LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2301653

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2301653

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2301653
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCABINET GUITTON-DADON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mars 2023 et des mémoires du 3 août 2023, du 26 octobre 2023, du 16 janvier 2024 et du 22 février 2024, M. C A et Mme B A, représentés par Me Dadon, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2022 par lequel le maire de la commune de Samoëns a délivré un permis de construire à la SASU M2C Immo, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2023 par lequel le maire de la commune de Samoëns a délivré un permis de construire modificatif à la SASU M2C Immo ;

3°) de mettre à la charge solidairement de la commune de Samoëns et de la SASU M2C Immo une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

S'agissant du permis de construire initial :

- le dossier de permis de construire est incomplet, en ce qui concerne la mention de la puissance électrique nécessaire au projet, le plan de toitures, le degré de pente régi par l'article Uc 3, de la voie de raccordement à la route du Villard, le pourcentage d'espaces verts par rapport aux espaces non bâtis prévu à l'article Uc 13 du règlement du PLU de Samoëns ;

- le projet méconnaît la vocation de la zone UC dans laquelle il s'implante ;

- il méconnaît l'article Uc3 du règlement du PLU et les prescriptions relatives au ordures ménagères ;

- il méconnaît l'article Uc4 du règlement du PLU relatif au traitement des eaux pluviales ;

- il méconnait les dispositions de l'article Uc7 du règlement du PLU au regard des règles de retrait par rapport aux limites séparatives s'agissant de l'abri de voiture et des terrasses ;

- il méconnait les dispositions de l'article Uc 9 du règlement du PLU au regard de l'absence de mention de l'emprise au sol ne permettant pas de vérifier le respect du coefficient d'emprise au sol ;

- il méconnait les dispositions de l'article Uc 11 du règlement du PLU et des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait les dispositions de l'article Uc 12 du règlement du PLU ;

- il méconnait les dispositions de l'article Uc 13 du règlement du PLU quant au traitement en espace vert des espaces non bâtis ;

- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et le plan de prévention des risques naturels du fait du risque d'instabilité de terrain ;

- il méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 122-9 du code de l'urbanisme.

Sur les vices propres au permis de construire modificatif n° 1 :

- il méconnaît le plan de prévention des risques naturels dès lors que l'attestation d'étude est intervenue avant modification du projet ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en raison de l'insuffisance de la gestion des eaux pluviales ;

- le dossier du permis de construire modificatif devait comporter l'étude prescrite par le règlement du PPRN.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 juin 2023, le 29 septembre 2023, le 2 janvier 2024, le 8 février 2024 et le 13 mars 2024, la SASU M2C Immo, représentée par Me Martin, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et demande qu'une somme de 4 000 euros soit également mise à la charge des époux A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Barriol,

- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,

- et les observations de Mathevon, représentant M. et Mme A et E, représentant la SASU M2C Immo.

Considérant ce qui suit :

1. Le 29 juillet 2022, la société M2C Immo a déposé une demande de permis de construire pour édifier un bâtiment à usage d'habitation comprenant 6 logements et comportant la démolition d'un chalet, sur la parcelle cadastrée section 0F n°4709 sis 399, route du Villard classée en zone Uc par le règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Samoëns. Le 24 octobre 2022, le maire de la commune de Samoëns a délivré le permis de construire sollicité. Par un courrier du 7 février 2023, la commune de Samoens a rejeté le recours gracieux de M. et Mme A. Un permis de construire modificatif, également attaqué, a été délivré par arrêté du 13 décembre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la complétude du dossier :

2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

3. Si le dossier de permis de construire ne mentionne pas la puissance électrique nécessaire au projet en litige, le service instructeur a été informé de la puissance électrique nécessaire par le biais de l'avis d'Enedis du 5 septembre 2022 qui a donné son accord pour une puissance de 69 kVa. Par suite, l'insuffisance du dossier sur ce point n'a pas été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur.

4. Le plan de masse coté en trois dimensions du dossier de permis de construire modificatif comprend l'ensemble des pentes de toitures et le service instructeur a pu apprécier la conformité du projet par rapport aux distances d'implantation par rapport à la voie publique et aux limites séparatives grâce aux plans de coupe et plans de façades.

5. Le plan des stationnements et voirie du dossier de permis de construire modificatif comprend une coupe de la rampe d'accès indiquant que le degré de pente de la voie de raccordement à la route du Villard est de 3,73% soit un pourcentage inférieur à la limite maximale de 5 % fixée par l'article Uc 3 du règlement du plan local d'urbanisme.

6. Le plan des espaces verts mentionne également le pourcentage de 51,03% de la surface des espaces non bâtis traités en espaces verts, supérieur au pourcentage minimal de 50% fixé par le même article Uc 13 du plan local d'urbanisme. En outre, un géomètre-expert a attesté le 24 octobre 2023 du respect par le projet de la règle de l'article Uc 13.

7. Enfin, le dossier notamment la notice et l'étude géotechnique comporte une information sur la gestion des eaux pluviales.

8. Dans ces conditions le dossier n'apparaît pas insuffisant au regard des exigences des articles R. 431-5 et R. 431-10 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne la vocation de la zone :

9. Les époux A font valoir que le projet n'est pas conforme à la vocation de la zone UC qui est définie comme " une zone d'urbanisation de faible densité " par le règlement graphique qui a vocation selon eux à accueillir des petits projets sur des grandes parcelles. Toutefois, cette description de la zone UC n'est pas opposable en tant que telles aux autorisations d'urbanisme et ne sauraient ajouter aux articles 1 et 2 du règlement relatif aux zones UC, lesquels, n'interdisent pas la construction d'un immeuble collectif. Le moyen tiré de la non-conformité du projet à la vocation de la zone est inopérant.

En ce qui concerne le local et le ramassage des ordures ménagères :

10. Le service des déchets de la communauté de communes des Montagnes du Giffre, dont la commune de Samoëns est membre, a donné un avis favorable au projet le 12 août 2022, et a indiqué que le local devait comporter 2 bacs de 770 litres. Il ressort du plan du local poubelles du dossier de permis de construire modificatif que la surface dédiée aux poubelles est de 4,13 m2 soit une surface supérieure au 3,92 m2 préconisée par la CCMG et est destinée à recevoir deux bacs roulants de 770 litres. D'autre part, l'espace de collecte est positionné à l'entrée du ténement au droit de la route du Villard de sorte que l'accessibilité pour le ramassage des ordures ménagères est garantie. Dès lors, le moyen tiré de ce que les dimensions de l'espace poubelle sont insuffisantes et que l'accessibilité pour le ramassage des ordures ménagères n'est pas garantie doit être écarté.

En ce qui concerne les eaux pluviales :

11. Aux termes de l'article Uc 4 du règlement du PLU de la commune de Samoëns relatif aux modalités de gestion des eaux pluviales, " A défaut de réseau public (), les opérations devront présenter un dispositif individuel d'évacuation adapté aux aménagements projeté qui ne se rejette pas dans les dispositifs d'assainissement, y compris dans les fossés des routes départementales, des voies communales et des voies ouvertes à la circulation ".

12. En premier lieu, la demande de permis de construire modificatif de la SASU M2C Immo a fait l'objet d'un avis favorable du syndicat intercommunal des Montagnes du Giffre, dont la commune de Samoëns est membre, et qui mentionne, au titre de la gestion des eaux pluviales, " prévoir une rétention infiltration des eaux pluviales à l'échelle de la parcelle : 5 puits d'infiltration des eaux pluviales de 2,5 m de côté par 2,8 m de hauteur utile), au regard de l'étude géo-pédologique BETECH 2021-146-GTB indice C du 22 août 2022, permettant de confirmer les capacités suffisantes du sol à l'infiltration ". Ce dernier rapport, déjà produit à l'appui de la demande de permis de construire initial en pièce complémentaire le 25 août 2022, mentionne qu'il sera nécessaire de réaliser cinq puits d'infiltration des eaux pluviales - et non 6, de 2,5 m de côté par 2,8 m de hauteur utile. Il ressort également des plans de la demande de permis de construire modificatif, tamponnés par la commune de Samoëns, que le projet prévoit 5 puits d'infiltration des eaux pluviales.

13. En deuxième lieu, il ressort également de cette même étude que le coefficient de ruissellement des toitures/terrasses a été pris en compte dans la mise en place du dispositif d'évacuation des eaux pluviales. En outre, il ressort des plans de façades et du plan de masse que des gouttières sont présentes pour permettre la gestion des eaux pluviales qui sont reliées aux puits perdus.

14. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que les toitures des abris voitures comportent des cheneaux pour l'évacuation des eaux pluviales et le plan de masse mentionne le tracé vers les puits perdus.

15. En quatrième lieu, le plan des stationnements et voirie du dossier de permis de construire modificatif comprend une coupe de la rampe d'accès indiquant que le degré de pente de la voie de raccordement à la route du Villard est de 3,73%.

16. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que les modifications apportées au projet notamment à l'abri ordures ménagères ainsi qu'aux abris voitures ont nécessairement modifié le traitement de gestion des eaux pluviales et qu'un nouvel avis était nécessaire. Or, alors que les allégations des requérants ne sont pas établies, le bureau d'étude Betech SARL a formulé une nouvelle attestation le 8 février 2024 dont les services instructeurs ont eu connaissance dès lors qu'un nouveau permis modificatif n° 2 a été délivré le 20 mars 2024 au vu de cette pièce.

17. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dans toutes ses branches.

En ce qui concerne le respect des limites séparatives :

18. Aux termes de l'article Uc 7 du règlement du PLU : " Les constructions doivent s'implanter en retrait de 4 m minimum par rapport aux limites séparatives (). / Les constructions annexes non habitables peuvent être édifiées jusqu'en limite des propriétés privées voisines à condition que leur hauteur en limite n'excède pas 4 m au faîtage par rapport au terrain naturel et que la longueur cumulée de leurs façades bordant les propriétés voisines ne dépasse pas 14 m, et qu'aucune façade de dépasse 8 m./ Les débordements de toitures et les balcons jusqu'à 1,50 m ne seront pas pris en compte pour l'application de ces règles. ".

19. D'une part, les plans de la demande de permis de construire modificatif, tamponnés par la commune de Samoëns, mentionnent l'existence de deux abris voitures, qui peuvent être qualifiés de construction annexe non habitable au sens de l'article Uc 7 du règlement de la commune, implantés en limite de propriété voisine et qui mesurent respectivement 5,18 mètres de long et 7,68 mètres de long, soit en dessous de la limite individuelle de 8 mètres et de la limite cumulée de 14 mètres. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

20. D'autre part, il ressort du plan des espaces verts du dossier de permis de construire modificatif qu'aucune terrasse dallée n'est prévue à moins de 4 mètres des limites séparatives.

21. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 7 du règlement du PLU doit être écarté.

En ce qui concerne le respect du coefficient d'emprise au sol :

22. Aux termes de l'article Uc 9 du règlement du PLU de la commune de Samoëns, " le coefficient d'emprise au sol est limité à 0,35 ".

23. Il ressort du plan des emprises au sol du dossier de permis de construire modificatif que le coefficient d'emprise au sol est de 30,67 % ce qui est inférieure à limite supérieure de 0,35 soit 35% prévue à l'article UC 9 du plan local d'urbanisme. Le respect de cette règle est attestée le 24 octobre 2023 par le géomètre-expert. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne les places de stationnement :

24. L'article Uc 12 du règlement du PLU prévoit " 2 places de stationnement par logement, dont au moins une couverte. () Les dimensions minimales des places de stationnement sont de 2m50*5m + m de recul ".

25. Il ressort du plan des stationnements et voirie que le projet qui comporte 6 logements prévoit 12 places de stationnement dont 6 couvertes. Par ailleurs, il ressort tant de ce même plan que du plan du rez-de-chaussée que la marge de recul de 6 mètres est respectée. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 12 du règlement doit être écarté.

En ce qui concerne les espaces verts :

26. L'article Uc13 du règlement prévoit qu'un minimum de 50% de la surface des espaces non bâtis devra être traité en espaces verts. En l'espèce, il ressort du plan des espaces verts que le coefficient des surfaces non bâties traitées en espaces verts est de 51,03%. En outre, le géomètre-expert a attesté le 24 octobre 2023 que la surface d'espaces verts du projet est de 474 m2 soit une surface supérieure au 465 m2 d'espaces verts requis par la totalité des surfaces non bâties de 929 m2. Enfin, la circonstance que 15 arbres devront être abattus n'est pas de nature à établir une méconnaissance de l'article Uc 13 du règlement. Le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'intégration du projet dans son environnement :

27. Aux termes de l'article Uc 11 relatif à l'aspect extérieur : " Dispositions générales : En aucun cas, les constructions, installations et divers modes d'utilisation du sol ne doivent, par leurs dimensions, leur situation ou leur aspect extérieur porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains. () / Dispositions particulières : Les constructions par leur composition et leur accès doivent s'adapter au terrain naturel sans modification importante des pentes de celui-ci () "

28. Dès lors que le PLU règlemente par son article 11 UC l'aspect extérieur de la construction dont les dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres, la légalité du permis de construire attaqué doit être appréciée par rapport aux seules dispositions du règlement.

29. Le projet s'implante dans le secteur du Villard où l'urbanisation est effectivement aérée le long de la route. Toutefois, les constructions n'ont pas d'homogénéité entre elles. Si le projet est effectivement d'un gabarit supérieur à la majorité des maisons environnantes, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des photographies versées qu'il porte atteinte par sa hauteur, son volume, son architecture ou ses matériaux au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants ainsi qu'aux paysages naturels ou urbains. La circonstance que le chalet détruit avait une surface de plancher nettement inférieure au projet tout comme le chalet des requérants à proximité immédiate n'est pas de nature à établir à elle seule une quelconque illégalité. En outre, l'arrêté prévoit comme prescription que la nuance des teintes des matériaux de façades et de toiture sera déterminée en accord avec la commune sur échantillon, avant réalisation. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la construction projetée ne s'adapterait pas au profil du terrain naturel ni que les mouvements de terres induits par le projet ne seraient pas limités à ce qui est strictement nécessaire, techniquement, à l'implantation de la construction. Par suite, et alors même que le projet nécessite l'abattage d'arbres, le maire n'a pas commis d'erreur d'appréciation sur le fondement de l'article UB 11 du règlement local d'urbanisme en délivrant le permis de construire contesté.

En ce qui concerne les risques :

30. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

31. D'une part, il ressort de l'attestation du bureau d'étude BETECH SARL du 8 février 2024 contenu dans le dossier de permis de construire n° 2 délivré le 20 mars 2024 que l'opération projetée est adaptée au contexte géologique, que l'opération projetée n'aggrave pas les risques et que l'opération ne provoque pas de nouveaux risques.

32. D'autre part, le projet est desservi par la route du Villard d'une largeur variable de 4 à 5 mètres avec une pente d'environ 9%. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de six logements engendrera un trafic supplémentaire sur cette voie rectiligne à double sens tel qu'il sera de nature à créer un risque particulier alors que la vitesse y est nécessairement limitée. En outre, l'accès préexistant offre une visibilité très bonne et ne présente aucun danger particulier et les voitures pourront attendre momentanément sur le terrain d'assiette du projet avant de s'engager sur la voie si nécessaire. Enfin, la circonstance que cette route soit empruntée par des engins agricoles ne saurait établir un quelconque risque de nature à refuser le permis de construire contesté.

33. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté dans toutes ces branches.

En ce qui concerne le respect de la loi montagne :

34. Aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées ".

35. En l'espèce, tant la construction principale que les annexes projetées sont réalisées en continuité de l'urbanisation et d'habitations existantes, notamment celle des requérants. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la préservation du patrimoine naturel et culturel montagnard :

36. L'article L. 122-9 du code de l'urbanisme dispose que : " Les documents et décisions relatifs à l'occupation des sols comportent les dispositions propres à préserver les espaces, paysages et milieux caractéristiques du patrimoine naturel et culturel montagnard ".

37. Le projet prévoit la construction d'un seul chalet en R+1+C pour une hauteur maximale de 9 mètres sur un tènement qui accueillait déjà une construction. Si le projet prévoit la suppression d'arbres, la notice indique que des arbres et arbustes seront plantés pour pallier ceux enlevés et que le talus au Nord de la parcelle et sa végétation seront conservés au maximum. Ainsi, ce projet ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 122-9 relatives à la préservation des paysages et milieux montagnards

En ce qui concerne les vices propres au permis de construire modificatif n° 1 :

38. Les requérants soutiennent que le permis de construire modificatif n° 1 du 13 décembre 2023 ne respecte pas l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le PPRN a été approuvé et que le projet ne respecte pas le règlement de la zone D du PPRN. Toutefois, le règlement D prévoit qu'une étude géotechnique doit être faite pour s'assurer des conditions d'infiltration des eaux pluviales, la garantie que les rejets n'aggraveront pas le phénomène d'instabilité de terrain et la garantie que ces rejets n'aggraveront pas la saturation des terrains concernés par des remontées de nappes, y compris vis-à-vis des fonds voisins. Or, le projet a fait l'objet d'une étude Betech SARL dont le responsable atteste que le projet est adapté au contexte géologique, que l'opération n'aggrave pas les risques et n'en provoque pas de nouveaux. Si les requérants contestent cette étude, ils n'apportent aucun élément pour la remettre en cause. En outre, si le projet initial a quelque peu évolué notamment pour les abris de voiture et le local poubelle, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces modifications mineures auraient rendues caduque cette étude. Enfin, le bureau d'étude a établi une nouvelle attestation le 8 février 2024 dont il n'est pas établi les raisons pour laquelle elle ne répondrait pas aux exigences du PPRN et un nouveau permis de construire modificatif n° 2 a été délivré le 20 mars 2024 ayant pour seul objet de verser cette attestation d'étude. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, de la méconnaissance du PPRN et du dossier incomplet à défaut d'avoir produit l'étude doivent être écartés.

39. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des époux A tendant à l'annulation du permis de construire du 24 octobre 2022 et du permis de construire modificatif n° 1 du 13 décembre 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles dirigées contre la décision de rejet de leur recours gracieux.

Sur les frais d'instance :

40. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer de condamnation au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 :Les conclusions de la SASU M2C Immo tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et B A, à la SASU M2C Immo et à la commune de Samoëns.

Délibéré après l'audience du 10 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- M. M. Sauveplane, président,

- Mme Letellier, première conseillère,

- Mme Barriol, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.

La rapporteure,

E. Barriol

Le président,

M. Sauveplane La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions