mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2301658 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL HEINRICH AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mars 2023, la société CT invest, représentée par Me Ekinci, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 5 octobre 2022 ;
2°) d'enjoindre au Maire de la commune de Pont-de-Chéruy de reprendre l'instruction de la demande d'autorisation de travaux de la société CT invest et de délivrer une décision dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
3°) de condamner la commune de Pont-de-Chéruy au versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'arrêté est porteur de conséquences économiques, financières et sociales irrémédiables pour la société et menace son activité ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence, le signataire n'étant pas le maire ;
- elle se base sur un avis irrégulier de la commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit car fondée sur les articles R.143-7du code de la construction et de l'habitation et PE11 du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements relevant du public approuvé par arrêté du 25 juin 1980, lesquels textes sont inapplicables à la situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir, l'intention réelle de la commune étant d'empêcher l'installation d'un nouveau restaurant rapide, tel que cela a été oralement indiqué au gérant de la société.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 mars 2023 et le 4 avril 2023, la commune de Pont-de-Chéruy, représenté par selarl Heinrich avocats conclut au rejet de la requête et à la condamnation de société CT invest à lui verser une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
la commune de Pont-de-Chéruy fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, la société requérante s'étant elle-même placée dans la situation invoquée ;
- les moyens ne sont pas fondés ;
- si toutefois l'erreur de droit ou l'erreur manifeste d'appréciation devait être accueilli, il serait nécessaire de procéder à une substitution de base légale ou de motif car le plan d'évacuation n'est pas conforme aux exigences de l'article GN 8 du règlement de sécurité.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2301309 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;
- l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public (ERP) ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Au cours de l'audience publique du 5 avril 2023 à 15 heures, ont été entendues les observations de Me Ekinci pour la société CT invest et de Me Rochat pour la commune de Pont-de-Chéruy.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de suspension d'exécution :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
3. La société CT invest justifie, pour établir l'urgence à ce que soit prononcée la suspension de la décision, d'un manque à gagner par rapport à ses projections budgétaires initiales dû à la décision attaquée. Si la commune, pour contester cette situation d'urgence, avance que la requérante a sous-estimé les délais d'instruction, a omis d'inclure des conditions suspensives dans la promesse de bail commercial et a tardé à déposer la demande initiale d'autorisation de travaux puis la présente requête en référé, aucun de ces éléments n'est suffisant pour établir qu'à la date du jugement, la requérante se soit elle-même placée dans la situation d'urgence invoquée. Dès lors, l'absence de recettes d'activité de la société requérante à la date de la présente ordonnance préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision attaquée soit suspendue.
4. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, du fait d'une délégation de signature n'incluant pas les mesures de police des établissements recevant du public, de l'erreur de droit, du fait de l'application erronée des articles R. 143-7 du code de la construction et de l'habitation et PE11 du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public approuvé par arrêté du 25 juin 1980 à un établissement de cinquième catégorie recevant moins de 20 personnes sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. La demande de substitution de motif ne peut être accueillie, l'article GN8 du même règlement n'étant pas davantage applicable. Ainsi, les deux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies.
5. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision l'arrêté du 5 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusion en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure, assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution " ;
7. La présente décision implique nécessairement que la situation de la société requérante soit réexaminée. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre à la commune de procéder à ce réexamen dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de procès :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions de la commune de Pont-de-Chéruy dirigées contre la société CT invest qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Pont-de-Chéruy une somme de 1 000 euros à verser à la société CT invest en application de ces dispositions.
O R D O N N E
Article 1er :L'exécution de l'arrêté du 5 octobre 2022 est suspendue.
Article 2 :La commune de Pont-de-Chéruy versera à la société CT invest une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Il est enjoint à la commune de Pont-de-Cheruy de réexaminer la situation de la société CT invest dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 :La présente ordonnance sera notifiée à la société CT invest et à la commune de Pont-de-Chéruy.
Fait à Grenoble, le 11 avril 2023
Le juge des référés,
C. Sogno
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301658
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026