vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302214 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | LAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2023, M. E A C, représenté par Me Lamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation et dans l'attente de lui délivrer un récépissé de sa demande ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de supprimer son inscription de non-admission au fichier d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. L'Hôte, vice-président, a été entendu au cours de l'audience publique, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant marocain né en 1997, est entré en France le 22 août 2015 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de long séjour valant titre de séjour afin de poursuivre ses études. Il a bénéficié de plusieurs titres de séjour portant la mention " étudiant-élève " entre le 11 octobre 2016 et le 10 octobre 2021. Le 6 septembre 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 3 janvier 2023, le préfet de l'Isère a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. D B, directeur de la citoyenneté, de l'immigration et de l'intégration à la préfecture de l'Isère, qui avait reçu à cet effet délégation de signature par arrêté du 26 juillet 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté du 3 janvier 2023 énonce, avec une précision suffisante et dépourvue de caractère stéréotypé, les considérations de droit et de fait sur lesquelles repose la décision portant refus de séjour. Le préfet de l'Isère n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation du requérant, mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé. Par ailleurs, il résulte des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, dans le cas où l'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, pour refuser à M. A C le renouvellement de sa carte de séjour portant la mention " étudiant ", le préfet de l'Isère s'est fondé sur les motifs tirés, d'une part, de l'absence de visa de long séjour, d'autre part, du défaut de caractère réel et sérieux des études suivies.
5. Le requérant ne conteste pas qu'ayant présenté sa demande de renouvellement au-delà du délai de six mois prévu à l'article R. 431-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il devait justifier à nouveau des conditions requises pour l'entrée sur le territoire national au nombre desquelles figure, pour un titre de séjour portant la mention " étudiant ", la possession d'un visa de long séjour. Il ne nie pas qu'il n'était pas titulaire d'un tel visa. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Isère aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant au caractère réel et sérieux des études est inopérant.
6. En tout état de cause, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, à partir de l'ensemble des pièces du dossier, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A C était inscrit, pour l'année 2015/2016, en première année de classe préparatoire de " physique chimie et sciences de l'ingénieur ", année à l'issue de laquelle il a échoué. Il a décidé de se réorienter et s'est inscrit en première année de licence " mathématiques et informatique appliquées aux sciences humaines et sociales " pour l'année 2016/2017. En 2017/2018, il a intégré la deuxième année de ce cursus. Il a cependant été ajourné en fin d'année et s'est réinscrit pour la même formation l'année suivante. Le requérant a été à nouveau ajourné au cours de l'année 2018/2019, n'ayant pas validé son second semestre. Réinscrit les deux années suivantes, 2019/2020 et 2020/2021, il a été ajourné de nouveau en raison notamment de nombreuses absences injustifiées aux examens. Pour l'année 2021/2022, il n'a pas justifié d'une inscription universitaire. Ainsi, M. A C, qui a commencé des études supérieures en 2015, ne justifiait de l'obtention d'aucun diplôme à la date du 6 septembre 2022, lorsqu'il a demandé le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant. Les problèmes de santé dont il se prévaut, notamment les hospitalisations dont il a fait l'objet du 23 avril 2018 au 24 mai 2018 et du 3 mars 2022 au 23 juin 2022, ne suffisent pas à justifier ses nombreuses absences et ses échecs répétés. Dans ces conditions, le préfet de l'Isère n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que l'intéressé ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de ses études.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
9. Si M. A C réside en France depuis 2015, les titres de séjour qui lui ont été délivrés ne lui donnaient pas vocation à s'installer durablement sur le territoire français. Il ne justifie pas avoir noué en France des liens personnels d'une particulière intensité. Il est célibataire et sans enfants. Ses parents et ses deux frères résident au Maroc. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle de M. A C.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A C, à Me Lamy et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 2 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.
Le président rapporteur,
V. L'HÔTE
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
M. HEINTZLa greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026