jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2303229 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET G. MOLLION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 mai et 7 juin 2023, les sociétés Bouygues télécom et Cellnex France, représentées par Me Hamri, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 17 février 2023 par laquelle le maire de la commune du Versoud s'est opposé à leur déclaration préalable pour la construction d'une antenne de téléphonie mobile ;
2°) d'enjoindre au maire du Versoud de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Versoud une somme de 5 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie eu égard aux obligations imposées à la société Bouygues télécom et aux impératifs du service public des télécommunications ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en ce que le secteur ne présente pas d'intérêt ou de caractère particulier ;
- il méconnaît l'article L. 332-8 du code de l'urbanisme dès lors qu'elles ont fait connaître dans le dossier de déclaration préalable leur intention de prendre en charge le coût de l'extension du réseau public d'électricité ;
- un système d'absorption des eaux pluviales pouvait être mis en place sans avoir à démontrer l'impossibilité de mettre en place un système d'infiltration des eaux pluviales ;
- l'article A6 du règlement du PLU ne peut être opposé au projet, dès lors qu'il ne concerne pas les équipements publics ;
- la commune du Versoud ne peut pas se prévaloir d'une irrégularité tirée de la méconnaissance de l'article A11 du règlement du PLU dès lors qu'il lui appartenait de demander des pièces complémentaires lors de la phase d'instruction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2023, la commune du Versoud, représentée par Me Mollion, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de société Bouygues télécom à lui verser une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens n'est sérieux ;
- au besoin, une substitution de motifs peut être opérée, en raison de la non-conformité du projet avec le règlement de la zone As.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2302479,
- les autres pièces du dossier,
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 7 juin 2023 à 13 heures 30 au cours de laquelle ont été entendus Me Cochet pour les sociétés requérantes et Me Martin pour la commune du Versoud.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été produite par la commune du Versoud le 8 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de suspension d'exécution :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
2. La société Bouygues télécom a pris des engagements vis à vis de l'Etat en matière de couverture du territoire et de la population par son réseau de téléphonie mobile. En l'espèce, elle justifie de l'absence de couverture par son réseau du secteur que le relais de téléphonie en cause doit desservir Ainsi, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile et aux intérêts propres de la société Bouygues télécom résultant des engagements qu'elle a pris pour assurer cette couverture, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie, étant précisé qu'il ne peut être raisonnablement soutenu que le projet est situé dans un secteur desservi par société Bouygues télécom et qu'il lui est donc sans utilité .
3. En l'état de l'instruction, tous les moyens de la requête visés ci-dessus à l'exception du moyen tiré de l'insuffisance de motivation sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. En revanche, le motif de substitution invoqué en défense ne paraît pas de nature à justifier une décision d'opposition à déclaration préalable
4. Dans ces conditions, il y a lieu de suspendre l'exécution de l'arrêté du 17 février 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. La présente décision implique nécessairement que le maire de la commune du Versoud se prononce à nouveau sur la déclaration préalable de travaux de la société Cellnex France. Cette mesure d'exécution doit être prescrite assortie d'un délai d'exécution d'un mois courant à courant à compter de la date de notification de la présente ordonnance
Sur les frais de procès :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du Versoud une somme de 700 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er :L'exécution de l'arrêté du 17 février 2023 est suspendue.
Article 2 :
Article 3 :
Article 4 : Il est enjoint au maire du Versoud de prendre une nouvelle décision sur la déclaration préalable de la société Cellnex France dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la présente ordonnance.
La commune du Versoud versera aux sociétés Bouygues télécom et Cellnex France une somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :La présente ordonnance sera notifiée à la société Bouygues télécom, en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et à la commune du Versoud.
Fait à Grenoble, le 8 juin 2023.
Le juge des référés,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2303229
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026