vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A (BESCOU & SABATIER) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2023, Mme C D, représentée par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2023 par lequel le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- le refus de titre de séjour a été pris en méconnaissance de l'autorité de la chose jugée par le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 21 février 2023 ;
- il n'a pas été précédé d'un examen réel de sa situation ;
- en ne prenant pas en compte l'ensemble des éléments nécessaires à l'appréciation de sa demande, le préfet a entaché sa décision d'erreur de droit ;
- le refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en même temps que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il repose sur des faits matériellement inexacts dès lors que le contrat de travail qu'elle a produit est authentique et qu'elle est entrée en France sous couvert d'un visa de long séjour ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mise en œuvre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle remplit les conditions prévues par l'article 2.1.2 de la circulaire du 28 novembre 2012 dont elle peut se prévaloir en application de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de séjour est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- aucune mesure d'éloignement ne pouvait être prise à son encontre dès lors qu'elle peut prétendre à l'attribution de plein droit d'un titre de séjour ;
- les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination sont entachées d'illégalité en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. L'Hôte, vice-président, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante congolaise née en 1995, a déclaré être entrée sur le territoire français le 8 août 2015 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant-élève ". Elle a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " du 15 septembre 2016 au 14 septembre 2017. Par un arrêté du 16 août 2018, le préfet du Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de son titre et a assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français. Le recours formé par Mme D contre cette mesure d'éloignement a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Lyon du 5 mars 2019. Le 22 avril 2022, Mme D a sollicité la délivrance d'un nouveau titre de séjour à raison de sa vie privée et familiale, de sa qualité de salariée ou d'une admission exceptionnelle. Le 4 octobre 2022, le préfet de l'Isère a pris un arrêté rejetant sa demande, lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et prononçant à son encontre une interdiction de retour d'un an. Par un jugement rendu le 9 novembre 2022, le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a annulé la décision d'éloignement ainsi que l'interdiction de retour et a enjoint au préfet de réexaminer la situation de l'intéressée. Par un second jugement du 21 février 2023, le tribunal statuant en formation collégiale a annulé le refus d'admission au séjour. Par l'arrêté attaqué du 3 mars 2023, le préfet de l'Isère a de nouveau refusé de délivrer à Mme D un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
Sur le moyen dirigé contre l'arrêté pris dans son ensemble :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme A B, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture de l'Isère, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par arrêté du 26 juillet 2022 régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit être écarté.
Sur les moyens dirigés contre le refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Isère a procédé à un examen effectif de la situation de Mme D avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour.
4. En deuxième lieu, les jugements des 9 novembre 2022 et 21 février 2023, mentionnés au point 1, ont annulé l'arrêté du préfet de l'Isère du 4 octobre 2022 au motif qu'en examinant la demande d'admission exceptionnelle au séjour de Mme D au titre du travail, il avait commis une erreur de droit dans la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en se fondant sur des éléments d'appréciation non pertinents. Dans l'arrêté attaqué du 3 mars 2023, le préfet a réexaminé la demande de l'intéressée et l'a rejetée de nouveau en s'appuyant sur d'autres éléments que ceux énoncés dans son précédent arrêté. En procédant ainsi, le préfet de l'Isère n'a pas méconnu l'autorité de la chose jugée par les jugements des 9 novembre 2022 et 21 février 2023.
5. En troisième lieu, les nouveaux éléments sur lesquels le préfet de l'Isère s'est fondé étant au nombre de ceux pouvant être valablement pris en compte pour apprécier une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme D n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 3 mars 2023 serait entaché de la même erreur de droit que celle ayant justifié l'annulation du précédent arrêté du 4 octobre 2022.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" d'une durée maximale d'un an. () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".
7. Lorsqu'un étranger, qui est entré régulièrement en France et qui, après y avoir séjourné sous couvert d'un titre de séjour, s'y est maintenu en situation irrégulière à l'expiration de son titre, sollicite à nouveau la délivrance d'un titre de séjour, sa demande doit être regardée comme une première demande au sens de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. Au cas d'espèce, Mme D s'est maintenue irrégulièrement en France à l'expiration du titre de séjour portant la mention " étudiant " qui lui avait été délivré et ce, en dépit de la mesure d'éloignement prise à son encontre le 16 août 2018. Par suite, la demande de délivrance d'un titre de séjour qu'elle a présentée le 22 avril 2022 devait être regardée comme une première demande. Il suit de là que, pour rejeter sa demande sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de l'Isère a pu à bon droit lui opposer l'absence de visa de long séjour, alors même que l'intéressée était entrée initialement en France en 2015 sous couvert d'un tel visa. Il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif. Par suite, à supposer qu'en émettant des doutes sur l'authenticité du contrat de travail produit par la requérante à l'appui de sa demande, le préfet aurait entaché l'autre motif de refus d'une erreur de fait, ce moyen est inopérant.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
10. Mme D fait valoir qu'elle réside en France depuis 2015, qu'elle y exerce une activité salariée depuis plus de six ans, qu'elle est bien intégrée dans la société française et qu'elle vit en concubinage avec un ressortissant français. Toutefois, la relation de concubinage dont elle se prévaut est récente, l'attestation produite faisant état d'une vie commune depuis le 1er octobre 2022 tandis que les autres pièces justificatives versées à l'instance datent de 2023. La stabilité et l'intensité de cette relation ne sont ainsi pas établies. Par ailleurs, Mme D n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents, même si elle affirme, sans le démontrer, ne pas avoir gardé de contact avec eux. La requérante ne justifie pas avoir noué en France d'autres liens personnels ou sociaux d'une particulière intensité. La seule circonstance qu'elle travaille en France depuis six ans ne suffit pas à estimer que le refus de lui délivrer un titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le préfet de l'Isère n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'a pas davantage entaché son refus d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle de l'intéressée.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
12. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
13. D'une part, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10, le préfet de l'Isère a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, estimer que la situation personnelle de Mme D ne justifiait pas son admission exceptionnelle au séjour à raison de sa vie privée et familiale.
14. D'autre part, si Mme D bénéficie d'un contrat de travail à durée indéterminée en qualité d'aide à domicile et exerce son activité depuis six ans pour le même employeur qui atteste de sa satisfaction, ces circonstances ne suffisent pas à regarder le refus du préfet de régulariser sa situation en qualité de salariée comme étant entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, alors que la requérante travaille à temps partiel, que son activité professionnelle est sans rapport avec les études pour lesquelles elle a été admise à entrer en France et qu'elle lui procure des revenus mensuels relativement faibles, outre que le responsable de la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère a émis un avis défavorable à la demande d'autorisation de travail déposée par son employeur.
15. En dernier lieu, si la personne en droit de prétendre à l'attribution d'un avantage prévu par un texte peut se prévaloir, devant le juge administratif, des lignes directrices publiées permettant de déterminer à qui l'attribuer parmi ceux qui sont en droit d'y prétendre, il en va autrement lorsque l'administration a défini des orientations générales pour l'octroi d'une mesure de faveur au bénéfice de laquelle l'intéressé ne peut faire valoir aucun droit. La circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comporte des orientations générales destinées à éclairer les préfets dans l'exercice de leur pouvoir de prendre des mesures de régularisation des étrangers en situation irrégulière, mesures de faveur au bénéfice desquelles ceux-ci ne peuvent faire valoir aucun droit. En instituant le mécanisme de garantie de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration, le législateur n'a pas permis de se prévaloir d'orientations générales dès lors que celles-ci sont définies pour l'octroi d'une mesure de faveur au bénéfice de laquelle l'intéressé ne peut faire valoir aucun droit, alors même qu'elles ont été publiées sur l'un des sites mentionnés à l'article D. 312-11 du même code. S'agissant des lignes directrices, le législateur n'a pas subordonné à leur publication sur l'un de ces sites la possibilité pour toute personne de s'en prévaloir, à l'appui d'un recours formé devant le juge administratif. Ainsi, dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, il ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de ces dispositions, des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir. Il suit de là que le moyen soulevé par Mme D tiré ce qu'elle remplirait les conditions prévues par l'article 2.1.2. de cette circulaire, est inopérant.
Sur les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, Mme D n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité du fait de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour.
17. En deuxième lieu, dès lors que la requérante ne justifie pas pouvoir bénéficier de plein droit de la délivrance d'un titre de séjour, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle ne pouvait, pour ce motif, faire l'objet d'une décision d'éloignement.
18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur les moyens dirigés contre les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination :
19. Compte tenu de ce qui précède, Mme D n'est pas fondée à soutenir que les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination de la mesure d'éloignement seraient entachées d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
Le président-rapporteur,
V. L'HÔTE
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
M. HEINTZ
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2302108
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026