Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2303113
lundi 11 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2303113 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | SARL NOVAS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mai 2023, M. D A, représenté par Me Donguy, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision 22 novembre 2022 par laquelle la commission de médiation de l'Isère a rejeté sa demande tendant à reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande d'hébergement présentée sur le fondement du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation de l'Isère de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande d'hébergement dans un délai de deux semaines à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision :
- est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'eu égard au jugement du tribunal administratif de Grenoble du 24 octobre 2022 il devait être reconnu comme prioritaire ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informée par un courrier du 24 octobre 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions relatives à l'annulation de la décision du 22 novembre 2022 et à fin d'injonction dès lors que la demande d'hébergement de M. A a été reconnue prioritaire et urgente par un jugement du tribunal administratif de Grenoble n° 2202831 du 24 octobre 2022 devenu définitif.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a été dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Mme C, représentant le préfet de l'Isère.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé une demande en vue d'une offre d'hébergement auprès de la commission de médiation de l'Isère le 25 juillet 2022. Par une décision du 21 novembre 2022, la commission a rejeté sa demande comme étant sans objet. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que par une première décision du 7 mars 2022, la commission de médiation de l'Isère a rejeté la demande de M. A tendant à reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. Par un jugement n° 2202831 du 24 octobre 2022, le tribunal administratif de Grenoble a annulé cette décision, reconnu le caractère prioritaire et urgent de la demande d'hébergement de M. A et enjoint au préfet de l'Isère de désigner un lieu d'hébergement susceptible de l'accueillir dans un délai d'un mois à compter de la notification de cette décision. Ce jugement est devenu définitif.
3. Il résulte de cette circonstance que le caractère prioritaire et urgent de la demande d'hébergement de M. A a été reconnu par une décision juridictionnelle devenue définitive et par conséquent, revêtue de l'autorité de la chose jugée. Ainsi, le litige consistant à annuler la décision de la commission de médiation de l'Isère, postérieure au jugement du 24 octobre 2022 et d'enjoindre à l'administration de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement est sans objet.
4. La circonstance que M. A n'est aujourd'hui pas reçu d'offre d'hébergement n'est pas de nature à conférer un nouvel objet au litige dès lors qu'une telle circonstance relève du contentieux de l'exécution de la décision du 24 octobre 2022 dont il appartient à M. A de saisir le tribunal de conclusions en ce sens.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
Sur les frais liés au litige :
6. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. A présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Donguy et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2023.
Le président,
J-P. BLa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.