lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2301989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2023, M. B, représenté par Me Lantheaume, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de l'Isère a implicitement rejeté la demande de titre de séjour qu'il a présentée le 6 octobre 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans le délai de trente jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros, avec intérêt au taux légal à compter de la date de réception par le préfet de sa demande préalable, en réparation de l'ensemble de ses préjudices, avec capitalisation des intérêts ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil.
M. B soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L.423-1 et L.423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L.423-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité de cette décision est constitutive d'une faute qui lui a causé un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2023, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en annulation et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'il a accordé à l'intéressé le titre de séjour sollicité.
Par un mémoire enregistré le 6 septembre 2023, M. B déclare maintenir sa requête.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 22 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sauveplane, président ;
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité tunisienne, né en 1993, déclare être entré en France en octobre 2017 sous couvert d'un titre de séjour italien. Par un arrêté du 6 janvier 2020, le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. B a sollicité, par courriel du 13 mai 2022, par l'intermédiaire de son conseil, un rendez-vous auprès de la préfecture de l'Isère en vue de déposer sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Par une ordonnance du tribunal administratif n°2204580 en date du 3 août 2022, il a été enjoint au préfet de l'Isère d'enregistrer cette demande. Convoqué en préfecture le 6 octobre 2022, M. B a déposé sa demande et été mis en possession d'un récépissé l'autorisant à travailler. En l'absence de décision intervenue dans un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet, dont M. B demande l'annulation, est née le 6 février 2022.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction du recours, le 7 avril 2023, le préfet de l'Isère a délivré à M. B une carte de séjour valable du 22 mars 2023 au 21 mars 2024. Ainsi, les conclusions de la requête de M. B aux fins d'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de titre de séjour et d'injonction sont devenues sans objet.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. M. B, qui a présenté au préfet de l'Isère une demande à fin d'indemnisation réceptionnée le 23 février 2023, soutient que l'illégalité du refus implicite de sa demande de titre de séjour et l'absence durable de réponse à sa demande ont engendré pour lui un préjudice moral et des troubles de toute nature dans ses conditions d'existence.
4. En l'espèce, alors qu'il n'est pas contesté que le requérant remplissait les conditions d'octroi du titre de séjour demandé et compte tenu du délai de onze mois qui s'est écoulé entre la demande de titre de séjour et la délivrance de celui-ci, M. B est fondé à soutenir que l'illégalité du refus et le retard d'instruction de sa demande sont constitutifs d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence résultant de la précarité de la situation administrative dans laquelle a été maintenu M. B, en lui allouant une somme totale de 1 000 euros tous intérêts confondus.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Lantheaume, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Lantheaume de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et à fin d'injonction de la requête de M. B.
Article 2 :L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros en réparation de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, tous intérêts confondus.
Article 3 :L'État versera la somme de 1 200 euros à Me Lantheaume, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Lantheaume renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Lantheaume et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 9 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauveplane, président rapporteur,
Mme Letellier, première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 203
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. Letellier
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026