jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2303468 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 7 |
| Avocat requérant | BEAUBOURG AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2023, Mme E D A, représentée par Me Robine, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 mai 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles reposent sur des faits matériellement inexacts dans la mesure où elle réside habituellement au Portugal et non en France ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles n'ont pas été précédé d'un examen réel de sa situation ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elles méconnaissent l'article 6 paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. L'Hôte, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. L'Hôte, vice-président, a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, ressortissante brésilienne née en 1978, a déclaré être entrée dans l'espace Schengen le 6 novembre 2022 et le 13 mai 2023 en France. Interpellée le 28 mai 2023 pour des faits de violences volontaires, le préfet de la Haute-Savoie a pris à son encontre le 29 mai 2023 un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Mme D A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, M. C B, sous-préfet de Thonon-les-Bains, signataire des décisions en litige, avait reçu délégation du préfet de la Haute-Savoie par un arrêté du 29 avril 2022, régulièrement publié le même jour, pour signer de telles décisions dans le cadre des permanences du corps préfectoral. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué énonce, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait sur lesquelles reposent les décisions contestées. Le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation de la requérante, mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Savoie n'aurait pas procédé à un examen réel de la situation de Mme D A avant de prendre son arrêté.
5. En quatrième lieu, la requérante soutient que le préfet aurait entaché ses décisions d'une erreur de fait dès lors que l'arrêté attaqué énonce qu'elle s'est maintenue sur le territoire français au-delà du délai de trois mois à compter de son entrée dans l'espace Schengen le 6 novembre 2022 sans être titulaire d'un titre de séjour régulièrement délivré, alors qu'elle réside habituellement au Portugal et non en France. Toutefois, les pièces qu'elle produit ne démontrent pas qu'elle réside régulièrement au Portugal, pays dans lequel elle dit, sans l'établir, avoir déposé une demande de délivrance d'un titre de séjour. En tout état de cause, elle ne justifie pas être en possession d'un document lui permettant de circuler et de séjourner dans l'espace Schengen et en particulier en France. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écartée.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () "
7. La présence de Mme D A sur le territoire français est récente. La requérante ne démontre pas ni même n'allègue être dépourvue d'attaches familiales au Brésil, pays dans lequel elle a passé la majeure partie de sa vie. Elle ne justifie pas davantage de l'existence de liens personnels particulièrement intenses en France, excepté la relation qu'elle entretient avec un ressortissant français dont elle n'établit pas ni l'ancienneté ni la stabilité. En outre, la requérante a été interpellée le 28 mai 2023 pour des faits de violences aggravées par deux circonstances. Ainsi, compte tenu de la durée et des conditions du séjour sur le territoire français de Mme D A, l'arrêté attaqué n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont dès lors pas été méconnues.
8. En sixième lieu, en se bornant à soutenir qu'en cas d'exécution forcée de la décision portant interdiction de retour, elle serait empêchée de se rendre à l'audience du tribunal judiciaire de Bonneville à laquelle elle a été convoquée le 10 juillet 2023, Mme D A n'établit pas que la décision attaquée méconnaîtrait l'article 6 paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les décisions en litige seraient entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ces mesures sur sa situation personnelle.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre l'arrêté du 29 mai 2023 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D A, à Me Robine et au préfet de la Haute-Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
V. L'HÔTE
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026