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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2303455

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2303455

mercredi 28 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2303455
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 6
Avocat requérantBLANC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 31 mai 2023, le tribunal administratif de Lyon a transmis au tribunal administratif de Grenoble le dossier de la requête enregistrée le 26 mai 2023 au tribunal administratif de Lyon par laquelle M. B C, représenté par Me Blanc, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination duquel il pourra être reconduit d'office, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et demi ;

3°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a assigné à résidence pour une durée de 3 mois renouvelable ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de procéder sans délai au réexamen du dossier ; de lui délivrer un titre de séjour et, dans l'attente de l'instruction de son dossier, un récépissé de demande de carte de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'absence de délai est erroné en droit et entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- l'obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'interdiction de retour sur le territoire est insuffisamment motivée par rapport aux critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

- la mesure d'assignation n'est pas motivée ;

- elle est infondée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le préfet de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Vial-Pailler, vice-président.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le magistrat désigné a présenté son rapport au cours de l'audience publique et a constaté l'absence des parties.

Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant algérien, né le 3 janvier 1988, a séjourné en France en 2017. Après avoir été débouté de sa demande d'asile, il a fait l'objet de deux mesures d'éloignement en 2018 et 2019, et a été reconduit en Algérie le 26 décembre 2019. Il allègue être revenu en France en avril 2020 nonobstant l'interdiction qui lui était faite d'y revenir. Par arrêté du 3 décembre 2020, le préfet de Haute-Savoie l'a assigné à résidence. L'intéressé n'a cependant pas respecté cette mesure. Le 24 mai 2023, il a été contrôlé par les agents de la police aux frontières de Prévessin-Moëns et, dans l'incapacité de justifier de son identité, il a été placé en retenue administrative. Par un premier arrêté du 24 mai 2023, la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et demi. Par un second arrêté du même jour, le préfet de la Haute-Savoie l'a assigné à résidence pour une durée de 3 mois renouvelable.

2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale []. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. M. C soutient qu'il justifie, à tout le moins, de 3 années de présence sur le territoire français, qu'il entretient des relations régulières avec une personne de nationalité française avec laquelle il vit en concubinage depuis le mois de février 2023.

5. Toutefois, M. C n'est présent sur le territoire français que depuis 3 ans alors qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 29 ans dans son pays d'origine, soit la majeure partie de sa vie, pays dans lequel il s'y est nécessairement forgé des liens amicaux, sociaux, voire même professionnels et dans lequel résident ses parents et son frère. S'il se prévaut de la présence en France de sa concubine, il ne justifie pas de l'ancienneté de cette relation. En tout état de cause, son concubinage en février 2023 est récent et le couple n'a pas d'enfant. Si le requérant soutient avoir des cousins en France, il ne démontre pas entretenir de liens avec eux. Il s'ensuit, eu égard à la durée et aux conditions du séjour en France de M. C, que la préfète de l'Ain n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et n'a donc, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

6. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () 5o L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () ".

7. M. C allègue être entré irrégulièrement en France en avril 2020 alors qu'il faisait l'objet d'une interdiction de retour d'une durée de 2 ans en date du 31 octobre 2019. Par ailleurs, il n'a pas sollicité la délivrance d'un document de séjour, et est dépourvu de document de voyage et de justificatif d'hébergement à son nom. Il s'est déjà soustrait à deux mesures d'éloignement et a méconnu une mesure de police lui faisant interdiction de revenir en France. La préfète de l'Ain a dès lors fait une exacte application des dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors même que le requérant justifierait résider au domicile de sa concubine.

8. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée mentionne les dispositions applicables et motive le refus d'accorder un délai de départ volontaire par le fait notamment que le requérant est entré irrégulièrement en France, qu'il a méconnu une interdiction de retour et qu'il est dépourvu de document de voyage, qu'il existe ainsi un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français. Ainsi, la décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision refusant un délai de départ volontaire doit donc être écarté.

9. M. C soutient que la décision d'absence de délai de départ ne prend pas en compte sa situation personnelle, et notamment sa durée de présence en France. Toutefois, pour les motifs indiqués ci-dessus au point 5, M. C n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Ain aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne fixant aucun délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

10. En premier lieu, ainsi qu'il vient d'être mentionné, la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai n'étant pas illégale, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et demi devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'absence de délai de départ.

11. Aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L.613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L.612-2 et L.612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L.612-6, L.612-7, L.612-8 et L.612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. " Aux termes de l'article L.612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L.612-6 et L.612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français./ Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L.612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L.612-11. "

12. Il résulte des dispositions rappelées ci-dessus que lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des critères énumérés à l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire. L'arrêté attaqué vise la décision par laquelle la préfète de l'Ain a fait obligation au requérant de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire. Dès lors, le requérant entre ainsi dans le cas prévu au premier alinéa de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où l'autorité administrative assortit son obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction ne soit pas décidée. Les circonstances invoquées par M. C d'une durée de présence en France de trois ans et d'un concubinage depuis février 2023 ne sauraient être qualifiées de circonstances humanitaires au sens des dispositions de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. Par ailleurs, il ressort des termes de la décision attaquée, que pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. C, la préfète de l'Ain fait référence à l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle a mentionné la date de son entrée sur le territoire, ainsi que sa durée de présence en France qui s'est déroulée de manière irrégulière. Elle indique, également, qu'il s'est déjà soustrait à plusieurs mesures d'éloignement, est défavorablement connu des services de police pour vols aggravés et ne peut justifier d'aucun lien familial stable et intense sur le territoire à l'exception de sa conjointe avec laquelle il ne donne pas de précisions sur leur communauté de vie, ni l'intensité de leurs liens. Dans ces circonstances, il n'est pas établi que la préfète de l'Ain se soit abstenue de procéder à un examen préalable de la situation du requérant au regard des critères susvisés. Par suite, la préfète de l'Ain n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit en prononçant à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français alors même qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public.

14. Dès lors et compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus, la durée limitée à deux ans et demi de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre n'est pas disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été fixée.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

15. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; 2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 () ". Aux termes de l'article L. 731-4 du même code : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. / Elle peut être renouvelée une fois, dans la même limite de durée. () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

16. L'arrêté mentionne : " qu'en l'absence de présentation de tout titre d'identité et au regard des délais nécessaires à l'identification de Monsieur A se disant C B et à la délivrance d'un document de voyage par les autorités algériennes, l'intéressé est dans l'impossibilité de quitter immédiatement le territoire français et qu'il y a donc lieu de l'assigner à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation. ". Par suite, l'arrêté est suffisamment motivé.

17. D'une part, il ressort des pièces du dossier que par une décision du 24 mai 2023, la préfète de l'Ain a fait obligation à M. C de quitter le territoire français sans délai, sur le fondement de laquelle la décision attaquée a été prise. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet a pu légalement considérer que l'intéressé relevait des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles prévoient qu'un étranger peut être assigné à résidence s'il doit être éloigné en exécution d'une obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé. Par ailleurs, M. C ne peut regagner l'Algérie immédiatement compte tenu de l'absence de présentation de tout titre d'identité et au regard des délais nécessaires à l'identification de l'intéressé et à la délivrance d'un document de voyage par les autorités algériennes. Il entre ainsi dans les prévisions du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité et ce quand bien même il ne présenterait pas de risque de fuite avéré.

18. Le requérant ne fait état d'aucune contrainte particulière l'empêchant de satisfaire à cette obligation d'assignation à résidence le temps nécessaire à la mise à exécution de la mesure d'éloignement ni à l'obligation de se présenter deux fois par semaine le matin à la police aux frontières d'Annemasse. Par suite, la mesure d'assignation à résidence et les modalités de présentation apparaissent nécessaires, adaptées et proportionnées à la situation du requérant.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C aux fins d'annulation des arrêtés attaqués doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses concluions aux fins d'injonction et d'application des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à Me Blanc et aux préfets de l'Ain et de la Haute-Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2023.

Le magistrat désigné,

C. Vial-Pailler

Le greffier,

G. Morand

La République mande et ordonne aux préfets de l'Ain et de la Haute-Savoie en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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