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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2303276

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2303276

jeudi 22 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2303276
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 mai 2023, la société Les terrasses du Brévent, représentée par Me Planchet, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 4 novembre 2022 par laquelle le maire de Chamonix-Mont-Blanc ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par le syndicat des copropriétaires Les terrasses de Planpraz en vue de la pose d'un clôture métallique et de la décision du 21 mars 2023 portant rejet de son recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Chamonix-Mont-Blanc et du syndicat des copropriétaires Les terrasses de Planpraz une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société Les terrasses du Brévent soutient que :

- elle justifie d'un intérêt à agir eu égard à sa qualité de voisine immédiate ;

- la condition d'urgence est présumée satisfaite en application de l'article L.600-3 du code de l'urbanisme et de l'imminence des travaux ;

- sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions litigieuses les moyens tirés de :

* l'insuffisance du dossier de déclaration préalable dès lors qu'il ne comporte aucun plan de masse mais un ancien plan de cession ne présentant aucune cote ; qu'aucune pièce n'apporte des précisions suffisantes sur les dimensions et l'implantation de la clôture projetée ; que la représentation de la longueur de la clôture et des limites de propriété présentent des contradictions ; que les documents d'insertion sont lacunaires et contradictoires ;

* l'existence d'une fraude en l'absence de toute référence à l'aire de stationnement et eu égard au caractère trompeur de la représentation des limites de propriété ;

* la contradiction avec l'avis du 12 septembre 2022 rendu par l'architecte des bâtiments de France et l'impossibilité de se conformer à cet avis.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2023, le syndicat des copropriétaires " Les terrasses de Planpraz ", représenté par Me Lacroix, conclut, à titre principal, au rejet de la requête comme étant irrecevable, à titre subsidiaire, au rejet de la requête au fond, et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Le syndicat des copropriétaires " Les terrasses de Planpraz " fait valoir que :

- la requête est irrecevable faute d'intérêt pour agir de la requérante ;

- les moyens soulevés ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2023, la commune de Chamonix-Mont-Blanc, représentée par Me Poncin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

La commune de Chamonix-Mont-Blanc fait valoir que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et de l'absence de justification de l'existence d'une requête en annulation ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie eu égard à la nature et aux caractéristiques des travaux ;

- les moyens soulevés ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 19 mai 2023 sous le numéro 2303217 par laquelle la société Les terrasses du Brévent demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Jasserand, greffier d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu les observations de Me Planchet, représentant la société Les terrasses du Brévent, de Me Punzano, représentant la commune de Chamonix-Mont-Blanc et de Me Lacroix, représentant le syndicat des copropriétaires " Les terrasses de Planpraz ".

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le 5 août 2022, le syndicat de copropriétaires Les terrasses de Planpraz a déposé, auprès des services de la commune de Chamonix-Mont-Blanc, un dossier de déclaration préalable ayant pour objet la pose d'une clôture métallique. Par une décision du 4 novembre 2022, le maire de la commune ne s'est pas opposé à cette déclaration. La société Les terrasses du Brévent demande la suspension de l'exécution de cette décision ainsi que de celle portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par le syndicat des copropriétaires " Les terrasses de Planpraz " et la commune et sur la condition tenant à l'urgence, les conclusions à fin de suspension de la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société requérante doivent dès lors être rejetées.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société requérante la somme demandée par la commune de Chamonix-Mont-Blanc et le syndicat de copropriétaires Les terrasses de Planpraz.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de société Les terrasses du Brévent est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Les terrasses du Brévent, à la commune de Chamonix-Mont-Blanc et au syndicat des copropriétaires Les terrasses de Planpraz.

Fait à Grenoble, le 22 juin 2023

La juge des référés,

D. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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