Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2302668

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2302668
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL HEINRICH AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de la SARL C et G A, qui demandait l'annulation de l'arrêté du 27 octobre 2022 refusant un permis de construire trois villas à Orcier. La requête a été jugée irrecevable pour tardiveté, le recours contentieux ayant été enregistré après l'expiration du délai de deux mois suivant la notification de la décision, sans preuve d'un recours gracieux reçu dans les délais. Aucune substitution de motifs n'a été examinée. Les conclusions de la commune d'Orcier au titre des frais de justice ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 avril et le 29 septembre 2023, la SARL C et G A, représentée par Me Levanti, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel la maire d'Orcier a refusé de lui délivrer un permis de construire trois villas sur le lot n°1 issu de la division de la parcelle cadastrée section AS n°218 autorisée par l'arrêté du 19 février 2018 ;

2°) à titre principal, de lui délivrer ledit permis de construire, à titre subsidiaire, d'enjoindre à la maire d'Orcier de le lui délivrer et, à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre à la maire de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Orcier la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté contesté méconnait les articles L.442-1 et R.424-18 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R.431-4 du code de l'urbanisme ;

- les motifs, dont il est demandé qu'ils se substituent au motif de la décision contestée et tirés de l'inconstructibilité de la zone AUc et de la méconnaissance de la loi montagne, sont illégaux.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 1er juin et le 27 octobre 2023, ce dernier mémoire non communiqué, la commune d'Orcier, représentée par Opex Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive, qu'elle n'identifie pas la requérante et qu'il n'est pas justifié d'un intérêt et de la capacité pour agir ;

- le motif retenu dans la décision contestée est légal ; à titre subsidiaire, elle sollicite une substitution de motifs.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Aubert,

- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,

- les observations de Me Levanti, représentant la société C et G A et les observations de Me Rochat, représentant la commune d'Orcier.

Une note en délibéré présentée par la requérante a été enregistrée le 28 novembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 19 février 2018, la maire d'Orcier a autorisé M. B A à diviser la parcelle située lieudit Aux Combes et cadastrée section AS n°218 en deux lots en vue de construire. Le 30 août 2022, la société C et G A a demandé le permis de construire trois villas sur le lot n°1 issu de la division autorisée par l'arrêté du 19 février 2018. Il lui a été refusé par l'arrêté contesté du 27 octobre 2022.

Sur les fins de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () " A ceux de l'article R.421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté, mentionnant les voies et délais de recours, a été notifié à la société C et G A par lettre recommandée avec accusé de réception signé le 28 octobre 2022. La requérante produit un courrier de recours gracieux daté du 27 décembre 2022. Toutefois, elle ne démontre pas que le recours gracieux a été reçu avant l'expiration du délai de recours contentieux. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux, non prorogé, expirait le jeudi 29 décembre 2022 et la requête enregistrée le 27 avril 2023 est tardive. Par suite et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres fins de non-recevoir opposées en défense, la commune est fondée à soutenir que la requête de la société C et G A est irrecevable.

Sur les frais liés à l'instance :

4. Dans les circonstances de l'espèce, n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante une somme quelconque sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de la SARL C et G A est rejetée.

Article 2 :Les conclusions de la commune d'Orcier tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL C et G A et à la commune d'Orcier.

Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Sauveplane, président,

- Mme Letellier, première conseillère,

- Mme Aubert, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.

La rapporteure,

E. Aubert

Le président,

M. Sauveplane

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.