mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2301846 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 1 |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu les procédures suivantes :
I / Par une requête enregistrée le 22 mars 2023, sous le n° 2301846, Mme A B, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2023 par lequel le préfet de l'Isère lui refuse un titre de séjour, lui fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixe le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête a été déposée dans le délai de recours contentieux ;
- le refus de séjour et la décision d'éloignement sont insuffisamment motivés ;
- l'arrêté attaqué n'a pas été précédé un examen réel de sa situation personnelle ;
- ayant obtenu le statut de réfugié en Grèce, elle ne pouvait pas faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en vertu des dispositions de la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- la décision d'éloignement a été prise en violation de son droit d'être entendue ;
- elle méconnaît les articles 3 et 4 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 33 de la convention de Genève et le principe de non-refoulement ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il a pris un arrêté le 26 avril 2023 annulant et remplaçant l'article 3 de l'arrêté attaqué pour désigner comme pays de renvoi la Grèce et exclure la République Démocratique du Congo ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II / Par une requête enregistrée le 22 mars 2023, sous le n° 2301849, M. D C, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2023 par lequel le préfet de l'Isère lui refuse un titre de séjour, lui fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixe le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête a été déposée dans le délai de recours contentieux ;
- le refus de séjour et la décision d'éloignement sont insuffisamment motivés ;
- l'arrêté attaqué n'a pas été précédé un examen réel de sa situation personnelle ;
- ayant obtenu le statut de réfugié en Grèce, il ne pouvait pas faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en vertu des dispositions de la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- la décision d'éloignement a été prise en violation de son droit d'être entendu ;
- elle méconnaît les articles 3 et 4 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 33 de la convention de Genève et le principe de non-refoulement ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il a pris un arrêté le 26 avril 2023 annulant et remplaçant l'article 3 de l'arrêté attaqué pour désigner comme pays de renvoi la Grèce et exclure la République Démocratique du Congo ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. L'Hôte, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- et les observations de Me Huard, représentant Mme B et M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2301846 et n° 2301849 concernent un couple d'étrangers, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme B et M. C, ressortissants congolais nés respectivement en 1995 et en 1990, déclarent être entrés sur le territoire français le 2 janvier 2020. Par des décisions du 9 juin 2022, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté leurs demandes d'asile. Par les deux arrêtés attaqués du 3 mars 2023, le préfet de l'Isère leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les demandes d'aide juridictionnelle provisoire :
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes de Mme B et M. C, il y a lieu de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les demandes d'annulation des arrêtés du 3 mars 2023 en tant qu'ils portent refus de séjour :
4. Les arrêtés attaqués ne comportent aucune décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, Mme B et M. C ne sont pas recevables à contester ces arrêtés en tant qu'ils porteraient refus de séjour.
Sur les demandes d'annulation des arrêtés du 3 mars 2023 en tant qu'ils portent obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, les arrêtés attaqués énoncent, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait sur lesquelles reposent les décisions d'éloignement. Le préfet de l'Isère n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation des requérants, mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé. Dès lors, les moyens tirés de l'insuffisante motivation des obligations de quitter le territoire français doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le préfet de l'Isère se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation des requérants, telle qu'elle a été portée à sa connaissance par les intéressés. Si le préfet ne mentionne pas dans ses arrêtés que Mme B et M. C ont obtenu le statut de réfugié en Grèce, il n'est pas établi que les requérants en avaient fait état lors de leur demande d'asile ni qu'ils en avaient informé le préfet ultérieurement.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de l'article L. 431-2 du même code : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. / Les conditions d'application du présent article sont précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article D. 431-7 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 431-2, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 425-9, ce délai est porté à trois mois ".
8. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
9. Lorsqu'un étranger présente une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, il est informé par l'autorité administrative, en application des dispositions précitées de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la possibilité qui lui est ouverte de solliciter son admission au séjour à un autre titre et des conséquences de l'absence de demande sur un autre fondement, au nombre desquelles figure, en application de l'article L. 611-1 du même code, l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français. Il suit de là qu'en sollicitant leur admission au titre de l'asile, les requérants, qui ne soutiennent pas que le préfet aurait manqué à son obligation d'information, ne pouvaient ignorer, du fait même de l'accomplissement de cette démarche qui tendait à leur maintien en France, qu'en cas de refus ils pouvaient faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Ils ont eu tout loisir, au cours de l'instruction de leurs demandes d'asile, de faire valoir auprès du préfet de l'Isère les arguments susceptibles de faire échec à une éventuelle mesure d'éloignement. En outre, il ressort des pièces du dossier que Mme B et M. C n'ont pas sollicité la délivrance d'une carte de séjour avant l'expiration du délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article D. 431-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, ils ne justifient pas d'éléments qu'ils auraient tenté de porter à la connaissance du préfet et qui auraient pu avoir une incidence sur le sens de la décision attaquée. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu doivent être écartés.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de l'article L. 621-1 du même code : " Par dérogation () à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 (), l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. () ".
11. Il ressort de ces dispositions que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre État ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application des articles L. 621-2 à L. 621-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'État membre de l'Union Européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement de l'article L. 621-1, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1.
12. En l'espèce, il est constant que Mme B et M. C ont obtenu le statut de réfugié en Grèce le 17 août 2017. Toutefois, comme il a été dit au point 2, leurs demandes d'asile ont été rejetées définitivement par la Cour nationale du droit d'asile le 9 juin 2022 et ils ne bénéficiaient plus du droit de se maintenir en France. Par suite, ils étaient au nombre des étrangers pouvant faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les motifs énoncés au point précédent, la circonstance qu'un autre Etat de l'Union européenne leur ait accordé le statut de réfugié ne faisait pas obstacle à ce que le préfet de l'Isère prenne à leur encontre une telle décision d'éloignement. Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des règles applicables aux étrangers demandeurs d'asile, dès lors qu'ils n'étaient pas dans cette situation à la date des arrêtés attaqués. Ils ne peuvent davantage invoquer utilement les dispositions de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 qui ont été transposées en droit interne, sans qu'il soit allégué que cette transposition serait incomplète ou erronée. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'ils ne pouvaient faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
13. En cinquième lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire français n'ont ni pour objet ni pour effet de renvoyer les requérants dans leur pays d'origine. Par suite les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 4 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont inopérants. Pour le même motif, les moyens tirés de ce que le préfet de l'Isère aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des risques qu'ils encourraient en cas de retour au Congo ou en Grèce, doivent être écartés.
14. En sixième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
15. Les décisions contestées n'ont pas pour effet de séparer les requérants de leurs enfants mineurs. Les trois ainés, âgés de 9 ans, 7 ans et 6 ans, ne résident en France que depuis janvier 2020 et il n'est pas établi qu'ils ne puissent poursuivre leur scolarité hors de France. Si le quatrième enfant est né sur le territoire français, il était âgé d'environ deux ans et demi à la date des arrêtés contestés. Dès lors, le préfet de l'Isère n'a pas méconnu les stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en faisant obligation aux requérants de quitter le territoire français.
16. Il résulte de ce qui précède que Mme B et M. C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 3 mars 2023 en tant qu'ils leur font obligation de quitter le territoire français.
Sur les demandes d'annulation des arrêtés du 3 mars 2023 en tant qu'ils fixent le pays de renvoi :
17. Il ressort des pièces du dossier que, par deux arrêtés du 26 avril 2023, le préfet de l'Isère a retiré et remplacé les articles 3 des arrêtés attaqués pour fixer comme pays de renvoi des mesures d'éloignement la Grèce et exclure le Congo. Par suite, les conclusions dirigées contre les arrêtés du 3 mars 2023 en tant qu'ils fixent le Congo comme pays de destination sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les demandes d'injonction :
18. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'injonction.
Sur les frais d'instance :
19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une quelconque somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B et M. C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions des requêtes tendant à l'annulation des décisions fixant le pays de renvoi.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à M. D C, à Me Huard et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe 9 mai 2023.
Le magistrat désigné,
V. L'HÔTE
La greffière,
V. JOLY
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2301849
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026