jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2303989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BORGES DE DEUS CORREIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 31 mars et le 29 juin 2023, M. A B, représenté par Me Borges de Deus Correia, a saisi le tribunal administratif de Grenoble d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement numéro 2206363 rendu le 29 décembre 2022 par cette juridiction et demande :
1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, de lui délivrer une carte de résidence permanente de membre de l'Union européenne ;
2°) de condamner l'Etat à payer à son conseil la somme de 1200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, en toute hypothèse, une somme qui ne saurait être inférieure au montant d'aide juridictionnelle majoré de 50 %.
Il soutient que le jugement s'avère inexécuté dès lors que le titre de séjour sollicité ne lui a pas été délivré ; le préfet confirme qu'il lui a délivré un titre de séjour d'un an alors qu'il aurait dû se voir délivrer une carte de résidence permanente.
Par une ordonnance du 2 juin 2023, le président du tribunal administratif a procédé au classement administratif de la demande du 31 mars 2023.
Par une lettre du 16 juin 2023, M. A B, représenté par Me Borges de Deus Correia, a demandé l'ouverture de la phase juridictionnelle.
Par une ordonnance du 22 juin 2023, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les observations de Me Borges de Deus Correia représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution ". Selon l'article R. 921-5 de ce code : " Le président de la cour administrative d'appel ou du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. Lorsque le président estime qu'il a été procédé à l'exécution ou que la demande n'est pas fondée, il en informe le demandeur et procède au classement administratif de la demande ". Aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet ".
3. La procédure d'aide à l'exécution des décisions de justice définie à l'article L. 911-4 précité du code de justice administrative ne peut conduire qu'à l'exécution des seules mesures prévues par ces décisions.
4. L'arrêté du 7 juin 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, a été annulé par un jugement numéro 2206363 du 29 décembre 2022, lequel enjoint au préfet de délivrer à l'intéressé le titre de séjour demandé dans un délai de deux mois.
5. Il résulte des motifs du jugement constituant le soutien nécessaire de ce dispositif que M. B, ressortissant italien né en 1965, était titulaire d'un titre de séjour en qualité de citoyen de l'Union européenne valable du 29 novembre 2018 au 26 février 2021 dont il a demandé le renouvellement le 16 mars 2021. Si le jugement du 29 décembre 2022 énonce que M. B remplissait les conditions du 3° de l'article R. 234-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour bénéficier d'un droit au séjour permanent et annule, pour ce motif, l'arrêté du 7 juin 2022 attaqué, M. B n'avait pas sollicité de titre de séjour de dix ans mais le renouvellement du titre dont il était titulaire dont la durée est comprise entre six mois et cinq ans. Par suite, en délivrant au requérant le titre portant la mention " Citoyen UE/ EEE/ Suisse-Toutes activités professionnelles " que ce dernier avait demandé, le préfet de l'Isère a entièrement exécuté le jugement numéro 2206363 du 29 décembre 2022.
6. Il résulte de ce qui précède que le jugement n° 2206363 du 29 décembre 2022 ayant été exécuté, la demande de M. B ne peut être accueillie.
D E C I D E :
Article 1er :
M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :
La requête en exécution présentée par M. B est rejetée.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Borges de Deus Correia et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul et Mme C, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
C. Bailleul
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026