comprend une note descriptive des travaux envisagés indiquant leur nature, les aménagements complémentaires de remise en état ou de réhabilitation et leurs délais de réalisation. Cette note est accompagnée d'un plan d'exécution coté. Elle comporte l'étude d'impact définie à l'article R. 122-5 du code de l'environnement, lorsque celle-ci est requise en application des articles R. 122-2 et R. 122-3-1 du même code, qui précise les mesures de remise en état ou de réhabilitation mentionnées à l'alinéa précédent. (). ". Enfin, aux termes de l'article R. 122-2 du code de l'environnement : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. ". Il résulte du point 43 de ce tableau que les projets de réalisation de pistes de ski, d'une superficie inférieure à 2 hectares en site vierge ou d'une superficie de moins de 4 hectares hors site vierge, doivent être soumis, au cas par cas, à évaluation environnementale.
4. En application de ces dispositions, le projet qui prévoit une piste de 1.25 hectare, doit être soumis selon la procédure d'un examen au cas par cas ; l'autorité environnementale devant être saisie afin qu'elle se prononce sur la soumission du projet à évaluation en vertu de l'article R. 122-2 et suivants du code de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 473-1 à L. 473-3 et R. 473-1 à R. 473-6 du code de l'urbanisme et R. 122-2 du code de l'environnement invoqués par le préfet de la Haute-Savoie est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Aucun autre moyen n'est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Haute-Savoie est fondé à demander la suspension de l'arrêté du 8 septembre 2022 par lequel le maire de la commune des Gets n'a pas fait opposition à la déclaration préalable présentée par la commune.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 8 septembre 2022 par lequel le maire de la commune des Gets n'a pas fait opposition à la déclaration préalable présentée par la commune est suspendue.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Haute-Savoie et à la commune des Gets.
Fait à Grenoble, le 31 mars 2023.
Le juge des référés La greffière
D. A C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.