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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2303519

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2303519

jeudi 30 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2303519
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP DUCROT ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 30 mai 2023, 29 mars 2024 et 3 juin 2024, Mme Q I, M. B O, Mme L K, M. A G, M. J K, Mme N F, M. C P, Mme M H, M. E H, représentés par Me Laurand, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Villemoirieu a délivré un permis d'aménager à la SAS LM Aménagement, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux du 20 mars 2023 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Villemoirieu une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de permis d'aménager est incomplet ;

- le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et les prescriptions de la zone 3 du zonage pluvial du plan local d'urbanisme sur l'imperméabilisation des sols ; la création d'un nouvel accès route du stade est dangereux ; la voirie à double sens est insuffisante eu égard au nombre de logements créés ; les véhicules d'incendie ne peuvent pas accéder aux lots en fond de parcelles, notamment en l'absence d'aire de retournement ;

- l'arrêté méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il est incompatible avec l'OAP n° 1 " La Reynière Nord " ;

- il méconnaît les articles 1AU3 et 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- la délibération du 18 octobre 2019 ayant adopté la modification du plan local d'urbanisme doit être annulée en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section AD n° 106 et n° 107 en zone 1AUA du plan local d'urbanisme.

Par des mémoires en défense enregistrés les 21 décembre 2023 et 29 mai 2024, la SAS LM Aménagement, représentée par Me Giraudon, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme et demande que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de chacun des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants n'ont pas d'intérêt pour agir ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés les 29 janvier 2024, 17 avril 2024 et 15 juillet 2024 (ce dernier non communiqué), la commune de Villemoirieu, représentée par Me Petit conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par un mémoire du 6 juin 2023, Mme I s'est désistée de sa requête.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Barriol ;

- les conclusions de Mme Paillet-Augey, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Viano, représentant M. O et les autres requérants, de Me Nectoux représentant la commune de Villemoirieu et de Me Vallée, représentant la SAS LM Aménagement.

Considérant ce qui suit :

1. Le 29 juillet 2022, la SAS LM Aménagement a déposé un dossier de permis d'aménager pour la création d'un lotissement de quatorze lots en vue de construire des logements dont huit logements sociaux pour une surface de plancher maximale de 4 200 m2 sur les parcelles cadastrées section AD n° 106 et 107 d'une superficie de 9 930 m2 situées route du stade au lieu-dit " La Reynière " sur la commune de Villemoirieu. Par un arrêté du 25 novembre 2022, le maire de la commune de Villemoirieu a délivré le permis d'aménager sollicité. Par un recours gracieux du 17 février 2023, les requérants ont sollicité le retrait de l'arrêté contesté. Ils demandent l'annulation du permis d'aménager du 25 novembre 2022 et de la décision du 20 mars 2023 rejetant leur recours gracieux.

Sur le désistement :

2. Par un mémoire, enregistré le 6 juin 2023, Mme I a déclaré se désister de sa requête. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

En ce qui concerne le dossier de permis d'aménager :

4. Aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant :/ 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; / c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; () ".

5. Aux termes de l'article R. 441-4 du même code : " Le projet d'aménagement comprend également :/ 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; / 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".

6. La circonstance que les documents produits à l'appui d'un dossier de demande de permis d'aménager sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

7. En premier lieu, le dossier de permis d'aménager comporte un plan de situation permettant de situer le projet dans la commune et de constater sa proximité avec la commune de Crémieu. Il comporte également une vue aérienne permettant de voir les constructions avoisinantes. En outre, la note de présentation précise que le terrain, support du futur lotissement, est situé dans le lieu-dit La Reynière à proximité directe d'autres habitations de type pavillonnaire. Le terrain d'assiette n'est pas inclus dans le périmètre de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) de la ville limitrophe de Crémieu et, en tout état de cause, le terrain est grevé d'une orientation d'aménagement et de programmation " La Reynière Nord ", qui mentionne cette AVAP, si bien que les services instructeurs ne pouvaient en ignorer l'existence. Par suite, la circonstance que le dossier ne mentionne pas cette AVAP, est sans incidence sur la légalité du permis.

8. En deuxième lieu, la note de présentation du projet dans un point 2. intitulé " Aménagement paysager " mentionne que le mur périphérique existant sera conservé sauf au niveau de l'accès au lotissement où il sera démoli. Le plan de composition matérialise le mur périphérique à conserver autour du terrain d'assiette du projet à l'exception de l'accès du lotissement au droit de la route du stade. Enfin, l'arrêté délivrant le permis d'aménager comporte la mention que les murets au pourtour du terrain devront être préservés conformément à l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur de la Reynière. Ainsi, les requérants ne peuvent sérieusement soutenir que les services instructeurs ont été induits en erreur sur ce point.

9. En troisième lieu, la note de présentation du projet comporte un point V " Volet paysager " incluant une vue du terrain dans laquelle est indiqué que le terrain d'assiette est un pré sans élément remarquable, que la végétation existante située dans les zones de trame végétale imposée (hachurage jaune sur le plan de composition) seront conservés ou a minima remplacés en nombre équivalent. Le dossier comporte ainsi des éléments suffisants.

10. En quatrième, le dossier comporte un plan de composition à l'échelle 1/200ème permettant d'apprécier la largeur de la voirie du futur lotissement.

11. En cinquième et dernier lieu, s'agissant des eaux pluviales, la notice indique que les eaux de ruissellement de la voirie seront captées par plusieurs grilles réparties le long de celle-ci et que leur évacuation se fera par le biais de tranchées ou puits d'infiltration. Il est également précisé que les eaux pluviales en provenance des futures constructions (accès, terrasses, toitures) seront dirigées dans des puits d'infiltration ou des tranchées drainantes. Il est précisé que ces ouvrages seront réalisés par chaque acquéreur et dimensionnés en fonction de leur projet.

12. Ainsi, le dossier de demande de permis d'aménager est exempt des insuffisances invoquées.

En ce qui concerne la sécurité publique :

13. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

S'agissant de l'imperméabilisation des sols :

14. Le terrain d'assiette de l'opération se situe en zone 3 du zonage pluvial annexé au règlement du plan local d'urbanisme qui prévoit que des mesures doivent être prises pour limiter l'imperméabilisation des sols et pour assurer la maîtrise du débit de l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement en application du 3° de l'article L. 2224-10 du code général des collectivités territoriales. Il ressort du descriptif du zonage pluvial annexé au plan local d'urbanisme que l'infiltration des eaux pluviales est réalisable sur la zone d'urbanisation future et notamment sur la Reynière n°2 Nord. Ce document indique également les modes de gestion par ordre de priorité soit l'infiltration à la parcelle, l'infiltration sur un ouvrage commun à plusieurs lots et la rétention/restitution en cas d'impossibilité technique de réaliser l'infiltration par un ouvrage avec un débit de fuite fixé à 5 litres par seconde et par hectare. En l'espèce, le permis d'aménager prévoit que les eaux pluviales soient captées sur les parcelles, avant d'être redirigées dans des puits d'infiltration ou des tranchées drainantes. En outre, l'opération contestée prévoit la construction de quatorze lots dont deux bâtiments collectifs pour une surface de plancher totale de 4 200 m2 ainsi qu'une surface de 1304 m2 pour la voie interne (chaussée, stationnement et trottoir compris) et une surface de 24 m2 dédiée aux ordures ménagères sur un ténement de 9 930 m2 soit une artificialisation de 55% du tènement. En se bornant à indiquer que l'opération prévue imperméabilise 8 500 m² de surface au sol sur les 10 000 m2 environ que forment les deux parcelles, terrain d'assiette du lotissement, les requérants n'établissent pas l'existence d'un quelconque risque au stade du permis d'aménager. Dans ces conditions, le projet ne méconnaît ni les prescriptions de la zone 3 du zonage pluvial du plan local d'urbanisme ni n'est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme sur ce point.

S'agissant de l'accès :

15. Selon le plan de composition figurant au dossier, le projet litigieux prévoit la création d'un lotissement de quatorze lots dont treize lots à destination d'habitat individuel et 1 lot de deux bâtiments collectifs d'habitation. S'agissant de la desserte et de l'accès, il est prévu la réalisation d'une voie interne avec un accès débouchant sur la route du stade au Nord de l'opération. La route du stade d'une largeur de plus de 4 mètres avec de larges bas-côtés offre une bonne visibilité et comporte des ralentisseurs. L'absence de trottoir et la proximité avec l'entrée du stade ne sont pas de nature à établir que la délivrance du permis d'aménager procéderait d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

S'agissant de la voie interne de l'opération :

16. Le programme des travaux versé au dossier de permis d'aménager indique que la desserte interne du projet est prévue par une voie à double sens d'une longueur totale de 160 mètres environ qui possède une bande de roulement d'une largeur de 5 mètres minimum. Il est mentionné que deux placettes de retournement seront réalisées à l'extrémité des voiries internes afin de faciliter le retournement. Il est précisé que les rayons de courbures d'accès, de giration de cette voie ont été dimensionnés pour permettre l'accès des véhicules d'incendie. Il n'est ainsi pas établi que l'aménagement de la voie interne du projet entache d'une erreur manifeste d'appréciation la délivrance du permis d'aménager au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

17. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté dans toutes ses branches.

En ce qui concerne l'intégration du projet dans son environnement :

18. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

19. Si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

20. Le projet se situe dans le périmètre de l'opération d'aménagement et de programmation (OAP) " La Reynière Nord " du plan local d'urbanisme de la commune de Villemoirieu. Le terrain d'assiette du projet, est qualifié par le rapport de présentation du plan local d'urbanisme comme une poche non-urbanisée au milieu de tissus urbains constitués. Ce terrain est actuellement composé de vastes prés supportant quelques arbres, il est bordé par de larges espaces végétalisés et ceinturé par un mur en pierre. Il est situé, à proximité immédiate d'une zone d'habitat pavillonnaire sans particularité architecturale à préserver et qui ne présente pas de caractère ou d'intérêt particulier. Par ailleurs, le projet de lotissement, qui précise les caractéristiques des constructions dans les éléments d'insertion, qui sont constituées de petites unités d'habitation rectangulaires à deux pans parfois jumelés d'une hauteur réduite en R+1 et de deux bâtiments collectifs, maintient, par l'implantation architecturale et la composition, les espaces végétalisés le long des limites Nord, Est et Sud. En outre, les murs périphériques existants en pierres seront conservés à l'exception d'une ouverture pour l'accès depuis la route du stade. Il en résulte que les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en délivrant le permis d'aménager en litige, le maire de Villemoirieu a entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne la compatibilité avec l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " La Reynière Nord " :

21. Aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques ".

22. Il résulte de ces dispositions que les travaux ou opérations d'urbanisme doivent être compatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation.

23. Le terrain d'assiette du projet est compris dans le périmètre de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " La Reynière Nord ". Selon le plan de composition figurant au dossier, le projet litigieux prévoit la création d'un lotissement de quatorze lots, treize lots à destination d'habitat individuel dont certains d'habitats jumelés (lots1-2, 3-4, 5-6 et 11-12) et d'un lot n°8 constitué de deux bâtiments collectifs d'habitation, avec huit logements sociaux. Ainsi, le projet répond à l'objectif de diversifier l'offre du bâti en proposant notamment des logements groupés.

24. S'agissant des espaces verts, l'OAP prévoie de préserver au maximum la végétation existante. Le plan de composition comporte une bande de deux mètres de large en hachurée jaune sur les trois-quarts du lotissement correspondant à une trame végétale obligatoire et deux espaces végétalisés au Sud-Est et au Sud-Ouest sont maintenus. S'il est vrai que l'espace au Sud-Est ne fait pas apparaitre les arbres existants et qu'il n'est pas prévu d'alignement d'arbres de part et d'autre de la voie interne, ces seules circonstances ne suffisent pas à caractériser une incompatibilité du projet avec l'OAP. Par ailleurs, le plan de composition du projet mentionne les murs périphériques en pierre à conserver conformément à l'OAP alors, en outre, que l'arrêté comporte une prescription sur ce point.

25. Enfin, si la voie interne ne permet pas une jonction avec la route de Villemoirieu, pour des raisons de sécurité, cette circonstance n'est pas de nature à caractériser une incompatibilité avec cette OAP. Au demeurant le projet ne fait pas obstacle à ce que cette jonction soit réalisée postérieurement à sa réalisation.

26. La réalisation de ce projet permet de proposer une offre diversifiée de logements, de favoriser la densification urbaine. Il prévoit des aménagements paysagers et conserve les murs en pierre qui ceinturent le ténement. Dans ces conditions, les quelques divergences relevées ci-dessus entre les objectifs de l'OAP " La Reynière Nord " et les aménagements prévus par le projet en cause ne sont pas de nature à caractériser une incompatibilité entre l'un et l'autre.

En ce qui concerne le respect de l'article 1AU3 du plan local d'urbanisme :

27. Aux termes de l'article 1AU3 du plan local d'urbanisme " conditions de desserte des terrains par les voies publiques et privées et d'accès aux voiries ouvertes au public " : " () Les voies nouvelles se terminant en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale de façon que les véhicules puissent aisément faire demi-tour. " et que " Les voies nouvelles doivent disposer d'une largeur de chaussée, hors stationnement et circulation piétonne, d'au minimum de 5 mètres. Dans le cas d'une voie nouvelle en sens unique, la largeur de chaussée, hors stationnement et circulation piétonne, sera de 3.5 m. Les trottoirs doivent avoir une largeur qui permet de préserver en toutes circonstances, un passage d'une largeur minimum de 1,5 mètre, libre de tout obstacle. "

28. Il ressort du profil en travers type de la voie versé au dossier de permis d'aménager à l'échelle 1/50ème que la largeur de la voie interne de l'opération est de cinq mètres avec des trottoirs de 1,50 mètres. Le plan de composition matérialise le trottoir au droit des lots 1 à 3 puis du lot 8. La largeur de la voie interne dans sa partie terminale d'environ dix mètres permet aux engins de secours de faire demi-tour. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît l'article 1AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme, faute de permettre aux véhicules d'opérer un demi-tour et de respecter une largeur suffisante pour les voies et les trottoirs.

En ce qui concerne le respect de l'article 1AU4 du plan local d'urbanisme :

29. Aux termes de l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Lors de la réalisation d'un projet impliquant une imperméabilisation, des solutions permettant l'infiltration des eaux pluviales à la parcelle devront être mises en place. Les rejets des eaux pluviales issues des constructions et des imperméabilisations qui leur sont liées ne sont pas autorisés sur la voie publique. Le rejet des eaux pluviales dans le réseau public séparatif de collecte des eaux pluviales est autorisé si le réseau est situé à proximité. / Les caractéristiques du terrain pouvant limiter les capacités d'infiltration, l'infiltration peut être précédée d'un bassin de rétention permettant de lisser les débits d'infiltration (voir carte d'aptitude des sols dans le schéma d'assainissement). En cas d'impossibilité technique de réaliser l'infiltration in situ des eaux pluviales, un ouvrage permettant la rétention des eaux pluviales et leur restitution à un débit de fuite proche de celui existant aujourd'hui (terrain actuel) sera à mettre en œuvre ".

30. La notice du dossier de permis d'aménager indique que les eaux de ruissellement de la voirie seront captées par plusieurs grilles réparties le long de celle-ci et que leur évacuation se fera par le biais de tranchées ou puits d'infiltration. Le programme de travaux précise que ces travaux seront réalisés à l'occasion des travaux de viabilisation du lotissement et indique que ces ouvrages seront dimensionnés conformément à une étude de gestion des eaux pluviales. Il est également précisé que les eaux pluviales en provenance des futures constructions (accès, terrasses, toitures) seront dirigées dans des puits d'infiltration ou des tranchées drainantes. Ces ouvrages seront réalisés par chaque acquéreur et dimensionnés en fonction de leur projet. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les eaux pluviales seront rejetées dans le réseau public, lequel, selon les requérants ne serait pas à proximité. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les futurs projets de construction ne pourront pas respecter les exigences de l'article UC4 et qu'en conséquence, un refus aurait dû être opposé dès le stade du permis d'aménager. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme :

31. Les requérants excipent de l'illégalité du classement en zone constructible du terrain d'assiette du projet par le plan local d'urbanisme (PLU) sur le fondement duquel a été délivré le permis de construire en litige et soutiennent que le permis n'aurait pu être délivré sous l'empire du document d'urbanisme antérieur qui classait le terrain en ND.

32. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet, d'une superficie d'environ 9 900 m², qui a été classé en zone à urbaniser 1AU1 par le plan local d'urbanisme adopté par délibération du conseil municipal du 28 juin 2018, est situé dans le prolongement de la zone urbanisé contiguë de la commune. Si les requérants soutiennent que l'urbanisation permise par le règlement du plan local d'urbanisme, est excessive au regard des caractéristiques des constructions environnantes, elle répond cependant à l'objectif que se sont fixés les auteurs du plan local d'urbanisme de densifier les espaces interstitiels, de diversifier l'offre de logements et de privilégier le développement au sein de l'enveloppe urbaine. Il ressort du rapport de présentation du plan local d'urbanisme (p. 203) que le terrain présente la particularité et l'avantage d'assurer la consolidation de l'urbanisation au sein de l'enveloppe urbaine du pôle urbain de Crémieu Villemoirieu. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, ces parcelles étaient classées non pas en zone ND du plan d'occupation des sols mais en zone UB et étaient d'ores et déjà constructibles. Dans ces conditions, et quand bien même la densité de logements autorisée dans cette zone de trente logements par hectare est supérieure à celle constatée dans le secteur environnant, le classement du terrain d'assiette du projet, n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

33. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation du permis d'aménager du 25 novembre 2022 et de la décision de rejet du recours gracieux des requérants doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

34. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme que les requérants demandent au titre des frais qu'ils ont exposés soit mise à la charge de la commune de Villemoirieu, qui n'est pas partie perdante.

35. En application de ces mêmes dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire des requérants le versement d'une somme de 1 500 euros la commune de Villemoirieu et la même somme à la société LM Aménagement au titre des frais non compris dans les dépens que celles-ci ont exposés.

D E C I D E :

Article 1er: Il est donné acte du désistement de Mme Q I.

Article 2 : La requête de M. D O et autres est rejetée.

Article 3 : Les requérants verseront solidairement à la commune de Villemoirieu une somme de 1 500 euros, et la même somme à la société LM Aménagement, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D O en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Villemoirieu et à la société LM Aménagement.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

Mme Barriol, première conseillère,

Mme Galtier, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.

La rapporteure,

E. Barriol

Le président,

P. ThierryLa greffière,

A. Zanon

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2303519

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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