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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2301592

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2301592

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2301592
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 8
Avocat requérantSCP GIRARD MADOUX & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 mars 2023 et le 1er mars 2024, M. C B, représenté par Me Girard-Madoux, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le préfet de la Savoie n'a pas pris en compte le stage des 8 et 9 décembre 2021 qu'il a effectué pour la récupération de quatre points sur son permis de conduire et la décision de rejet implicite de son recours gracieux, née le 16 janvier 2023 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui créditer de quatre points son titre de conduite sans délai ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient :

- qu'il a suivi les 8 et 9 décembre 2021 un stage de récupération de points au sein d'un organisme dûment agréé par la préfecture de la Savoie : il s'agit de la société FFG exerçant sous l'enseigne Sécuroute ;

- en application de l'article R.223-8 II et III du code de la route, il a obtenu l'attestation de suivi de stage auprès de cet organisme agréé et l'a transmise au préfet qui devait créditer son titre de conduite de 4 points ; la décision de refus du préfet méconnaît les dispositions de l'article R .223-8 puisque les 8 et 9 décembre 2021 Sécuroute bénéficiait d'un agrément.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2023, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête n'est pas fondée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- l'arrêté du 26 juin 2012 fixant les conditions d'exploitation des établissements chargés d'organiser les stages de sensibilisation à la sécurité routière ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience :

- le rapport de Mme A,

- et les observations de Me Gaillard substituant Me Girard-Madoux, avocat de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B demande au tribunal l'annulation de la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le préfet de la Savoie n'a pas pris en compte le stage des 8 et 9 décembre 2021 qu'il a effectué pour la récupération de quatre points sur son permis de conduire et l'annulation de la décision de rejet implicite de son recours gracieux, née le 16 janvier 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 223-8 du code de la route : " I. - Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. II. - L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. III. - Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. () ". Il résulte des ces dispositions que le droit à récupération de points après le suivi d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière nécessite que l'organisme délivrant cette formation soit titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R.213-2 du code de la route.

En ce qui concerne l'organisme ayant délivré l'attestation de suivi du stage des 8 et 9 décembre 2021 :

3. Le requérant fait valoir qu'il a suivi un stage de récupération de points les 8 et 9 décembre 2021, au sein d'un organisme dûment agréé par la préfecture de la Savoie c'est-à-dire la société FFG exerçant sous l'enseigne Sécuroute qui bénéficiait de l'agrément requis par les textes. Toutefois, il ressort de l'attestation du stage en cause, datée à Chambéry du 9 décembre 2021, que l'organisme formateur et ses références sont : " FFG, 19 rue du musée 13001 Marseille, n° d'agrément préfectoral R 17 073 0002 0 et mail securoutesas@gmail.com ". En outre, il est produit en défense plusieurs documents relatifs aux contrôles effectués par l'administration préfectorale de la Savoie et mentionnant plusieurs anomalies sur les documents de l'organisme formateur mais aussi des obligations non respectées lors du stage des 8 et 9 décembre 2021. Enfin, après procédure contradictoire, par arrêté du 30 septembre 2022, le préfet de la Savoie constatant que l'établissement dénommé Securoute n'avait pas sollicité le renouvellement de son agrément dans les délais règlementaires, le lui a retiré.

En ce qui concerne la validité de l'attestation de stage délivrée à M. B :

4. Selon l'article 1 de l'arrêté du 26 juin 2012 fixant les conditions d'exploitation des établissements chargés d'organiser les stages de sensibilisation à la sécurité routière : " Les stages de sensibilisation à la sécurité routière mentionnés aux articles L. 223-6 et R. 223-5 du code de la route sont proposés, organisés et dispensés, à titre onéreux, par un établissement agréé par le préfet du département du lieu d'implantation de l'établissement, dans les conditions définies par le présent arrêté. / L'établissement est caractérisé par un exploitant, personne physique ou représentant légal d'une personne morale et des locaux d'activité. Les stages de sensibilisation à la sécurité routière sont placés sous la responsabilité de l'exploitant de l'établissement. ". L'annexe 5 de cet arrêté concerne les " obligations relatives à l'organisation des stages de sensibilisation à la sécurité routière " et précise : " Afin de garantir le respect de la réglementation, la qualité de la formation et les intérêts des stagiaires, l'exploitant de l'établissement ou les personnes désignées pour l'accueil et l'encadrement technique et administratif des stages doivent : () 3° Lors du stage : () - informer, par tout moyen approprié, le préfet, en cas d'absence de l'un des animateurs pour cas de force majeure et lui adresser un justificatif d'absence sous soixante-douze heures ; : - prendre les dispositions pour procéder, sans délai, au remplacement de l'animateur défaillant.() Pour chaque demi-journée, les stagiaires devront signer la feuille d'émargement conforme au modèle prévu à l'annexe 7 ; / En cas de non information ou de non production de justificatif, les attestations de stages de sensibilisation à la sécurité routière, mentionnées ci-après, peuvent ne pas être reconnues valides par le préfet et les stagiaires seront en droit de se retourner contre l'établissement.() "

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que par courrier du 13 janvier 2022, le préfet de la Savoie a informé l'exploitant ayant la responsabilité du stage des 8 et 9 décembre 2021, que des irrégularités ont été constatées lors du contrôle de ce stage par l'administration, notamment le défaut d'émargement des stagiaires et d'un animateur. Par courrier du 17 février 2022, le préfet de la Savoie n'ayant pas eu d'explications à ces manquements, informait l'exploitant qu'une suspension d'agrément était envisagée. Par arrêté du 30 septembre 2022, le préfet de la Savoie a procédé au retrait de l'agrément de l'établissement dénommé Securoute. Dans ces conditions, le préfet de la Savoie a pu légalement ne pas reconnaître la validité de l'attestation de stage délivrée à M. B pour la session des 8 et 9 décembre 2021.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le préfet de Savoie n'a pas pris en compte le stage des 8 et 9 décembre 2021 effectué par le requérant et la décision de rejet implicite de son recours gracieux née le 16 janvier 2023, sont rejetées.

Sur les autres conclusions :

7. Les conclusions accessoires à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions principales tendant à l'annulation des décisions en litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.

La magistrate désignée,

D. ALa greffière,

J. Bonino

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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