mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302217 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BESSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2023 M. B représenté par Me Besson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2023 par lequel le préfet de la Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 400 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est illégale faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- méconnaît les articles L 233-1 et L 233- 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur de droit en tant qu'elle n'applique pas la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnait l'article L. 200-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, le Préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. A a lu son rapport en l'absence des parties.
Une note en délibéré adressée pour M. B a été reçue le 19 mai 2023 et n'a pas été communiquée.
1. M. B, ressortissant tunisien né en 1985 est entré irrégulièrement en France le 1er décembre 2019. Il s'est marié à Chambéry le 4 décembre 2021 avec Mme C ressortissante roumaine. Ils ont eu deux enfants dont un né en Italie et un né en France. M. B a sollicité le 17 février 2022 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 23 mars 2023, le préfet de la Savoie a refusé de lui délivrer le titre demandé au motif, d'une part, que son épouse ne remplissait pas les conditions énoncées à l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, qu'il constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Par le même arrêté le préfet l'a obligé à quitter le territoire dans le délai d'un mois et a fixé le pays de destination.
2. Par un arrêté du 23 août 2022, régulièrement publié, le Préfet de la Savoie a donné délégation à Mme D directrice de la citoyenneté et de la légalité de la préfecture de la Savoie pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont seraient entachées les décisions contestées manque en fait et doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 233-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois ". Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes :1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie () ".
4. En l'espèce, M. B qui se borne à indiquer, sans aucune pièce, qu'il travaille " à plein temps et en CDI " ne conteste pas sérieusement le motif tiré de l'insuffisance des ressources de son épouse, incluant les siennes. Il n'est pas contesté que son épouse, à qui le préfet a opposé le caractère accessoire de son activité professionnelle, ne remplit pas les conditions de l'article L. 233-1 précité. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 233-2 doit être écarté. Ce motif justifie à lui seul le rejet de la demande de titre de séjour.
5. S'agissant de la réserve d'ordre public, d'une part, le requérant n'est pas un ressortissant européen et ne pouvait se voir appliquer les dispositions de l'article L. 200-6 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, par la seule mention, sans précision ni date, d'un décret d'expulsion pris à l'encontre de M. B par la préfecture de Palerme et la dénonciation faite par ses services pour usage d'un faux document, sans aucune précision sur les suites éventuelles, le préfet ne justifie pas que le requérant constituerait une menace pour l'ordre public.
6. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, le requérant ne remplissant pas les conditions de délivrance du titre, le préfet n'avait pas à s'y opposer en faisant usage de la réserve d'ordre public. Dès lors, le préfet aurait nécessairement pris la même décision s'il n'avait illégalement retenu la réserve d'ordre public. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 200-6 doit être écarté.
7. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. En l'espèce, en se bornant à soutenir, au surplus sans pièce, qu'il travaille en contrat à durée indéterminée depuis le 2 mai 2022, qu'il a toujours travaillé à plein temps depuis son entrée en France et que " l'aîné des enfants du couple est régulièrement scolarisé " M. B dont l'arrivée en France comme l'union avec une ressortissante roumaine sont récentes, n'établit pas que le préfet de la Savoie aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée. M. B n'est par suite pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par les articles mentionnés à l'article L. 432-13 auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. M. B ne satisfaisant pas, selon les motifs exposés au point 4, aux conditions posées par les dispositions de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fondement de sa demande d'admission au séjour, le préfet de l'Isère n'était pas tenu de procéder à la consultation de la commission du titre de séjour.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Besson et au préfet de la Savoie
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme. Triolet, présidente,
M. A et M. E, premier conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
Le rapporteur,
S. A
La présidente,
A. TRIOLET
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026