vendredi 4 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304130 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 4 |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2023, M. D C, représenté par Me Schürmann, demande tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 16 juin 2023, par lequel la préfète du Rhône a ordonné sa remise aux autorités croates en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre à la préfète de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile, de lui remettre en conséquence un dossier de demande à transmettre à l'OFPRA et de lui délivrer également une autorisation provisoire de séjour en qualité de demandeur d'asile dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; subsidiairement, d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1200 euros à verser à son avocate en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il a été pris en violation des articles 4 et 5 du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il a été pris en violation de l'article 25 du même règlement ;
- il méconnaît l'article 17 du même règlement et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil en date du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties de la date d'audience.
M. Pfauwadel a présenté son rapport au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
2. M. C, ressortissant afghan qui a déclaré être entré sur le territoire français le 1er mars 2023, a présenté une demande d'asile le 17 mars 2023. Les recherches sur le fichier Eurodac ont révélé que ses empreintes digitales étaient identiques à celles relevées le 18 février 2023 par les autorités croates, lesquelles, saisies le 25 avril 2023, ont accepté la reprise en charge de l'intéressé par un accord explicite du 9 mai 2023. Par l'arrêté attaqué du 16 juin 2023, la préfère du Rhône a décidé de la remise de M. C aux autorités croates en vue de l'examen de sa demande d'asile.
3. En premier lieu, cet arrêté a été signé par Mme B A, adjointe à la cheffe du pôle régional Dublin, titulaire d'une délégation de signature à cet effet, en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice des migrations et de l'intégration, par arrêté du 31 mai 2023, publié le 1er juin au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Rhône. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte manque en fait.
4. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il permet de connaître et le cas échéant de contester le critère de compétence de la Croatie, où le requérant a déjà été enregistré comme demandeur d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 impose aux Etats membres d'informer le demandeur d'asile des modalités d'application du règlement. Le paragraphe 2 de cet article prévoit que ces informations sont données par écrit dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement penser qu'il la comprend.
6. La préfète du Rhône justifie, par des copies de la première page de chacune des deux brochures d'information revêtues de la signature de l'intéressé, que les services de la préfecture de l'Isère lui ont remis le 17 mars 2023 les brochures d'informations sur le règlement Dublin pour les demandeurs d'une protection internationale prévues à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, en langue pachto qu'il a déclaré comprendre. Par suite, le requérant n'est pas fondé à invoquer une violation de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.
7. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 que le demandeur d'asile doit pouvoir bénéficier d'un entretien individuel par une " personne qualifiée en vertu du droit national ". En l'espèce, le compte-rendu mentionne qu'il a été conduit par un agent qualifié de la préfecture de l'Isère avec l'assistance d'un interprète. En l'absence de tout élément de preuve contraire, cette mention suffit à regarder cet agent comme ayant la qualité requise au sens de l'article 5 du règlement.
8. La préfète du Rhône produit les pièces justifiant que la demande de reprise en charge a été adressée aux autorités croates dans le délai de deux mois suivant la réception du résultat positif Eurodac, que ces autorités ont été informées que les autorités françaises les considéraient comme responsables de l'examen de la demande d'asile de M. C et que l'accord explicite est intervenu dans le délai de deux semaines. Le moyen tiré de la violation de l'article 25 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 doit dès lors être écarté.
9. L'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 institue une clause discrétionnaire autorisant chaque État membre à examiner une demande de protection internationale même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés par le règlement. En se bornant à produire le rapport d'une organisation non gouvernementale concernant le refoulement vers la Bosnie-Herzégovine de personnes demandant la protection de la Croatie, le requérant n'apporte pas d'éléments de nature à établir que les autorités croates ne pourraient pas prendre en charge sa demande d'asile ni, durant son examen, assurer sa sécurité. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône aurait entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de mettre en œuvre cette clause discrétionnaire.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Schürmann et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 août 2023.
Le magistrat désigné,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2304130
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026