jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302471 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GUYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 avril 2023, M. B A, représenté par Me Guyon, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
- 1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande du 13 février 2023 mettant en demeure le Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74) de considérer qu'il dispose d'un schéma vaccinal complet et ne peut donc faire l'objet d'une décision de suspension ultérieure ;
- 2°) de suspendre le rejet de sa demande de retrait de la décision de suspension ;
- 3°) d'ordonner au Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74), à titre principal, de le rétablir dans ses droits et notamment de procéder à sa réintégration ; subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation et, en tout état de cause, d'ordonner à l'administration de procéder au versement de sa rémunération, y compris de manière rétroactive, dans tous ses éléments et accessoires ; d'assortir l'injonction choisie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
- 4°) de condamner le Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74) à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.
M. B A soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; l'exécution des décisions contestées a pour effet de le priver de son moyen de subsistance, le plaçant dans une situation financière et personnelle dramatique ; le versement du traitement est interrompu et le rétablissement de l'agent ne donnera pas lieu au rappel de rémunération pour la période correspondant à la durée de suspension ; durant la période de suspension, il ne bénéficie plus des congés payés et des droits acquis au titre de l'avancement ; la décision contestée a pour effet de porter atteinte à sa santé physique et psychologique ;
- il existe un doute sérieux concernant la légalité de la décision : la décision est prise par une autorité incompétente ; elle n'est pas motivée ; elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il bénéficie d'un schéma vaccinal complet ; l'employeur public est tenu, vis-à-vis de ses agents à une obligation de loyauté ; en l'espèce, son dernier certificat de rétablissement a pris fin le 14 février 2023 ; pourtant, pour une raison qui reste encore inconnue, le SDIS 74 l'a laissé en service sur la semaine du 14 février 2023 au 21 février 2023 ; il s'agit d'une sanction déguisée ; la décision attaquée méconnaît l'article L.533-1 du code de la fonction publique ; la décision attaquée, qui constitue une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service, méconnaît l'article L.531-1 du code de la fonction publique ; la décision attaquée porte atteinte au principe de continuité du service public ; elle constitue une mesure de police administrative illégale ; elle méconnaît le principe d'égalité ; elle est illégale dès lors qu'elle constitue une discrimination ; elle méconnaît l'article 5 de la Convention Européenne des droits de l'Homme ; elle méconnaît l'article 2 de la Convention Européenne des droits de l'Homme ; il est porté atteinte à son droit à la santé ; elle méconnaît le droit de mener une vie privée et familiale normale ; elle méconnaît le principe de respect de l'intégrité physique et du corps humain ; elle méconnaît le principe de précaution ; elle méconnaît le droit au respect du secret médical ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; si à la date à laquelle le tribunal se prononce, la mesure est toujours d'actualité il y aura lieu d'abroger la décision de suspension pour l'un des moyens juridiques précédemment soulevés ; il en va de même pour la note de service ainsi que la décision de refus de réintégration.
Par un mémoire enregistré le 28 avril 2023, le Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74), représenté par le président du conseil d'administration, conclut, au rejet de la requête et à la condamnation du requérant à lui verser la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu la requête enregistrée sous le n° 2302470, le 20 avril 2023, par laquelle M. B A, représenté par Me Guyon, demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Vial-Pailler, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 mai 2023 à 11H00 :
- le rapport de M. D.
- les observations de Me Basset, substituant Me Guyon, représentant M. B A.
- les observations de M. C, représentant le Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74).
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
3. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde et que, dès lors, celle-ci ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu ces dispositions en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent.
4. Ayant contracté la Covid 19, M. B A, sapeur-pompier professionnel au Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74), a produit une attestation d'isolement pour la période du 14 octobre 2022 au 23 octobre 2022 inclus et a été autorisé à reprendre ses fonctions à compter du 24 octobre 2022 pour la durée de validité de son certificat de rétablissement, soit quatre mois. Au terme de la période de validité de son certificat de rétablissement, et n'ayant toujours pas fait le choix d'être vacciné, il a régularisé sa situation par la mobilisation de ses droits à congés payés. Dans le cadre de sa reprise de fonctions prévue le 1er mars 2023, il s'est vu notifier par son supérieur hiérarchique la fiche de gestion de l'absence de passe sanitaire qui constitue l'annexe 2 de la note de service relative à la mise en oeuvre de l'obligation vaccinale au sein du SDIS 74. Aux termes de cette annexe signée de l'intéressé le 1er mars 2023, l'intéressé reconnaissait ne pas être en mesure de présenter les documents satisfaisant à l'obligation vaccinale contre la Covid 19 ou permettant d'y déroger et ne mobilisait pas ses droits à congés payés pour régulariser sa situation. Il était alors informé, d'une part, de la suspension de ses fonctions à compter du jour même et jusqu'à présentation des documents répondant à l'obligation vaccinale et, d'autre part, de l'interruption de sa rémunération pendant la période de suspension. Par un courrier du 13 février 2023, M. A a mis en demeure le SDIS 74 de considérer qu'il dispose d'un schéma vaccinal complet et qu'il ne peut donc faire l'objet d'une décision de suspension ultérieure. Par une requête enregistrée le 20 avril 2023, M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet resultant du silence gardé par le SDIS 74 sur sa demande.
5. Il résulte de l'instruction que M. A s'est présenté sur son lieu d'affectation le 1er mars 2023 sans justifier de l'obligation de vaccination contre la Covid-19. En l'absence de justificatif de vaccination, il n'a pas été autorisé à exercer ses fonctions de sapeur-pompier ainsi qu'il lui avait été précisé dès le 28 février 2023. Aux termes d'une décision du 6 avril 2023, M. A a été suspendu de ses fonctions dans l'intérêt du service pour un motif d'ordre public lié à la protection de la santé des personnes, à compter du 1er mars 2023, et jusqu'à régularisation de sa situation. M. A n'a pas contesté les décisions des 28 février 2023 et 6 avril 2023 et ne justifie pas en avoir demandé le retrait. Le courrier du 13 février 2023, présenté avant l'intervention des mesures de suspension des 28 février 2023 et 6 avril 2023, ne contient aucune demande de retrait de ces mesures. Ce courrier ne constitue qu'une mise en demeure préventive et générale adressée au SDIS 74 de ne pas adopter de décision de suspension ultérieure. Elle n'a pu faire naître aucune décision implicite de rejet et les conclusions et moyens dirigés à l'encontre de cette décision inexistante sont irrecevables. Dans ces circonstances, les conclusions de M. A dirigées contre la décision implicite de rejet de sa demande du 13 février 2023 ne peuvent être regardées comme dirigées contre les décisions des 28 février 2023 et 6 avril 2023. M. A ne justifie pas davantage avoir transmis au SDIS 74 d'autre demande de retrait de la décision de suspension prenant effet à compter du 1er mars 2023 ou une demande d'abrogation de la note de service dont il ne précise pas la date au demeurant. La fin de non-recevoir opposée en défense doit, dès lors, être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de M. A dirigées contre le Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme en application desdites dispositions.
O R D O N N E
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie.
Fait à Grenoble, le 4 mai 2023.
Le juge des référés,
C. D
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026