vendredi 15 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2303754 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CANS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2023, M. D A, représenté par Me Cans, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du prononcé du jugement et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour a été signé par une autorité incompétente ;
- il a été pris en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît le 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité qui entache le refus de titre de séjour.
Par une ordonnance du 20 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 août 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- et les observations de Me Cans, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en 1995, a déclaré être entré en France le 1er décembre 2012, à l'âge de 17 ans, et a sollicité le 30 septembre 2013 la délivrance d'un titre de séjour. Il a fait l'objet le 12 septembre 2014 d'un arrêté portant refus de séjour avec obligation de quitter le territoire français. Le recours qu'il a formé contre ces décisions a été rejeté par des jugements du tribunal administratif de Grenoble du 16 février 2015 et du 28 avril 2015. Le 13 janvier 2016, il a fait l'objet d'une deuxième mesure d'éloignement sans délai de départ volontaire, accompagnée d'un placement en rétention administrative. Ces décisions ont été annulées par un jugement du tribunal administratif de Nîmes du 18 janvier 2016. Le 30 août 2016, il a à nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour et le 31 octobre 2016, il a fait l'objet d'un troisième arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai. Son recours a été rejeté par deux jugements du tribunal administratif de Grenoble du 14 novembre 2016 et du 23 janvier 2017, confirmés par la cour administrative d'appel de Lyon le 6 juin 2017. Le 27 janvier 2018, il s'est marié avec une ressortissante française. Il a quitté le territoire français quelques mois après son mariage et, après avoir sollicité en vain la délivrance d'un visa, il est revenu irrégulièrement en France en mai 2021. Le 22 septembre 2021, il a déposé auprès des services de la préfecture de l'Isère une demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Par l'arrêté attaqué du 21 juillet 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C B, sous-préfète et secrétaire générale adjointe de la préfecture de l'Isère, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature en date du 2 février 2022, régulièrement publiée et dès lors opposable au requérant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte en cause doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a épousé une ressortissante française le 27 janvier 2018 et qu'il est retourné en Algérie peu après. Lors de son séjour en Algérie, il a présenté six demandes de visa, entre le 12 avril 2018 et le 7 février 2021. Toutes ont cependant été rejetées et l'intéressé est revenu irrégulièrement en France en mai 2021. Le requérant fait valoir que sa relation avec son épouse aurait commencé en 2015 et que, malgré la séparation de fait du couple entre 2018 et 2021, la vie commune n'aurait pas cessé, les deux conjoints résidant de nouveau ensemble depuis son retour. Toutefois, il ne produit aucune pièce démontrant la réalité de la communauté de vie avant son départ du territoire français en 2018, quelques mois après son mariage. Les quelques pièces versées à l'instance ne permettant pas non plus d'établir l'existence d'une relation conjugale entre 2018 et 2021, alors, notamment, que les justificatifs dont il se prévaut de transfert d'argent et d'envoi de cadeaux par son épouse comportent tous des signatures différentes, elles-mêmes distinctes de celle figurant sur l'attestation établie par Mme A. De même, le requérant ne produit pas de pièce justifiant de l'existence d'une vie commune depuis 2021. L'attestation de son épouse est à elle seule d'une valeur probante insuffisante. Si le requérant se prévaut par ailleurs de la présence régulière en France de ses cinq frères et sœurs, il ne démontre pas entretenir avec eux des liens d'une particulière intensité. Il ne justifie pas davantage être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine ni n'allègue y avoir été socialement isolé entre 2018 et 2021. Enfin, il ne peut se prévaloir d'une bonne intégration dans la société française alors qu'il a été condamné pénalement en février 2015 pour des faits de vol, puis en janvier 2016 pour des faits de port sans motif légitime d'arme blanche et de nouveau interpellé en avril 2022 pour des faits identiques. Dans ces conditions, les circonstances qu'il soit entré la première fois en France alors qu'il était mineur âgé de 17 ans et qu'il ait exercé une activité professionnelle depuis son retour sur le territoire français en 2021, ne suffisent pas à estimer que le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français contestés portent à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ces décisions ont été prises. Dès lors, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas été méconnues. Pour les mêmes motifs, ni le refus de titre de séjour ni la décision d'éloignement ne sont entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 6° L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un conjoint de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage et que le conjoint ait conservé la nationalité française () ".
6. Comme il a été dit au point 4, les pièces versées par le requérant à l'instance ne suffisent pas à établir l'existence d'une communauté de vie avec son épouse entre 2018 et 2021, alors que M. A résidait sur le territoire algérien. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En dernier lieu, eu égard à ce qui précède, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'illégalité du refus de titre de séjour entacherait d'illégalité la décision portant obligation de quitter le territoire français.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 21 juillet 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Cans et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme Hunault, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2023.
Le président rapporteur,
V. L'HÔTE
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
M. HEINTZLa greffière,
E. PROST
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026