mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | COUTAZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 avril 2023, M. F B, représenté par Me Coutaz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2023 par lequel le préfet de la Drôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de 6 mois ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2023 par lequel le préfet de la Drôme l'a assigné à résidence sur la commune de Valence pour une durée de 45 jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Drôme, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " et ce dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les 2 jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 112 du décret du 28 décembre 2020 sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle qu'il a demandé.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour est entaché d'incompétence :
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- il méconnait l'article L. 423-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait l'article L. 423-23 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et d'un défaut de motivation ;
- il est excipé de l'illégalité du refus du titre de séjour ;
- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire méconnait les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français sera annulée par voie de conséquence des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et méconnait les articles L. 612-6 et 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision d'assignation à résidence est entachée d'incompétence :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 avril 2023, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi ;
- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Terrasson substituant Me Coutaz avocat de M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. F B, ressortissant marocain né le 12 octobre 1988, soutient être entré en France le 29 décembre 2014. Le 20 mars 2021, il a épousé une ressortissante française à Valence. Le 17 janvier 2022, il a présenté une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 18 février 2022, la préfète de la Drôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un jugement n°2201891 du 1er juillet 2022 confirmé en appel, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. B tendant à l'annulation de cet arrêté. Le 17 janvier 2022, il a présenté une nouvelle demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 4 avril 2023, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de six mois.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur l'étendue du litige :
3. Il n'appartient pas au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, saisi dans le cas prévu aux articles L. 614-6 et L. 614-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'un refus de titre de séjour. En conséquence, les conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour et les conclusions aux fins d'injonction en ce qu'elles en sont l'accessoire doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Grenoble. Il en va de même des conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans le cadre de cette instance.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne l'illégalité du refus de titre de séjour invoqué par la voie de l'exception :
4. L'arrêté attaqué a été signé par Mme C Argouarc'h, secrétaire générale de la préfecture de la Drôme, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie le 27 août 2021, régulièrement publiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ;3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ". Aux termes de l'article L. 423-2 de ce code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".
6. Par ailleurs, aux termes de l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990 : " Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des Parties contractantes sont tenus de se déclarer, dans les conditions fixées par chaque Partie contractante, aux autorités compétentes de la Partie contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. Cette déclaration peut être souscrite au choix de chaque Partie Contractante, soit à l'entrée, soit, dans un délai de trois jours ouvrables à partir de l'entrée, à l'intérieur du territoire de la Partie contractante sur lequel ils pénètrent. () ". La souscription de la déclaration prévue par cet article 22 et dont l'obligation figure à l'article L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est une condition de la régularité de l'entrée en France de l'étranger soumis à l'obligation de visa et en provenance directe d'un Etat partie à cette convention qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire.
7. Par les pièces qu'il produit, M. B ne justifie ni être entré sur le territoire français pendant la durée de validité de son visa C délivré par les autorités italiennes ni avoir satisfait à l'obligation de déclaration d'entrée sur le territoire prévue à l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen. Ainsi, il n'établit pas être entré de manière régulière sur le territoire français. Dans ces conditions, le préfet de la Drôme a pu légalement refuser de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence d'entrée régulière sur le territoire français et du visa de long séjour prévu à l'article L. 412-1 de ce code. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 6 doit être écarté.
8. Si M. B soutient être entré en France depuis 2014, il ne justifie pas d'une intégration sociale et professionnelle particulière dans la société française. Par les pièces qu'il produit, il ne démontre pas l'ancienneté de sa relation avant son mariage qui était relativement récent à la date de l'arrêté attaqué. Il se prévaut de l'engagement de son couple dans un programme de Procréation Médicalement Assistée (PMA), le certificat médical établi le 8 mars 2022, qui se borne à relever que " Leur cas relève d'une prise en charge par Procréation Médicalement Assistée " ainsi que le document établi le 17 avril 2023 par une infirmière en perinatalité ne suffisent pas à déterminer la nature du programme effectivement suivi et si celui-ci ne pourrait pas être temporairement différé ou suivi sans la présence de M. B. Par ailleurs, il dispose d'attaches familiales au Maroc où vivent ses deux parents, un frère et une sœur. Par suite, compte tenu notamment des conditions et de la durée du séjour en France de M. B, le préfet de la Drôme n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision lui refusant le séjour a été prise et n'a ainsi méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.
9. M. B ne remplit pas les conditions de délivrance de plein droit d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Dans ces conditions, le préfet de la Drôme n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour instituée par l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avant de rejeter sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. Pour les raisons exposées au point 4, Mme C Argouarc'h était compétente pour signer la décision attaquée.
11. Le refus de titre de séjour du 4 avril 2023 énonce, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Il est ainsi suffisamment motivé et répond aux exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il résulte des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, dans le cas où l'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Par suite, et dès lors que le refus de délivrance d'un titre de séjour est régulièrement motivé, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la mesure d'éloignement doit être écarté.
12. Il ressort de l'arrêté attaqué que le préfet de la Drôme a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. D avant de prendre à son encontre une mesure d'éloignement du territoire.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
13. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".
14. M. B n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement et entre ainsi dans un cas ou le risque de soustraction à une nouvelle obligation de quitter le territoire français est présumé. Dans ces conditions, le seul fait qu'il vit avec son épouse dans un logement stable depuis des années ne constitue pas " des circonstances particulières " au sens des dispositions précitées. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision du préfet de la Drôme de le priver de délai volontaire serait entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
15. Eu égard à ce qu'il a été dit au point 8, il n'est pas établi que la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B soit entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ou méconnaisse les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés publiques.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai.
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
18. Pour les raisons exposées au point 4, Mme C Argouarc'h était compétente pour signer la décision attaquée.
19. Pour prononcer à l'encontre de M. B une interdiction de retour une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, le préfet de la Drôme s'est fondé sur " son entrée récente en France, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France (premier mariage célébré le second mariage célébré le 20 mars 2021, sans enfant, sans aucune insertion professionnelle) alors qu'il conserve de fortes attaches en Turquie (ses deux parents, un frère et une sœur), de l'absence de trouble à l'ordre public, du fait qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ".
20. Le préfet de la Drôme a ainsi pris en compte l'ensemble des critères mentionnés par les dispositions de l'article L. 612-10 précité. Il s'ensuit qu'il a procédé à un examen particulier de la situation de M. B avant d'édicter à son encontre l'interdiction de retour. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et de l'erreur de droit en l'absence d'examen de la situation doivent être écartés.
21. M. B ne justifie pas de circonstances humanitaires qui auraient pu justifier que le préfet de l'Isère n'édicte pas d'interdiction de retour à son encontre.
22. En fixant à six mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard à l'ensemble de la situation de M. B.
23. Pour les mêmes motifs que ceux retenus précédemment, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
24. Pour les raisons exposées au point 4, Mme C Argouarc'h était compétente pour signer la décision attaquée
25. En l'espèce, l'assignation du 4 avril 2023 cite notamment les dispositions du 1°) de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne l'obligation de quitter le territoire français du 4 avril 2023 et indique que M. B " ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable car l'intéressé dispose d'une adresse stable dans le département de la Drôme ". La décision attaquée comporte ainsi les considérations de fait et de droit qui la fondent. Elle satisfait, dès lors, à l'exigence de motivation imposée par l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
26. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
27. L'arrêté attaqué dispose que M. B devra se rendre deux fois par semaine aux services de la police nationale de Valence afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation dont il fait l'objet. Si M. B dispose d'un logement stable avec son épouse, il ne fait état d'aucune circonstance l'empêchant de se rendre à ces convocations. Aussi, en prenant une telle mesure, qui n'apparait pas excessive dans ses modalités d'exécution, le préfet de la Drôme n'a ni méconnu les dispositions de l'article L. 731-1 ni davantage commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation de l'intéressé.
28. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, en ce qu'elles en sont l'accessoire de la demande d'annulation des décisions autres que le refus de titre de séjour et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.Article 2 :Les conclusions aux fins d'annulation pour excès de pouvoir de la décision relative au séjour, les conclusions aux fins d'injonction qui en sont l'accessoire et les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont réservées jusqu'à ce qu'il y soit statué en formation collégiale.Article 3 :La surplus de la requête de M. B relatif aux décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et portant interdiction de retour sur le territoire français est rejeté.Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. D E, à Me Coutaz et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
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Le magistrat désigné,La greffière,
J-L. A E. Prost
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026