mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2303111 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL AABM AVOCATS ASSOCIES BERGERAS - MONNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 15 mai 2023, le 13 juillet 2023 et le 12 février 2024, ce dernier mémoire non communiqué, la SASU Edmp-Ara, représentée par Me Gras, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2022 par lequel le maire de Féternes a refusé de lui accorder un permis de construire, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, à titre principal de lui délivrer l'autorisation d'urbanisme demandée et à titre subsidiaire de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Féternes une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire ne pouvait s'opposer à la délivrance du permis de construire en se fondant sur la méconnaissance de l'article R.431-16 n) du code de l'urbanisme dès lors que sa demande de permis de construire était réputée complète ;
-le motif de refus tiré de la méconnaissance de l'article L.111-11 du code de l'urbanisme est illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2023, la commune de Féternes, représentée par la SELARL AABM Avocats Associés Bergeras Monnier, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la SCCV Edmp-Ara à lui verser une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Aubert, rapporteure,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gras, représentant la société Edmp-Ara, et de Me Angot, représentant la commune de Féternes.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 30 septembre 2022, la SASU Edmp-Ara a demandé un permis de construire deux bâtiments collectifs de 23 logements sur les parcelles cadastrées section A n°1844, 2136 et 1842, et située " 31 impasse du lavoir " à Féternes. Par un arrêté en date du 27 décembre 2022, le maire de Féternes a refusé cette demande. La SASU Edmp-Ara a formé un recours gracieux contre cette décision, reçu en mairie le 18 janvier 2023 à laquelle le maire n'a pas répondu.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme dispose que : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. " Aux termes de l'article R. 423-22 du même code: " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41. " A ceux de l'article R. 423-38 du même code : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. "
3. En l'espèce, la requérante soutient, sans être contredite par la commune, qu'aucune pièce complémentaire au dossier de permis de construire déposé le 30 septembre 2022 n'a été demandée. Dans ces conditions, le 30 octobre 2022, le dossier de demande d'autorisation était réputé complet en application des dispositions précitées du code de l'urbanisme. Cette circonstance s'opposait à ce que le maire refuse l'autorisation en raison du caractère incomplet du dossier. Le motif de refus du permis de construire tiré du caractère incomplet du dossier est par suite illégal.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. () "
5. Il ressort de l'avis d'Enedis en date du 3 novembre 2022 que les travaux litigieux portent sur une extension de 260 mètres en dehors du terrain d'assiette de l'opération représentant un coût prévisionnel de 24 021 euros hors taxes et une durée de quatre à six mois. Dès lors, le maire était en mesure d'indiquer dans quel délai et par quel concessionnaire de service public ces travaux devaient être exécutés. La pétitionnaire a par ailleurs donné son accord écrit, le 4 janvier 2023, pour prendre en charge le coût de ces travaux rendus nécessaires par son opération de construction. Au demeurant, il ressort des échanges entre la commune et la pétitionnaire, postérieurs à la décision contestée, que la collectivité a donné son accord pour pré-financer les travaux d'extension du réseau électrique à la condition qu'ils soient à la charge finale du constructeur. Dans ces conditions, et alors que le maire pouvait assortir l'autorisation d'urbanisme d'une prescription mettant le coût des travaux d'extension à la charge de la pétitionnaire, le maire ne pouvait légalement refuser la demande de permis de construire sur le fondement de l'article L.111-11 du code de l'urbanisme.
6. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 27 décembre 2022 par lequel le maire de Féternes a refusé le permis de construire sollicité doit être annulé.
Sur les conclusions d'injonction :
7. D'une part, lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à déclaration de travaux après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncé dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 342-21 du code de l'énergie en vigueur au 10 novembre 2023 : " Le demandeur d'un raccordement aux réseaux publics de distribution d'électricité est le redevable de la contribution./ La contribution prévue à l'article L. 342-12 pour le raccordement des consommateurs au réseau de distribution, lorsque ce raccordement comprend une extension du réseau, est versée, dans des conditions, notamment de délais, fixées par les cahiers des charges des concessions ou les règlements de service des régies ou, à défaut, par décret en Conseil d'État:/ 1° Lorsque l'extension est rendue nécessaire par une opération ayant fait l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable, située en dehors d'une zone d'aménagement concerté et ne donnant pas lieu à la participation spécifique pour la réalisation d'équipements publics exceptionnels ou à la participation pour voirie et réseaux mentionnées à l'article L. 332-6-1 du code de l'urbanisme, la contribution est versée par le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition. "
9. En l'espèce, le présent jugement censure l'intégralité des motifs de refus opposés à la société pétitionnaire et il ne résulte pas de l'instruction qu'un autre puisse justifier la décision attaquée. Par suite, il implique nécessairement que le maire de Féternes délivre à la société Edmp Ara le permis de construire sollicité. Il lui sera enjoint d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, le cas échéant assorti d'une prescription en application de l'article L. 342-21 du code de l'énergie, tenant à la prise en charge financière du coût de l'extension du réseau d'électricité par la pétitionnaire. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la pétitionnaire, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune une somme au titre des frais exposés par la société Edmp Ara et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :L'arrêté du maire de Féternes en date du 27 décembre 2022 est annulé.
Article 2 :Il est enjoint à la commune de Féternes de délivrer à la société Edmp Ara le permis de construire sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 :Les conclusions des parties formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à la société Edmp-Ara et à la commune de Féternes.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
La rapporteure,
E. Aubert
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2303111
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026