vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302008 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 mars 2023 et 21 avril 2023, M. B A, représenté par Me Blanc, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a assorti sa décision d'une interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
-la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de circulation sur le territoire est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 mai 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen soulevé n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Heintz, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant italien né en 1981, a été interpelé le 27 mars 2023 pour conduite sans permis de conduire en récidive et refus d'obtempérer. Le 28 mars 2023, le préfet de la Haute-Savoie a pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux citoyens de l'Union européenne : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / () ". Il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
4. Pour justifier la mesure d'éloignement litigieuse, le préfet de la Haute-Savoie a relevé que M. A est défavorablement connu des services de sécurité pour des faits de conduite sans permis en février et mars 2022 et qu'il a été interpellé et placé en garde à vue le 28 mars 2023 pour des faits de récidive de conduite sans permis et refus d'obtempérer. Il ressort également des pièces du dossier que M. A a été condamné le 9 juillet 2021 par le président du tribunal judiciaire d'Annecy pour des faits identiques ou assimilés et que lors de son audition par les services de police à la suite de son interpellation en mars 2022, il a déclaré avoir effectué quatre années de détention en Italie pour des faits de trafic de drogue, vol de voiture et escroquerie et s'être vu retiré son permis de conduire par les autorités italiennes en raison d'un excès de vitesse. Par ailleurs, si l'intéressé soutient qu'il vit en France depuis cinq ans, il ne l'établit pas, et il ressort des pièces du dossier qu'il se rend fréquemment en Italie où résident ses deux enfants mineurs nés d'une précédente union. S'il se prévaut également de son concubinage avec une ressortissante française, cette relation est récente. Enfin, s'agissant de son insertion professionnelle, le requérant ne se prévaut que d'un contrat à durée déterminée de quelques mois au courant de l'année 2022 comme agent de blanchisserie. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier du caractère répétitif des faits de conduite sans permis depuis son retrait par les autorités italiennes, témoignant d'un mépris persistant de l'intéressé pour le respect de la loi et de nature à menacer la sécurité physique des personnes, le préfet de la Haute-Savoie a pu estimer que la présence de M. A sur le territoire français constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société.
5. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Savoie aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
6. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".
7. Il ressort de la décision attaquée que pour refuser d'accorder à M. A un délai de départ volontaire, le préfet de la Haute-Savoie s'est fondé sur la gravité des faits commis et leur caractère répétitif. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. A a été condamné une première fois pour des faits de conduite sans permis en juillet 2021 et il a récidivé en mars 2022 puis en mars 2023. Ce comportement délictuel et récidiviste témoigne d'un mépris persistant de l'intéressé pour le respect de la loi et peut être de nature à menacer la sécurité physique des personnes, de sorte que son éloignement présente un caractère urgent. Par suite, le préfet de la Haute-Savoie a pu légalement refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de circulation sur le territoire français :
8. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".
9. M. A conteste avoir commis en 2021 une quelconque infraction de conduite sans permis et fait valoir qu'il a cessé tout comportement délictuel. Toutefois, compte tenu de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement, le préfet de la Haute-Savoie a pu, sans porter une atteinte disproportionnée à la liberté de circulation du requérant, estimer que la décision portant obligation de quitter le territoire français devait être assortie d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée d'un an.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A aux fins d'annulation de l'arrêté du 28 mars 2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Blanc et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 2 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.
Le rapporteur,
M. HEINTZ
Le président,
V. L'HÔTELa greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026