vendredi 5 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302601 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 5 |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 avril et 3 mai 2023, M. B D, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel la préfète du Rhône a décidé de sa remise aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète d'enregistrer sa demande et de l'admettre provisoirement au séjour en qualité de demandeur d'asile, à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à défaut, d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa situation dans un délai huit jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence de la signataire de l'acte n'est pas justifiée ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
- il n'a pas été notifié conformément à l'article 26.3 du règlement (UE) n° 604/2013 et aux articles L. 111-7, L. 111-8 et L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'est pas rapporté la preuve de la délivrance d'une information conforme aux prescriptions de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- l'article 5 de ce même règlement a été méconnu ;
- il n'est pas justifié du respect de l'article 25 du règlement ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- l'article 17 du règlement UE n°604/2013 aurait dû être mis en œuvre, eu égard aux conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Espagne.
Par des mémoires enregistrés les 3 et 4 mai 2023 (ce dernier non communiqué), la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 4 mai 2023 à 8 heures 50 au cours de laquelle le magistrat désigné a présenté son rapport et entendu Me Schürmann, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. En premier lieu, l'arrêté a été signé par Mme C A, adjointe à la cheffe du pôle régional Dublin, titulaire d'une délégation de signature à cet effet, en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice des migrations et de l'intégration, par arrêté du 29 mars 2023, publié le 31 mars au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Rhône. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte manque en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il répond ainsi aux exigences de motivation des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, cette motivation témoigne que la décision a été prise après un examen particulier de la situation personnelle de M. D.
4. En troisième lieu, l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 impose aux Etats membres d'informer le demandeur d'asile des modalités d'application du règlement. Le § 2 de cet article prévoit que ces informations sont données par écrit dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement penser qu'il la comprend. En l'espèce, la préfète du Rhône a versé au dossier le document signé le 10 novembre 2022 par M. D par lequel celui-ci reconnaît avoir reçu des brochures d'information ainsi qu'une copie de la première page des brochures A et B paraphées par le requérant. Le moyen tiré de la violation de cet article doit donc être écarté.
5. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article 5 du même règlement que le demandeur d'asile doit pouvoir bénéficier d'un entretien individuel dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et que cet entretien doit être mené par une personne qualifiée en vertu du droit national dans des conditions garantissant sa confidentialité. En l'espèce, contrairement à ce que soutient M. D, cet entretien a eu lieu le 10 novembre 2022 en préfecture de l'Isère en langue diakhante avec l'assistance téléphonique d'un interprète de la société ISM interprétariat. M. D a été entendu par un agent de la préfecture et, dès lors, l'entretien a été mené par une personne qualifiée au sens de cet article. Par ailleurs, aucun élément ne tend à démontrer que l'exigence de confidentialité n'a pas été respectée. Enfin, les dispositions de l'article 5 du règlement n'exigent pas que le compte-rendu d'entretien individuel mentionne l'identité de l'agent chargé de le conduire. Dès lors, le moyen tiré de la violation de cet article doit être écarté.
6. En cinquième lieu, la préfète du Rhône justifie avoir saisi les autorités espagnoles d'une demande de reprise en charge le 7 décembre 2022 et produit également l'accord explicite de celles-ci en date du 22 décembre 2022. M. D n'est donc pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article 25 du règlement (UE) n° 604/2013 ont été méconnues ou qu'il existerait une incertitude sur le point de départ des délais fixés par cet article.
7. En sixième lieu, le § 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 régit la situation dans laquelle il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il ne ressort pas des pièces du dossier que tel soit le cas de l'Espagne. La préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire prévue au § 1 de l'article 17 du règlement et en décidant de sa remise aux autorités de ce pays.
8. Enfin, les conditions de notification d'une décision administrative étant sans incidence sur sa légalité, M. D ne peut utilement faire valoir que l'arrêté attaqué ne lui a pas été notifié avec l'assistance d'un interprète selon les modalités prévues par l'article 26.3 du règlement (UE) n° 604/2013 et les articles L. 111-7, L. 111-8 et L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, M. D a été en mesure de contester l'arrêté selon les voies et délais de recours prévus par la législation nationale et de solliciter l'assistance d'un avocat.
9. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :M. D est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :La requête de M. D est rejetée.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Schürmann et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mai 2023.
Le magistrat désigné,
C. Sogno Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2302601
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026