LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2302428

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2302428

lundi 29 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2302428
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMATHIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 avril 2023, Mme B A, représentée par Me Mathis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 31 janvier 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois d'août 2022 dans un délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- la décision est entachée d'erreur de fait, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen particulier de sa situation ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire enregistré le 22 décembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et, subsidiairement, qu'il doit être procédé à une substitution de base légale des dispositions du 3° de l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par celles du 3° de l'article L. 551-15 du même code.

Mme A a été admise à l'aide juridique totale par une décision du 22 mars 2023.

Par ordonnance du 28 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 29 janvier 2024.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique du 5 avril 2024, Mme Letellier a lu son rapport. Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante nigériane, est entrée en France le 6 décembre 2021 pour déposer une demande d'asile le 8 décembre 2021. Elle a alors été placée en procédure dite Dublin et s'est vue notifier un arrêté portant remise aux autorités allemandes qu'elle a exécuté le 21 mai 2022. Après son retour en France, elle s'est présentée à la préfecture de l'Isère le 7 novembre 2022 pour déposer une nouvelle demande d'asile et a été de nouveau placée en procédure Dublin. La directrice territoriale de l'OFII lui a notifié le même jour son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil. Par décision du 31 janvier 2023, la directrice territoriale de l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil.

Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne, au visa de l'article L. 551-16 et de l'article R. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que Mme A n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transférée vers l'Etat membre responsable de l'instruction de sa demande d'asile. La décision relève également que l'évaluation de sa situation personnelle et familiale ne laisse pas apparaître de besoins auxquels il devrait être pourvu. Par suite, la décision contient les motifs de fait et de droit qui la fondent. La circonstance que la requérante est en désaccord avec les motifs exposés ne saurait révéler une insuffisance de motivation.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen particulier de la demande de Mme A et qu'il aurait entaché sa décision d'une erreur de fait.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur () dans les cas suivants () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ". Aux termes de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que par courrier du 17 janvier 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a informé l'intéressée de son intention de mettre totalement fin aux conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait et l'a invitée à présenter ses observations dans un délai de 15 jours. Par lettre du 24 janvier 2023, Mme A a fait valoir des observations et a fait état de la précarité de sa situation. En outre, l'intéressée a fait l'objet d'un entretien de vulnérabilité le 7 novembre 2022. Dans ces conditions, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure.

6. Mme A soutient qu'elle a satisfait à toutes ses obligations à l'égard de l'Etat français lors de l'instruction de sa demande d'asile déposée le 7 novembre 2022. Toutefois, il ressort de la décision attaquée et il n'est pas contesté par la requérante qu'après avoir exécuté volontairement, le 21 mai 2022, l'arrêté de transfert vers l'Allemagne en charge de sa demande d'asile, elle est revenue en France et a présenté une nouvelle demande d'asile, sans attendre l'issue de sa demande en Allemagne. Dans ces conditions, l'office français de l'immigration et de l'intégration pouvait se fonder sur les dispositions du 3° de l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. La circonstance que l'intéressée n'a pas manqué un entretien avec les services de la préfecture de l'Isère et aurait fourni à l'autorité préfectorale toute information utile à sa situation est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme non fondé, sans qu'il soit besoin de statuer sur la substitution de base légale demandée par le défendeur.

7. En dernier lieu, Mme A soutient qu'elle se trouve dans une situation de particulière vulnérabilité, du fait notamment qu'elle est la mère isolée de deux enfants mineurs et que la fin de l'octroi des conditions matérielles d'accueil l'exposerait au risque de la traite des êtres humains dont elle a déjà été victime. Elle produit un rapport social de l'Entraide Pierre Valdo établi le 18 novembre 2022 et une attestation du 115 précisant qu'au 9 avril 2023, aucun hébergement n'a pu lui être trouvé. Toutefois, elle a été remise aux autorités allemandes en charge de l'instruction de sa demande d'asile et elle ne justifie pas avoir sollicité en vain une prise en charge par ces autorités. Dans ces conditions, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu légalement opposer à l'intéressée les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans entacher sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ne peuvent qu'être rejetées y compris les conclusions de son avocat tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 :Les conclusions de Me Mathis tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Mathis et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 5 avril 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Sauveplane, président,

- Mme Letellier, première conseillère,

- Mme Aubert, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.

La rapporteure,

C. Letellier

Le président,

M. Sauveplane

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions