mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302670 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP FAYOL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 avril et 17 mai 2023, la société Foncière de la Combelle, représentée par Me Gay, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 5 avril 2023 par laquelle le maire d'Etoile-sur-Rhône a décidé de préempter le terrain cadastré ZY 113 et ZY 315 ;
2°) de condamner la commune d'Etoile-sur-Rhône au versement d'une somme de 3 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- la décision a été notifiée tardivement ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle n'est pas justifiée par opération visée à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire enregistré le 16 mai 2023, la commune d'Etoile-sur-Rhône, représentée par Me Blanc, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la société Foncière de la Combelle à lui verser une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute d'intérêt pour agir ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens n'est sérieux.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n° 2302669 ;
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 17 mai 2023 à 13 heures 30 au cours de laquelle ont été entendus Me Gay pour la société Foncière de la Combelle et Me Breysse pour la commune d'Etoile-sur-Rhône.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une pièce et une note ont été produites en délibéré par la société Foncière de la Combelle le 17 et 22 mai 2023.
Une note en délibéré a été produite par la commune d'Etoile-sur-Rhône le 22 mai 2023.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de suspension d'exécution :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
2. La société Foncière de la Combelle est bénéficiaire d'une promesse de vente accordée le 13 avril 2022 par les propriétaires indivis du terrain cadastré ZY 113 et ZY 315 à Etoile-sur-Rhône. La circonstance que cette promesse comporte une condition suspensive relative à l'obtention d'un permis d'aménager au plus tard le 30 septembre 2022 ne fait pas obstacle à ce que la vente se poursuive, comme en témoigne le fait qu'une déclaration d'intention d'aliéner ait été établie le 9 janvier 2023 par le notaire des vendeurs. Il en va de même du fait que la promesse ait été consentie pour une durée expirant le 31 janvier 2023 dès lors qu'une première décision de préemption a été prise le 17 janvier 2023, puis retirée. Ainsi, la société Foncière de la Combelle justifie toujours au 27 avril 2023, date d'introduction de son recours en annulation, de sa qualité d'acquéreur évincé et, par suite, de son intérêt pour agir à l'encontre de la décision de préemption du 5 avril 2023.
3. Eu égard à l'objet d'une décision de préemption et à ses effets vis-à-vis de l'acquéreur évincé, la condition d'urgence est présumée satisfaite. La commune d'Etoile-sur-Rhône ne faisant état d'aucune circonstance particulière de nature à renverser cette présomption, la condition d'urgence est remplie.
4. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de la tardiveté de la préemption et de l'absence de projet de nature à la justifier sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 5 avril 2023.
5. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les frais de procès :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune d'Etoile-sur-Rhône doivent dès lors être rejetées.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner la commune d'Etoile-sur-Rhône à verser à la société Foncière de la Combelle une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er :L'exécution de la décision du 5 avril 2023 est suspendue.
Article 2 :La commune d'Etoile-sur-Rhône versera à la société Foncière de la Combelle une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Les conclusions de la commune d'Etoile-sur-Rhône présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à la société Foncière de la Combelle et à la commune d'Etoile-sur-Rhône.
Fait à Grenoble, le 23 mai 2023.
Le juge des référés,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2302670
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026