Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2302307

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2302307
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 avril 2023 et le 7 juin 2023 et des pièces produites le 26 juin 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés d'enjoindre au département de la Drôme de rétablir son droit au revenu de solidarité active.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. La requête présentée par M. A, qui ne précise pas le fondement sur lequel il saisit le juge des référés du tribunal et se borne à demander un référé contre le département de la Drôme, doit être regardée comme présentée sur le fondement des dispositions susmentionnées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de l'instruction que le droit au revenu de solidarité active de M. A a été suspendu en avril et mai 2023 faute pour celui-ci d'avoir procédé à la déclaration de ses ressources trimestrielles. M. A indique avoir formulé une réclamation le 24 mars 2023 en mentionnant qu'il a bien déclaré ses ressources trimestrielles. En application des dispositions ci-dessus reproduites au point 2, cette réclamation est réputée avoir fait l'objet d'une décision implicite de rejet née au terme d'un délai de deux mois suivant sa réception par le département. Dès lors, et en l'absence de péril grave avéré, le juge des référés ne saurait, sans faire obstacle à l'exécution de cette décision, faire droit aux conclusions de M. A dirigées contre le département de la Drôme.

5. Par ailleurs et en tout état de cause, M. A, qui ne produit aucun détail sur ses revenus, son patrimoine et ses charges, ne justifie pas se trouver dans une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

7. Il appartiendra à M. A, s'il s'y croit recevable et fondé, de demander l'annulation de la décision implicite de rejet de sa réclamation ou, si elle existe, de la décision explicite de rejet et d'assortir éventuellement cette demande d'annulation d'une requête distincte à fin de suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au département de la Drôme.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Drôme.

Fait à Grenoble, le 27 juin 2023.

Le juge des référés,

J.P. Wyss

La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.