LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2302265

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2302265

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2302265
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL ARNAUD BASTID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 11 avril 2023, le 3 novembre 2023 et le 3 novembre 2023, M. C D, représenté par Me Bouvard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 10 novembre 2022 par lequel le maire de Samoëns a délivré à la SAS Immo des Montagnes un permis de construire un bâtiment comprenant quatre logements et la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 22 février 2023 ;

2°) de rejeter les conclusions de la SAS Immo des Montagnes tendant à l'application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Samoëns et de la SAS Immo des Montagnes la somme de 4000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté de PC du 10 novembre 2022 méconnaît l'article R.431-8 du code de l'urbanisme;

- il méconnaît l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme;

- il méconnaît les dispositions antérieurement applicables au plan local d'urbanisme de la commune de Samoëns ;

- il méconnaît l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-7 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il n'est pas démontré que les véhicules et les engins de secours ou de service pourront faire demi-tour dans une zone de dimension suffisante.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2023, la SAS Immo des Montagnes, représentée par Me Bastid, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que M. D ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir et que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense distinct, enregistré le 30 septembre 2023, la SAS Immo des Montagnes, représentée par Me Bastid, demande au tribunal :

1°) de condamner M. D au paiement de la somme de 455 865 euros au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;

2°) de mettre à la charge de M. D la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le recours de M. D est irrecevable et que les moyens soulevés sont artificiels et ont pour seul but de lui nuire. L'impossibilité de réaliser le projet autorisé lui cause une perte de bénéfice provisionnel oscillant entre 389 198 euros et 455 865 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme. ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauveplane,

- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,

- les observations de Me Muffat-Joly, représentant M. D, et les observations de Me Bastid, représentant la SAS Immo des Montagnes.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Immo des Montagnes a déposé le 26 juillet 2022 une demande de permis de construire n° PC 074 258 22 000 32 en vue de la réalisation d'un petit collectif de 4 logements A surface de plancher de 351,50 m2 sur le lot n°1 autorisé, sur la parcelle cadastrée ZH n°98, A superficie de 913 m2 situé au lieudit " L'Etreppaz " sur le territoire de la commune de Samoëns. Par un arrêté du 10 novembre 2022, le maire de Samoëns a délivré à la SAS Immo des Montagnes le permis de construire sollicité. Par une lettre en recommandé avec accusé de réception du 21 décembre 2022, reçue le 22, M. D a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Le silence gardé par le maire de Samoëns pendant deux mois a fait naître une décision implicite de rejet du recours gracieux du 22 février 2023. Par la présente requête du 11 avril 2023, M. D demande l'annulation de l'arrêté du 10 novembre 2022 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux du 22 février 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. M. D soutient que le dossier de demande de permis de construire et plus précisément la notice ne justifie pas les partis retenus pour assurer l'insertion de la construction dans son environnement bâti alors qu'elle est de grande dimension avec une SP de 351,5 m2 sur une parcelle de 913 m2 et qu'elle est en rupture de l'existant, notamment avec deux bâtiments d'habitation environnants de taille bien inférieure dans un vaste secteur classé en zone Ae du règlement du PLU. Il ressort des pièces du dossier que la notice descriptive (PC 4), confirmée par les plans de façades, indique que les toitures sont à deux pans de 40 % de pente et que le faitage parallèle à la route départementale est en homogénéité avec les deux constructions proches, qu'au titre des matériaux et des couleurs, en référence à l'architecture locale et dans un souci d'homogénéité, les matériaux apparents sont composés notamment d'enduit de teinte gris beige clair pour les façades en partie basse (RDC), d'enduit de teinte gris beige moyen pour les façades en partie N-1 (accès garages), de menuiseries et de volets battants de finition bois teinte naturelle, de bardage et de balcons et garde-corps en bois type mélèze en teinte naturelle posé verticalement et bois teinte naturelle pour les bandeaux, de portes de garages de teinte gris zinc, de tuiles de teinte ardoise pour les couvertures. Par ailleurs, la notice précise que la voirie d'accès au terrain se fera côté route départementale et que trois arbres sont plantés ainsi que cinq arbustes. En outre, le document graphique (PC 6) et les photographies (PC 6 à 8) permettent bien d'apprécier l'insertion des bâtiments projetés dans leurs environnements proche et lointain. Par suite, compte tenu de l'ensemble de ces précisions et bien que la maison d'habitation de M. D n'apparaisse pas avec une grande clarté, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R.431-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.

5. Par ailleurs, M. D soutient que le permis de construire méconnaît l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme en ce que, A part, les caractéristiques de la servitude de passage mentionnée sur le plan de masse, notamment sa largeur, ne seraient pas précisées et, d'autre part, le plan de masse ne permettrait pas de vérifier la réalité de l'aire de retournement évoquée dans la notice. Toutefois, le plan de masse (PC 2) indique l'existence A servitude de passage en partie Nord du terrain d'assiette (le long de la limite de propriété) donnant accès au chemin départemental et ayant une largeur de 3 mètres et les plans de façades PC 5 permettent également de connaître la largeur de 3 mètres de la servitude de passage. En outre, le plan de masse indique bien l'existence A aire de retournement entre les bâtiments A et B. Par suite, le moyen le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, qui manque en fait, doit être écarté.

6. Enfin, le requérant soutient que le permis de construire litigieux méconnaît l'article R. 431-10 du CU en raison de l'insuffisance du document graphique joint au dossier qui ne permet pas d'apprécier l'insertion du bâtiment projeté par rapport aux constructions existantes situées dans un vaste espace agricole qui n'apparaîtraient quasiment pas. Toutefois, les documents graphiques et les photographies PC 6 bis et 8 permettent d'apprécier l'insertion du bâtiment projeté par rapport aux constructions existantes et aux paysages. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.

7. En deuxième lieu, M. D soutient que la construction du bâtiment projeté en zone A du plan local d'urbanisme y est interdite et qu'une décision de non-opposition à déclaration préalable ne constitue pas une garantie d'obtenir un permis de construire. Toutefois, dès lors notamment qu'il n'invoque pas les dispositions qui seraient méconnues, le moyen est dépourvu des précisions permettant dans apprécier le bien-fondé et doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées. ". Aux termes de l'article L. 122-5-1 du même code : " Le principe de continuité s'apprécie au regard des caractéristiques locales de l'habitat traditionnel, des constructions implantées et de l'existence de voies et réseaux ".

9. Il résulte de ces dispositions que l'urbanisation en zone de montagne, sans être autorisée en zone d'urbanisation diffuse, peut être réalisée non seulement en continuité avec les bourgs, villages et hameaux existants, mais également en continuité avec les " groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants " et qu'est ainsi possible l'édification de constructions nouvelles en continuité d'un groupe de constructions traditionnelles ou d'un groupe d'habitations qui, ne s'inscrivant pas dans les traditions locales, ne pourrait être regardé comme un hameau. L'existence d'un tel groupe suppose plusieurs constructions qui, eu égard notamment à leurs caractéristiques, à leur implantation les unes par rapport aux autres et à l'existence de voies et de réseaux, peuvent être perçues comme appartenant à un même ensemble.

10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet litigieux est bordé au Nord (parcelle n°194) et au Sud (parcelle n°99) de parcelles bâties. La construction située au Nord est située à une dizaine de mètres des bâtiments A et B. Pour la construction d'habitation située au Sud, le bâtiment B, qui est le plus proche de la maison d'habitation de M. D, est situé à une distance d'environ 5 m par rapport à celle-ci. En son point le plus éloigné côté sud, la construction projetée est à environ 16 m. A construction est située également sur la parcelle n°99 à 50 m environ. Plus au Sud, une petite dizaine de constructions sont implantées le long de la route départementale (RD49) sur une distance d'environ 200 m tandis que, de l'autre côté de cette route, une importante zone bâtie se prolonge vers le Nord (lieudit Le Grailly). En outre, le terrain d'assiette du projet est desservi par les réseaux publics d'électricité, d'assainissement collectif, d'eau potable et pluviale (cf. avis au dossier de PC). Dans ces conditions, le projet s'inscrit en continuité d'un groupe de constructions traditionnelles ou d'habitations existants et la circonstance que le terrain d'assiette soit classé en zone A du règlement du PLU n'est pas de nature à remettre en cause cette appréciation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme doit être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du même code : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".

12. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence A atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité du permis de construire délivré, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés par les dispositions mentionnées ci-dessus.

13. En l'espèce, M. D soutient que le projet est en rupture avec le bâti environnant dès lors que l'arrêté attaqué autorise un bâtiment de 4 logements d'un volume beaucoup trop important par rapport aux constructions avoisinantes qui sont de dimensions plus réduites et que le bâtiment projeté crée une emprise importante par rapport à la surface de la parcelle avec une SP créée de 351,5 m2 sur une parcelle de 913 m2. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice, des documents graphiques et des photographies que les bâtiments projetés comporteront des toitures à deux pans de 40 % de pente avec un faitage parallèle à la route départementale en homogénéité avec les deux constructions proches, avec des matériaux et des couleurs permettant leur insertion avec l'architecture locale de type chalets savoyards, tels que des bardages en bois et des façades couvertes d'enduits de teinte gris beige clair ou moyen), des balcons et des gardes corps en bois de même essence que le bardage, des menuiseries et des volets battants de finition bois teinte naturelle, des toitures en tuiles de teinte ardoise. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le bâtiment projeté se caractérise par une emprise au sol et une volumétrie en rupture avec le bâti environnant. Par suite, le permis de construire attaqué n'est pas entaché A erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

14. En dernier lieu, M. D soutient que l'arrêté de PC contesté méconnaît les dispositions de l'article R.111-7 du code de l'urbanisme selon lesquelles : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer le maintien ou la création d'espaces verts correspondant à l'importance du projet. Lorsque le projet prévoit des bâtiments à usage d'habitation, l'autorité compétente peut exiger la réalisation, par le constructeur, d'aires de jeux et de loisirs situées à proximité de ces logements et correspondant à leur importance. ". Cependant, aux termes des dispositions de l'article R.111-1 du même code : " () a) Les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à 111-14, R. 111-16 à R. 111-20 et R. 111-22 à R. 111-24-2 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ".

15. En vertu de ces dispositions, l'article R.111-7 du code de l'urbanisme ne s'applique pas sur le territoire des communes dotées d'un plan local d'urbanisme. Il est constant qu'à la date de l'arrêté de permis de construire du 10 novembre 2022, la commune de Samoëns était dotée d'un plan local d'urbanisme approuvé depuis le 10 décembre 2019. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R.111-7 du code de l'urbanisme est inopérant.

16. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la SAS Immo des Montagnes, que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées.

Sur les conclusions indemnitaires présentées par la société pétitionnaire :

17. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel ".

18. Le recours formé par le requérant, propriétaire de la maison individuelle située à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet, ne peut être regardé comme traduisant, en l'espèce, un comportement abusif. Par suite, les conclusions indemnitaires de la SAS Immo des Montagnes, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Samoëns et de la SAS Immo des Montagnes qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. D la somme de 1 500 euros à verser à la SAS Immo des Montagnes au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. D est rejetée.

Article 2 :M. D versera à la SAS Immo des Montagnes la somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :Le surplus des conclusions présentées par la SAS Immo des Montagnes est rejeté.

Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. C D, à la commune de Samoëns et à la SAS Immo des Montagnes.

Délibéré après l'audience du 14 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Sauveplane, président,

- Mme E, première-conseillère,

- Mme B, première-conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

M. Sauveplane

L'assesseure la plus ancienne,

C. E

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions