jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2303216 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CHAMPAUZAC |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une protestation, enregistrée le 18 mai 2023 sous le n° 2303216, M. B V demande au tribunal d'annuler les opérations électorales qui se sont déroulées le 14 mai 2023 dans la commune de Génissieux en vue de la désignation des membres du conseil municipal.
Le requérant soutient que le matin même du scrutin, un message publié sur un réseau social et consulté par 2 000 personnes mettait en cause la probité du maire et des adjoints sortants.
Par un mémoire enregistré le 25 mai 2023, la commune de Génissieux, représentée par Me Champauzac conclut au rejet du recours et à ce que soit mis à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que :
- le commentaire incriminé, figurant sur la page d'un réseau social qui n'est pas celle de la liste élue, n'a suscité que trois commentaires ;
- l'écart entre les deux listes est de 247 voix, soit 21,61% des suffrages exprimés.
II. Par une protestation et des mémoires, enregistrés sous le n° 2303216, le 17 mai 2023, le 24 mai 2023, le 29 mai 2023 et le 1er juin 2023, le dernier n'ayant pas été communiqué, M. I N demande au tribunal d'annuler les opérations électorales qui se sont déroulées le 14 mai 2023 dans la commune de Génissieux en vue de la désignation des membres du conseil municipal.
Le requérant soutient que le matin même du scrutin, un message publié sur la page d'un réseau social gérée par une opposante à l'équipe municipale sortante mettait en cause la probité de celle-ci.
Par des mémoires enregistrés le 25 mai 2023 et le 30 mai 2023, la commune de Génissieux, représentée par Me Champauzac conclut au rejet du recours et à ce que soit mis à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute de comporter des conclusions et de préciser l'adresse du requérant ;
- le commentaire incriminé, figurant sur la page d'un réseau social qui n'est pas celle de la liste élue, n'a suscité que trois commentaires ;
- l'écart entre les deux listes est de 247 voix, soit 21,61% des suffrages exprimés.
Vu :
- les procès-verbaux des opérations de vote ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Triolet,
- les conclusions de Mme Vaillant, rapporteure publique,
- et les observations de M. N et de Me Champauzac, représentant la commune de Génissieux.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue des opérations électorales qui se sont déroulées le 14 mai 2023 en vue de la désignation des conseillers municipaux de la commune de Génissieux, qui compte 2 084 habitants, la liste " Génissieux ensemble " conduite par Mme T O est arrivée en tête avec 60,80% des suffrages. La liste " Agir pour Génissieux " conduite par le maire sortant, M. U E, est arrivée en deuxième position avec 39,19% des suffrages, soit une différence de 247 voix. Les protestations demandent l'annulation des opérations électorales.
2. Les protestations enregistrées sous les numéros 2303216 et 2303225 concernent la même élection et présentent à juger les mêmes questions. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
3. Aux termes de l'article L. 49 du code électoral : " () A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale ".
4. Dans la nuit du 13 au 14 mai 2023, la page d'un réseau social intitulée " Les p'tites infos Génissoises " créée par une habitante en 2014 et qui constituerait un media significatif dans la vie publique locale et compterait 2 200 abonnés, a vu la publication d'un commentaire accusant l'équipe sortante de corruption au sujet de la nouvelle école. La diffusion de ce message accessible aux abonnés de ce réseau et mettant en cause la probité de l'équipe municipale sortante méconnaît les dispositions précitées.
5. Toutefois, ce commentaire a suscité un faible nombre de réactions écrites, et au demeurant plutôt critiques face aux accusations portées et n'a été noté comme apprécié que par une personne. Il ne résulte pas de l'instruction que ce message aurait eu une influence sur l'issue du scrutin, de plus fort au vu de l'écart de voix. Les deux protestations doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée à celle de M. N.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les protestations de M. V et de M. N sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. V, à M. N, à Mme C, à la commune de Génissieux, à Mme O, à M. S, à Mme D, à M. R, à M. W, à Mme X, à M. M, à M. L, à M. G, à Mme Y, à M. P, à Mme J, à M. H, à Mme Q, à M. K, à M. E, à Mme A et à M. F.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, président,
MM. Morel et Doulat, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La présidente-rapporteure,
A. Triolet
L'assesseur le plus ancien,
S. MorelLa greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun entre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2-2303225
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026