jeudi 27 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302048 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ROCHER-THOMAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 mars 2023 et 19 juin 2023, M. A et Mme F, représentés par Me Favre, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel la maire de la commune de Loisin a accordé à M. E et Mme H un permis de construire une maison individuelle sur un terrain cadastré section ZD n°477-291 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Loisin une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires enregistrés les 13 avril 2023, 22 juin 2023 et 7 juillet 2023, M. E et Mme H, représentés par Me Rocher-Thomas, concluent au rejet de la requête comme étant manifestement irrecevable au regard de sa tardiveté, au rejet de la requête au fond et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () les présidents de formation de jugement des tribunaux peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, le recours formé contre une décision administrative doit être présenté dans le délai de deux mois à compter de sa notification ou de sa publication. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. (). L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. ".
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement des mentions de la lettre adressée par les requérants à la commune de Loisin le 29 novembre 2022, du courriel du 17 octobre 2022 adressé par le constructeur aux pétitionnaires et du procès-verbal de constat dressé le 3 avril 2023, que le permis de construire attaqué a été affiché au plus tard le 17 octobre 2022 et y est resté affiché jusqu'en avril 2023. Il ressort de la lettre des requérants du 2 décembre 2022 adressée à Thonon agglomération que " le panneau, avant d'être implanté sur le bon terrain, a également été affiché quelques jours sur celui des consorts C ". En outre, il ressort des photos du site GoogleMaps streetview, accessible à tous, que le panneau d'affichage en cause était affiché en bordure du terrain d'assiette du projet au mois de novembre 2022. Il s'en déduit qu'au plus tard le 2 décembre 2022, le panneau d'affichage en cause était affiché sur le terrain d'assiette du projet et, qu'à la date du 3 avril 2023 celui-ci y était toujours placé, d'après les constatations de l'huissier de justice selon lesquelles " un panneau détaillant le permis de construire est implanté, en bordure de la chaussée sous la limite de la propriété de la parcelle ZD 291 délimitée par la borne OGE ". S'il ressort également de ce constat qu'" une partie des mentions afférentes au droit de recours à l'encontre du permis délivré et faisant l'objet de l'affichage est occultée par l'apposition de vis de fixation ", il n'est toutefois pas établi, eu égard aux dimensions réduites de ces vis, que l'occultation de quelques lettres a été de nature à induire en erreur les requérants quant aux voies et délais de recours ouvertes à l'encontre de la décision attaquée. Enfin, si l'arrêté affiché en mairie comporte les références d'une commune différente, cette circonstance est toutefois sans incidence sur la détermination du point de départ du délai de recours qui court à compter de l'affichage sur le terrain d'assiette du projet. L'irrégularité de l'affichage n'est donc pas établie.
5. Il résulte de ce qui précède que le délai de recours contre l'arrêté du 5 octobre 2022 a commencé à courir, au plus tard, le 2 décembre 2022 pour expirer le 3 février 2023. La lettre adressée le 29 novembre 2022 à la commune par les requérants, tendant à ce qu'un accès provisoire au chantier soit aménagé, ne peut s'analyser comme un recours gracieux présenté dans le délai de recours. En outre, en supposant même que ce courrier puisse être regardé comme un recours administratif, celui-ci n'a, en tout état de cause, pas fait l'objet d'une notification aux titulaires du permis de construire attaqué et n'aurait donc pas eu pour effet de proroger le délai de recours contre l'arrêté du 5 octobre 2022. Il s'ensuit que la requête présentée par M. A et Mme F le 30 mars 2023, après l'expiration du délai de recours contre le permis de construire attaqué, est tardive et, en conséquence, irrecevable.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par les pétitionnaires et de rejeter la requête par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les frais d'instance :
7. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par le requérant doivent dès lors être rejetées.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants la somme demandée par M. E et Mme H.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A et Mme F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. E et Mme H sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et Mme F, à la commune de Loisin, à M. G E et à Mme D H.
Fait à Grenoble, le 27 juillet 2023.
La présidente de la 2ème chambre,
D. JOURDAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026