mercredi 10 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302220 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 4 |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2023, M. A E C, représenté par Me Schürmann, demande tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 30 mars 2023, par lequel la préfète du Rhône a ordonné sa remise aux autorités espagnoles en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile, de lui remettre en conséquence un dossier de demande à transmettre à l'OFPRA et de lui délivrer également une autorisation provisoire de séjour en qualité de demandeur d'asile, dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; subsidiairement, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son avocate en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'arrêté :
- est entaché d'incompétence ;
- est entaché d'un défaut de motivation ;
- méconnaît l'article 25 du règlement Dublin (UE) n° 604/2013 ;
- méconnaît l'article 4 du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- méconnaît les articles 3 et 17 du règlement UE n°604/2013 et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 avril 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil en date du 26 juin 2013 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties de la date d'audience.
Après avoir lu son rapport à l'audience publique du 17 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant de Guinée qui a déclaré être entré sur le territoire français le 20 janvier 2023, a présenté une demande d'asile le 15 décembre 2022. Les recherches sur le fichier Eurodac ont révélé qu'il avait été identifié en Espagne le 2 novembre 2022 sous le numéro ES 2 1845301449 suite à un franchissement irrégulier de la frontière. Par l'arrêté attaqué du 30 mars 2023, la préfète du Rhône a décidé de la remise de M. C aux autorités espagnoles en vue de l'examen de sa demande d'asile.
2. Eu égard à l'urgence à statuer sur la requête, il y a lieu d'admettre M. C à l'aide juridictionnelle provisoire en application de l'article 20 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
3. En premier lieu, l'arrêté a été signé par Mme D B, adjointe à la cheffe du pôle régional Dublin, titulaire d'une délégation de signature à cet effet, en cas d'absence ou d'empêchement de la cheffe de pôle, par arrêté du 10 mars 2023, régulièrement publié le 14 mars 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte manque en fait.
4. En deuxième lieu, l'arrêté énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et mettent l'intéressé à même de comprendre les motifs de la décision attaquée afin qu'il puisse la contester utilement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, la préfète justifie de la transmission de la demande de reprise en charge au moyen du réseau de communication électronique " DubliNet " et de sa réception par les autorités espagnoles le 10 mars 2023, ainsi que de l'acceptation explicite de reprise en charge par ces autorités en date du 14 mars 2023. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 25 du règlement doit en tout état de cause être écarté.
6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C s'est vu remettre, le 26 janvier 2023, soit dès l'introduction de sa demande de protection internationale, deux brochures d'informations en langue française qu'il a déclaré comprendre, dont l'une dite " A " intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de ma demande ' ", l'autre dite " B " intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ". Le préfet du Rhône produit une copie de chacune des brochures remises au requérant revêtue de sa signature. Contrairement à ce qu'il soutient, M. C a bénéficié de l'ensemble des informations prévues par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions manque en fait et doit être écarté.
7. En cinquième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 17 du règlement UE n°604/2013 et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont assortis, en dehors d'un rappel textuel, d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ils ne peuvent qu'être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E C, à Me Schürmann et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2023.
Le magistrat désigné,
T. Pfauwadel
La greffière,
V. Barnier
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026