Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2302878

vendredi 5 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2302878
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mai 2023, la SASU Octopus demande au juge des référés du tribunal de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la décision implicite de rejet de sa demande d'enregistrement dans l'" Espace des Organismes de Formation " (EDOF) formée le 8 mars 2023.

Elle soutient que :

- il y a urgence à suspendre la décision contestée dans la mesure où le refus d'enregistrement constitue un frein à son développement susceptible de compromettre sa viabilité et sa situation financière et économique ;

- sa requête est redevable ;

- le refus contesté ne peut être fondé sur l'article L. 6323-9 du code du travail dès lors que le décret d'application de ses dispositions n'a pas été adopté ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. L'Hôte pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Aux termes de l'article R. 522-8-1 de ce code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance. ".

2. D'autre part, l'article R. 312-10 du code de justice administrative dispose : " Les litiges relatifs aux législations régissant les activités professionnelles, notamment les professions libérales, les activités agricoles, commerciales et industrielles, la réglementation des prix, la réglementation du travail, ainsi que la protection ou la représentation des salariés, ceux concernant les sanctions administratives intervenues en application de ces législations relèvent, lorsque la décision attaquée n'a pas un caractère réglementaire, de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve soit l'établissement ou l'exploitation dont l'activité est à l'origine du litige, soit le lieu d'exercice de la profession. () ". L'article R. 221-3 de ce code prévoit : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / () / Nice : Alpes-Maritimes () ".

3. La SASU Octopus demande la suspension de la décision implicite par laquelle la Caisse des dépôts et consignation a refusé de faire droit à sa demande d'enregistrement dans l'" Espace des Organismes de Formation " (EDOF) formée le 8 mars 2023. Cette société a son siège social à Antibes, dans le département des Alpes-Maritimes qui est dans le ressort du tribunal administratif de Nice. Dès lors, sa requête ne relève pas de la compétence du tribunal administratif de Grenoble et doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SASU Octopus est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SASU Octopus.

Fait à Grenoble, le 5 mai 2023.

Le juge des référés,

V. L'HÔTE

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.